Interdiction des plastiques à usage unique en Guinée : entre espoir pour l’environnement et inquiétudes sur le coût des alternatives
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La Guinée s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa lutte contre la pollution plastique. À compter du lundi prochain, 21 septembre 2026, la fabrication, la commercialisation et l’utilisation des plastiques à usage unique devraient être interdites sur l’ensemble du territoire national. Une décision qui suscite déjà de nombreuses réactions à Conakry, où les sachets plastiques font partie du quotidien de millions de personnes. Si certains citoyens saluent une décision nécessaire pour lutter contre l’insalubrité et préserver l’environnement, d’autres redoutent ses conséquences sur les ménages modestes, les petits commerçants et les nombreuses activités économiques qui dépendent directement ou indirectement de ces emballages.
Entre adhésion, inquiétude et appels à la prudence, plusieurs citoyens ont exprimé leurs sentiments au micro de Guineematin.com ce mercredi. Leurs témoignages mettent surtout en évidence une même exigence : interdire le plastique, oui, mais en proposant des alternatives accessibles à tous.
Décryptage !
Mamadou Amir Diallo, coiffeur
Mamadou Amir Diallo : « D’une part c’est bon ; d’autre part aussi, il y a des inconvénients. Car si on enlève les sachets plastiques, par exemple, quand on veut de l’eau, la bouteille à 5 000 francs est chère. Donc s’ils peuvent changer le plastique pour l’eau et que les frais supplémentaires qui vont s’ajouter ne soient pas trop élevés, c’est bon. Parce que tout le monde ne peut pas fermer les yeux et payer de l’eau à 5 000, certains sont même incapables de trouver 5 000 pour le petit-déjeuner. D’autre part, c’est bon pour maintenir la ville propre, mais nous demandons de revoir la stratégie des deux côtés pour trouver une solution moins chère, ou même s’il y aura des frais supplémentaires, qu’ils ne soient pas trop élevés. »
Youssouf, conducteur de taxi-moto
**Youssouf **: « En ce qui concerne l’interdiction des plastiques, c’est une bonne chose, mais ils doivent apporter des alternatives comme des bouteilles qu’on peut utiliser sans les sachets plastiques. Nous voulons une eau propre puisque ce que tu manges fait partie de ta santé. Je demande aux autorités qui ont actuellement les destinées du pays en main, c’est de protéger la population et sa santé. »
Abdoul Kadiri Baldé, chauffeur
Abdoul Ghadiri Baldé : « Par rapport à cette décision, elle est à double tranchant parce que lorsque vous regardez l’apport de ces plastiques, ils sont bénéfiques, mais lorsque vous regardez à l’intérieur des caniveaux, vous trouvez que ces mêmes plastiques nous fatiguent. Mais interdire totalement les plastiques va fatiguer la population, c’est le gagne-pain de plusieurs personnes. Je demande ceci au gouvernement : je suis content d’eux pour beaucoup de choses, mais je demande de prendre les précautions pour ne pas faire souffrir la population. Ces plastiques aident beaucoup, des personnes vont au marché avec ça, le prix est plus accessible. »
Alpha Oumar Barry, citoyen
Alpha Oumar Barry : « On ne peut apprécier ou condamner cette décision sans connaître le motif. Mais s’ils ne prennent pas les précautions adéquates, il y aura beaucoup de souffrances. Puisque si vous prenez l’eau, ce n’est pas tout le monde qui peut payer un bidon d’eau. Actuellement, tu peux payer un sachet d’eau à 500 francs, tu peux étancher ta soif, mais s’ils te disent que c’est maintenant 5 000 pour boire, en ce moment, ça sera compliqué. Tu peux également acheter un sachet plastique et mettre des objets sans que personne ne sache. Donc s’ils prennent la décision d’interdire cela, ils doivent vraiment trouver des alternatives. Le chômage va également augmenter. »
Mamadou Moumini Diallo, boucher
Mamadou Moumini Diallo : « Ce que je vois dans cette interdiction, c’est que s’ils interdisent l’utilisation du plastique, ils doivent nous trouver des alternatives, ce qui va nous arranger, nous les vendeurs. Parce que si cette interdiction est effective, toute personne qui viendra acheter de la viande devra venir avec un bol pour mettre sa viande. »
Mamadou Oury Bah, conducteur de taxi-moto
Mamadou Oury Bah : « Ce que j’ai à dire est que je prie le bon Dieu de leur faciliter la tâche, car le plastique fatigue à plusieurs niveaux. Le plastique ne pourrit pas, mais aussi il faut rappeler que les moyens économiques des gens sont limités. Donc nous demandons de venir en aide aux citoyens, car les gens sont habitués à débourser 500 francs pour boire. C’est à l’État de trouver une meilleure solution. »
Amadou Diago, conducteur de taxi-moto
Mamadou Diogo Diallo : « Il n’y a pas grand-chose à dire. C’est juste l’autorité qui peut nous aider, car elle a la force qu’il faut et les moyens qu’il faut. Le plastique ne pourrissant pas facilement, le gouvernement doit nous aider à trouver des alternatives pour éviter l’utilisation du plastique. »
Yayé Oumou Barry et Amadou Baillo Baldé pour Guineematin.com
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- Length
- 816 words · 4 min read
- Published
- September 15, 2026
- Byline
- Mamadou Yaya Diallo
- Source
- Guineematin.com