
Le système de prépaiement Woyofal, utilisé par plus d'1,6 million de clients de la Société nationale d'électricité (Senelec), pourrait bientôt devoir clarifier son fonctionnement. Le collectif citoyen #30JoursPourLeJustePrix, qui revendique aujourd'hui plus de 4 000 membres mobilisés sur la plateforme Yombal.com, a officiellement saisi la Commission de régulation du secteur de l'énergie (Crse) pour obtenir des éclaircissements sur le fonctionnement de ce dispositif, dans l'espoir d'aboutir à dav
Le système de prépaiement Woyofal, utilisé par plus d'1,6 million de clients de la Société nationale d'électricité (Senelec), pourrait bientôt devoir clarifier son fonctionnement. Le collectif citoyen #30JoursPourLeJustePrix, qui revendique aujourd'hui plus de 4 000 membres mobilisés sur la plateforme Yombal.com, a officiellement saisi la Commission de régulation du secteur de l'énergie (Crse) pour obtenir des éclaircissements sur le fonctionnement de ce dispositif, dans l'espoir d'aboutir à davantage de lisibilité, voire à des ajustements concrets pour les usagers.
La correspondance, adressée au président de la Commission et réceptionnée le 1er septembre, s'appuie sur la loi n° 2025-15 du 4 septembre 2025 relative à l'accès à l'information — un texte encore récent que le collectif entend mobiliser pour contraindre le régulateur à répondre de manière précise et documentée.
Dans sa démarche, le collectif rappelle que ses préoccupations portent notamment sur la compréhension du prix réellement payé par kilowattheure, les variations observées lors des recharges, ainsi que les dysfonctionnements récurrents des compteurs et les frais parfois exigés des usagers pour leur remplacement. Autant de zones d'ombre que la saisine vise précisément à dissiper.
Les initiateurs du mouvement s'appuient notamment sur des données communiquées par la Senelec au 31 août 2023, faisant état de 34 099 réclamations enregistrées auprès de 1 634 000 clients Woyofal recensés à l'époque — un volume qui, selon le collectif, témoigne de dysfonctionnements suffisamment répandus pour justifier une clarification officielle.
Ces réclamations se répartissent principalement en trois catégories. Les problèmes liés à la recharge ou au clavier représentent 24 % des cas. Les compteurs bloqués, qui empêchent tout usage normal de l'appareil, représentent 21 %. Enfin, les demandes d'information relatives aux compteurs intelligents constituent 18 % des réclamations recensées. Trois catégories qui, mises bout à bout, couvrent près des deux tiers des plaintes déposées et dessinent les contours d'un système jugé opaque par une partie des usagers.
Pour étayer sa démarche, le collectif demande à la CRSE la communication d'informations et de documents permettant de répondre à cinq interrogations principales, dont les réponses pourraient, si elles sont suivies d'effets, déboucher sur une révision des pratiques actuelles.
La première porte sur la méthode exacte de calcul du nombre de kilowattheures accordés lors d'une recharge Woyofal. La deuxième concerne les tarifs, tranches, taxes, redevances et autres prélèvements appliqués à chaque opération de recharge.
La troisième question vise à déterminer si, à consommation égale, un client Woyofal paie exactement le même montant qu'un usager équipé d'un compteur classique — une interrogation centrale, puisqu'elle touche directement à l'équité tarifaire entre les deux catégories d'abonnés. La quatrième porte sur les raisons pouvant expliquer les variations du nombre de kilowattheures obtenus pour un même montant de recharge, un phénomène régulièrement décrié par les usagers sur les réseaux sociaux.
Enfin, la cinquième interrogation concerne la responsabilité financière en cas de dysfonctionnement d'un compteur ou d'un boîtier qui ne serait pas imputable au client. Le collectif souhaite notamment savoir qui doit supporter les frais de réparation ou de remplacement — une question qui pourrait, si le régulateur tranche en faveur des usagers, remettre en cause une pratique facturée jusqu'ici aux clients dans de nombreux cas.
À travers cette démarche, #30JoursPourLeJustePrix entend obtenir davantage de transparence sur le système de prépaiement de l'électricité au Sénégal. En s'appuyant sur la nouvelle loi relative à l'accès à l'information, ses responsables espèrent que le régulateur apportera des réponses précises aux préoccupations exprimées par de nombreux usagers — voire, selon les conclusions qui en découleront, qu'il engagera des ajustements dans le mode de calcul, de tarification ou de prise en charge des pannes liées au dispositif Woyofal. La balle est désormais dans le camp de la Crse, dont la réponse est scrutée comme le premier test concret de cette nouvelle loi sur l'accès à l'information appliquée au secteur de l'énergie.
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