Casablanca : Trafic sexuel dans un salon de massage
Traite d’êtres humains Soupçonnée d’avoir recruté de jeunes masseuses, de les avoir incitées à se droguer puis à fournir des services sexuels, la gérante chinoise d’un centre de beauté situé au quartier Bourgogne, à Casablanca, a été écrouée. Son associé et six employées sont poursuivis en liberté. Sur la porte, une enseigne annonce un centre […]
Traite d’êtres humains
Soupçonnée d’avoir recruté de jeunes masseuses, de les avoir incitées à se droguer puis à fournir des services sexuels, la gérante chinoise d’un centre de beauté situé au quartier Bourgogne, à Casablanca, a été écrouée. Son associé et six employées sont poursuivis en liberté.
Sur la porte, une enseigne annonce un centre de soins du corps et de détente, un spa. À Bourgogne, quartier de Casablanca, rien ne distingue l’endroit d’un autre institut de massage. Pourtant, selon les éléments de l’enquête judiciaire, c’est tout autre chose qui s’y jouait.
Le jeudi 22 octobre, en fin de journée, la police judiciaire fait irruption dans les lieux. Elle y arrête huit jeunes femmes marocaines, une ressortissante chinoise soupçonnée de diriger le local, un Chinois présenté comme son exploitant, ainsi que plusieurs clients chinois. L’opération couronne plusieurs jours de surveillance et de recoupements.
D’après des sources judiciaires, la clientèle était très ciblée, elle était composée surtout des membres de la communauté chinoise de la ville, commerçants et hommes d’affaires du quartier de Derb Omar. L’exploitant s’appuyait sur des intermédiaires et des connaissances pour les attirer. Quant au local, il a changé de main en cascade. Son propriétaire l’avait loué à une Marocaine, qui l’avait elle-même sous-loué au Chinois, faute d’avoir pu l’exploiter comme elle le souhaitait. Certains habitants se plaignaient du va-et-vient, mais à eux seuls, ces témoignages, rappellent les sources, ne prouvaient rien.
Puis l’enquête policière prend un tour plus sombre. Les investigateurs évoquent l’usage de drogues dures, cocaïne et «Lboufa», dans des conditions laissant penser qu’il visait à soumettre les employées pour mieux les exploiter sexuellement. La gérante est soupçonnée de recruter de jeunes femmes comme masseuses, de les inciter à consommer de stupéfiants, puis de les orienter vers des services sexuels. Réunir les employées pour se droguer ensemble créerait, selon les enquêteurs, une dépendance physique et psychologique qui facilite l’emprise et réduit les capacités de refus. Des vidéos, déjà visionnées par la police, montrent des employées au comportement manifestement troublé, entourées de matériel lié à la consommation de drogues.
L’affaire dépasse alors la simple affaire de salon de massage. La brigade de la police judiciaire relevant du district de la sûreté d’Anfa, qui a perquisitionné les lieux, enquête sur la prostitution, la traite d’êtres humains et les circonstances de la consommation de drogues.
Samedi dernier, le procureur du Roi près le tribunal de première instance à Casablanca a ordonné l’incarcération de la principale suspecte à la prison locale d’Oukacha, où elle est poursuivie en détention. Elle est soupçonnée d’avoir dirigé un réseau qui utilisait les massages comme paravent à des activités sexuelles. Son associé chinois et six masseuses sont, eux, poursuivis en liberté, moyennant caution.
Les investigations se poursuivent. Il s’agit de mesurer l’ampleur de ces pratiques, de dénombrer les jeunes femmes qui auraient pu être exploitées, de comprendre dans quelles conditions elles travaillaient et si la drogue a servi à les contraindre ou à leur ôter toute capacité de décision. Sans oublier les recherches qui visent à identifier les trafiquants de drogues qui approvisionnaient ce centre en drogues.
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About this article
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- 512 words · 3 min read
- Published
- October 30, 2026
- Byline
- Abderrafii ALOUMLIKI
- Source
- Aujourd'hui