
Le gouvernement sénégalais entend revoir en profondeur le système de subvention de l’électricité, au nom d’une meilleure équité sociale. Lors de son intervention, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a insisté sur un déséquilibre qu’il juge particulièrement important : « 65 % des subventions est alloué aux 20 % des plus aisés ». Une affirmation répétée à deux reprises par le ministre pour illustrer, selon lui, les limites du système actuel. L’objectif affiché est donc de passer d’une subvention généralisée à un ciblage des ménages réellement vulnérables. Cette logique avait déjà été inscrite dans la feuille de route gouvernementale sur la suppression progressive des subventions énergétiques. Pour l’électricité, le document prévoit notamment de préserver les ménages consommant moins de 150 kWh par mois grâce à un « tarif social ». Ce seuil correspond à environ 880 000 clients, soit 45 % des abonnés de la SENELEC. Depuis le 1er janvier 2026, la grille tarifaire de la SENELEC fixe notamment le prix du kWh pour les clients domestiques petite puissance à 82 FCFA sur la première tranche, 136,49 FCFA sur la deuxième et 159,36 FCFA sur la troisième. La première tranche a bénéficié d’une baisse de 10 %, destinée notamment à alléger la facture des ménages.
Il faut ici faire une distinction importante : le chiffre de 65 % ne permet pas, à lui seul, de calculer mathématiquement le nouveau prix du kWh pour les 20 % les plus aisés. Il indique la répartition de la subvention, pas le niveau exact de subvention contenu dans chaque kWh. En revanche, le gouvernement dispose déjà d’une référence permettant de faire une simulation. Sa feuille de route prévoyait une hausse de 47,6 FCFA/kWh pour la basse tension, avec la création d’un tarif social pour les consommateurs vulnérables. Si cette hausse de 47,6 FCFA était appliquée aux ménages considérés comme non éligibles au tarif social, les tarifs domestiques petite puissance seraient théoriquement les suivants :
Autrement dit, dans cette hypothèse, un ménage exclu du dispositif social pourrait payer jusqu’à environ 207 FCFA le kWh sur sa troisième tranche, contre 159,36 FCFA actuellement. Attention toutefois : ces montants constituent une simulation à partir de la hausse de 47,6 FCFA prévue dans la feuille de route, et non une nouvelle grille tarifaire officiellement annoncée pour les « 20 % les plus aisés ». La grille officiellement applicable depuis janvier 2026 reste celle publiée par la
CRSE
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