Un exemple de coopération
C’est un exemple de coopération Sud-Sud qui doit faire tâche d’huile sur le continent africain. L’Algérie a décidé d’apporter un appui militaire à son voisin, le Niger, avec lequel il entretenait, jusqu’à un temps récent, des relations tendues. Si les relations entre les deux avaient été quelque peu brouillées, le pragmatisme a fini par prendre […]
C’est un exemple de coopération Sud-Sud qui doit faire tâche d’huile sur le continent africain. L’Algérie a décidé d’apporter un appui militaire à son voisin, le Niger, avec lequel il entretenait, jusqu’à un temps récent, des relations tendues. Si les relations entre les deux avaient été quelque peu brouillées, le pragmatisme a fini par prendre le dessus, laissant place à un retour à un réchauffement de la coopération entre les deux pays. Après avoir déployé, le 30 août dernier, des avions de chasse Sukhoî Su-30 en soutien aux autorités nigériennes au lendemain d’une énième tentative de coup d’Etat, l’Algérie est passé à la vitesse supérieure, en formalisant son appui militaire à Niamey. Le ton a été donné, avec la signature d’un protocole de coopération militaire entre les deux Etats, le 21 octobre dernier, avant que le Parlement algérien n’approuve, quatre jours plus tard, l’envoi de troupes au Niger.
Ce déploiement militaire algérien à l’étranger, qui ne s’était plus produit depuis la guerre arabo-israélienne de 1973, va permettre de soutenir les gouvernants nigériens dans la lutte contre les groupes armés terroristes et les éventuels déstabilisateurs. Engagé dans un combat pour la dignité et la souveraineté, qu’il partage avec ses homologues de la Confédération des Etats du Sahel (AES), les présidents malien et burkinabè, Assimi Goîta et Ibrahim Traoré, le général Tiani est dans le collimateur des impérialistes et de leurs valets
locaux. L’aide militaire d’Alger, qui s’accompagne d’une dotation en carburant, se veut précieuse, dans un contexte où les prédateurs du Sahel, tapis dans l’ombre, travaillent à reprendre la main en voulant déstabiliser l’AES. Ils ont d’ailleurs échoué jusque-là face à la détermination des populations, fortement mobilisées autour des dirigeants sahéliens, qui sont déterminés à barrer la route aux pilleurs des ressources du continent.
Avec sa puissance de feu et son expérience avérée dans la lutte contre le terrorisme, l’armée algérienne est un allié qu’il faut avoir à ses côtés au Sahel. En se positionnant dans cette zone, Alger fait montre d’une stratégie militaire et diplomatique savamment murie. En plus de prêter main forte à Niamey, le gouvernement algérien pourra protéger ses intérêts éco-nomiques, notamment le chantier de construction du gazoduc transsaharien pour transporter le gaz depuis le Nigéria vers l’Algérie via le Niger. Alger affirme surtout son retour avec force au Sahel, dans un contexte de relations hostiles avec deux autres voisins, notamment marocain et libyen. Les autorités
algériennes affichent leur volonté de jouer un rôle plus actif en matière de sécurité au Sahel, où les menaces sont multiformes. Cette coopération militaire avec Niamey pourrait au besoin s’étendre aux deux autres pays de l’AES, le Mali et le Burkina, qui depuis plus d’une décennie, font aussi face à des attaques terroristes. La solidarité entre les pays africains doit primer en matière de lutte contre le terrorisme. On ne saurait compter sur l’appui des occidentaux, qui n’ont pas toujours joué franc-jeu en matière de lutte contre le terrorisme. L’échec de l’armée française contre les groupes armés au Sahel, malgré ses équipements de pointe, pose question. N’est-ce pas en réalité une guerre de recolonisation, qui est menée avec le concours d’extrémistes à la solde des occidentaux ? Les Africains ont intérêt à prendre leur destin en main, comme l’enseigne la coopération nigéro-algérienne.
Kader Patrick KARANTAO
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About this article
- Length
- 543 words · 3 min read
- Published
- November 4, 2026
- Byline
- JK. Sidwaya
- Source
- Quotidien Sidwaya