Vladimir Poutine aux dirigeants africains lors de la plénière : « Définissez vous-mêmes votre destin »
De notre envoyé spécial à Moscou, Dans son discours à la plénière du forum économique et humanitaire Russie-Afrique, ce mercredi 28 octobre 2026, le président russe a dénoncé l'ordre mondial hérité du passé colonial, vanté le rôle des BRICS et proposé aux pays africains des coopérations dans l'énergie, l'agriculture, la santé, l'éducation et le numérique. Vladimir Poutine a ouvert son propos en affirmant que la recomposition des rapports de force est déjà engagée. « On voit que le monde multipol

De notre envoyé spécial à Moscou,
Dans son discours à la plénière du forum économique et humanitaire Russie-Afrique, ce mercredi 28 octobre 2026, le président russe a dénoncé l'ordre mondial hérité du passé colonial, vanté le rôle des BRICS et proposé aux pays africains des coopérations dans l'énergie, l'agriculture, la santé, l'éducation et le numérique. Vladimir Poutine a ouvert son propos en affirmant que la recomposition des rapports de force est déjà engagée. « On voit que le monde multipolaire, c'est déjà une tendance, c'est une réalité, et c'est quelque chose qui est irréversible », a-t-il déclaré. Il a ajouté que « l'époque où les destins des pays étaient décidés par certains pays est révolue » et que l'on passe désormais « à un monde plus juste », où « il faut entendre les voix de tous les participants ». Dans cette recomposition, le chef de l'État russe donne la place centrale aux BRICS, dont trois pays africains sont membres. Il a avancé que « durant ces cinq dernières années, plus de 40 % du PIB mondial a été généré par les pays membres des BRICS, alors que la contribution du groupe des sept était de moins de 30 % », en précisant que cette proportion allait continuer d'augmenter.
L'Afrique, « grand pôle de la politique et de l'économie mondiales »
Vladimir Poutine a décrit un continent dont le poids ne cesse de croître. Il a évoqué ses « énormes ressources naturelles », son potentiel démographique et sa position à la croisée des routes commerciales, avant de déclarer que l'Afrique « se manifeste comme un grand pôle de la politique et de l'économie mondiales ». Pour lui, l'essentiel est que « les Africains veulent défendre leurs intérêts » et « définir eux-mêmes leur destin, leur voie de développement ». Citant l'ONU, il a indiqué que la population africaine dépasserait 2,5 milliards d'habitants vers 2050, dont plus de 70 % de moins de 30 ans. Il a ajouté que la croissance moyenne du continent, autour de 4,2 %, dépasse la moyenne mondiale, et que douze des soixante-dix économies à la croissance la plus rapide sont africaines. « L'Afrique est le continent du futur », a-t-il résumé. Le président russe a ensuite pris pour cible les pays occidentaux, qu'il accuse de résister à ce basculement. Selon lui, ils « utilisent tous les moyens : des guerres, des tarifs, des sanctions illégitimes, le diktat économique », et cherchent à endetter les pays africains pour leur imposer des financements « à des conditions de pillage ». Il a rappelé la formule de Thomas Sankara : « La dette, c'est encore le néocolonialisme, où les colonialistes se sont transformés en assistants techniques. » Il a estimé que, depuis 1987, « peu de choses ont évolué ». Il a soutenu que la Russie participe à l'allègement de la dette de plusieurs pays africains et plaide pour un rôle accru du continent dans les institutions multilatérales. « Il faut réformer ces organisations, il faut les réorienter pour qu'elles servent les besoins des économies en développement », a-t-il dit à propos du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
La souveraineté, du territoire au numérique
Le dirigeant russe a élargi la notion de souveraineté au-delà des frontières. « Il ne s'agit pas uniquement du contrôle des territoires et des frontières, ou du contrôle des systèmes financiers : c'est aussi l'eau et l'énergie souveraines, ce sont des transports, des communications souveraines et fiables, c'est l'identité culturelle », a-t-il énuméré. Il a insisté sur le numérique, jugeant qu'il faut « souverainiser » le stockage des données, les systèmes en nuage et les modèles d'intelligence artificielle. « La Russie a opté pour le renforcement de sa souveraineté technologique et c'est notre choix stratégique », a-t-il affirmé, avant de proposer : « Nous sommes prêts à partager nos compétences et nos savoir-faire technologiques. » Il a aussi plaidé pour des plateformes de paiement entre la Russie et l'Afrique, qui permettraient selon lui de réduire les coûts bancaires, de « nous protéger de la politisation de la part des pays adversaires » et de renforcer « la souveraineté des pays africains ». Sur le terrain économique, Vladimir Poutine a déclaré que son pays est « le garant de la sécurité alimentaire sur le continent africain », en précisant que des engrais et des céréales sont livrés à une quarantaine de pays. Il a indiqué que la Russie avait exporté 30 millions de tonnes de produits agroalimentaires vers l'Afrique durant les neuf premiers mois de 2026. Les livraisons africaines vers la Russie, de l'ordre de 4 milliards de dollars cette année, couvrent environ 8 % de ses besoins d'importation, ce qu'il juge insuffisant : « Ce n'est pas beaucoup. » Dans les ressources minérales, il a assuré que « notre business n'impose pas le nouveau colonialisme, mais augmente les volumes de traitement de ressources sur le terrain, engendre de nouveaux emplois » et fournit des ressources au budget. Dans l'énergie, il a mentionné plus de trente projets dans seize pays africains et proposé l'appui du groupe RusHydro pour de nouvelles infrastructures hydroélectriques.
Santé, éducation, jeunesse et médias
Sur le volet humanitaire, le
président russe
a annoncé la prolongation jusqu'en 2029 d'un programme sanitaire ayant doté huit États de quinze laboratoires anti-épidémiques et formé environ 450 spécialistes. Il a promis de poursuivre l'assistance, notamment en « localisant la synthèse des médicaments russes et des vaccins russes ». Il a décrit l'éducation comme « un domaine phare du partenariat russo-africain », avec environ 40 000 étudiants africains en Russie, un quota de 6 000 bourses pour 2026-2027 et un réseau universitaire de 71 établissements dans 17 pays. Il a proposé la création d'une union de la jeunesse russo-africaine, car « c'est la génération à venir qui devra réaliser les projets que nous avons inventés avec vous ». Sur les médias, il a plaidé pour « un espace média conjoint » où les publics russe et africain auraient accès à « l'information objective et juste », et souhaité davantage de journalistes africains en Russie. Vladimir Poutine a conclu en affirmant que les relations russo-africaines reposent sur « les principes de parité et d'amitié, de respect, de soutien mutuel ». Il a annoncé que les dirigeants adopteraient à l'issue du sommet le plan d'action du Forum du partenariat Russie-Afrique pour 2027-2029, un accord-cadre qui « déterminera les volets principaux de la coopération ». Il a invité ses hôtes au Forum économique de Saint-Pétersbourg de juin 2027 : « Vous êtes toujours les bienvenus. »
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- 1,087 words · 5 min read
- Published
- October 28, 2026
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- Senenews