Crise dans l’éducation : « Aucun des secrétaires généraux présents ici n’a cédé à la tentation de la corruption […] Nous n’avons peur ni d’aller en prison, ni d’être arrêtés » (Michel Pépé Balamou)
L’Intersyndicale de l’éducation, regroupant le Syndicat National de l’Éducation (SNE), le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et la Fédération Syndicale des Professionnels de l’Éducation (FSPE), a tenu une assemblée générale ce jeudi 8 octobre, au siège du SLECG, à Donka, dans la commune de Dixinn. Au cours de cette rencontre, les […] L’article Crise dans l’éducation : « Aucun des secrétaires généraux présents ici n’a cédé à la tentation de la corruption […] Nous n’avo

L’Intersyndicale de l’éducation, regroupant le Syndicat National de l’Éducation (SNE), le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) et la Fédération Syndicale des Professionnels de l’Éducation (FSPE), a tenu une assemblée générale ce jeudi 8 octobre, au siège du SLECG, à Donka, dans la commune de Dixinn.
Au cours de cette rencontre, les secrétaires généraux des différentes organisations syndicales ont abordé plusieurs points au cœur de leurs revendications, notamment le Statut Particulier de l’enseignant, la levée du gel des salaires de certains enseignants, les primes de fonction des hauts cadres du système éducatif, ainsi que la situation des enseignants contractuels communaux non retenus et celle de leurs homologues de Conakry.
Sur l’esplanade du siège du SLECG, une forte mobilisation d’enseignants s’est exprimée à travers plusieurs slogans : « Vive la grève ! », « À bas les traîtres ! », « Vive la FSPE, vive le SNE, vive le SLECG ! », « L’arrêté maintenant ! », « Vive la victoire ! » ou encore « Salut camarade ! ».
Prenant la parole devant une assistance nombreuse, Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE, a salué la détermination des enseignants. Il est également revenu sur les critiques, les pressions et les accusations de corruption visant le leadership syndical.
« Car peut-être que sans vos critiques, sans vos insultes et sans cette pression, nous ne serions pas ici aujourd’hui avec ces résultats. Mais une chose est sûre : aucun des secrétaires généraux présents ici n’a cédé à la tentation de la corruption. Nous sommes des pères et des mères de famille. Ce que tu fais aux enfants des autres, pense que cela peut retomber sur tes propres enfants. Soyez rassurés, nous vous le disons en vous regardant droit dans les yeux, le combat est noble. Nous n’avons peur ni d’aller en prison, ni d’être arrêtés, car nous défendons les enfants », a-t-il affirmé sous les applaudissements.
Contractuels non retenus : le SNE rejette tout nouveau concours
Abordant la situation des enseignants contractuels non retenus, le secrétaire général du SNE a affirmé que le dossier était en voie de régularisation définitive, tout en réitérant l’opposition de son organisation à l’organisation de nouvelles épreuves d’évaluation.
« Nous sommes par principe opposés à l’organisation d’un concours pour les non-retenus. Nous avons clairement dit qu’il n’est plus question, ni aujourd’hui ni demain, de parler d’épreuves de concours pour les 4 500 non-retenus avec une moyenne égale ou supérieure à 10. Ce principe est déjà acquis. C’est un point non négociable », a-t-il déclaré.
Selon Michel Pépé Balamou, les responsables de la coordination, de l’Intersyndicale et de la commission technique doivent travailler dès vendredi sur la liste des enseignants concernés.
« Ce que nous pouvons vous assurer avec une certitude mathématique, c’est que tous ceux qui ont obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10 doivent désormais se considérer comme fonctionnaires de la République », a-t-il annoncé.
Contractuels de Conakry : vers un concours pratique de classe
Concernant les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry, Michel Pépé Balamou a indiqué qu’une délégation syndicale s’était rendue auprès du service des concours du ministère de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique pour demander le respect des protocoles établis.
« Pour les enseignants contractuels de la zone spéciale de Conakry, les intéressés sont invités à se préparer à prendre part à un concours pratique de classe, dans lequel ils seront prioritaires pour l’enrôlement », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que la liste des enseignants contractuels de Conakry devait également être transmise à la commission chargée du dossier afin d’accélérer le processus.
Statut Particulier : « Nous ne voulons pas d’un statut bâclé »
Sur le Statut Particulier de l’enseignant, présenté comme l’une des principales revendications de l’Intersyndicale, le responsable du SNE a insisté sur la nécessité d’un texte répondant aux attentes des enseignants.
« Le Statut Particulier vous concerne tous, futurs fonctionnaires comme actuels. Vous en bénéficierez même plus que nous. Il ne nous reste que 14 à 15 ans de carrière. Nous sommes de vieux pères, même si nos visages brillent. Dans 15 ou 16 ans, nous serons partis. Ce statut pour lequel nous nous battons, c’est pour vous », a-t-il lancé.
Michel Pépé Balamou a également rejeté toute idée d’un texte élaboré dans la précipitation.
« Nous ne voulons pas d’un statut bâclé, fait à la va-vite et dont le contenu ne serait pas attrayant », a-t-il martelé.
Il a par ailleurs démenti l’idée selon laquelle l’enseignement supérieur disposerait déjà d’un Statut Particulier.
« Il faut aussi tordre le cou à la désinformation selon laquelle l’enseignement supérieur aurait déjà un statut particulier. C’est faux. Le décret du Président de la République attribue seulement des primes de rémunération aux enseignants du supérieur en fonction de leurs grades », a-t-il précisé.
Salaires gelés : 72 dossiers annoncés pour déblocage
Le secrétaire général du SNE a également fait état d’avancées concernant le déblocage des traitements de certains agents.
« 72 dossiers seront débloqués à la fin de ce mois, mais nous continuons à suivre les cas restants », a-t-il indiqué.
Enfin, concernant les 10 000 enseignants contractuels communaux recrutés en milieu rural, Michel Pépé Balamou a évoqué la régularisation de leur situation administrative.
Selon lui, cette régularisation devrait prendre en compte les quatre échelons, les arriérés ainsi que la transposition des primes en fonction de la zone d’affectation.
Mamadou Yaya Barry
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- October 8, 2026
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