
COMÉDIEN - POÈTE - METTEUR EN SCÈNE... Pape Faye, entre les mots et les planches Poète, comédien, metteur en scène et formateur, l’artiste construit depuis les années 1980 un parcours où théâtre, poésie et transmission se répondent, jusqu’aux reconnaissances internationales. Le 17 août 2026, Pape Faye a ajouté une nouvelle distinction à un parcours commencé il y a plusieurs décennies. L’Académie de Tomitana (ndlr, institution culturelle et académique roumaine basée à Constanța, qui décerne des p
COMÉDIEN - POÈTE - METTEUR EN SCÈNE...
Pape Faye, entre les mots et les planches
Poète, comédien, metteur en scène et formateur, l’artiste construit depuis les années 1980 un parcours où théâtre, poésie et transmission se répondent, jusqu’aux reconnaissances internationales.
Le 17 août 2026, Pape Faye a ajouté une nouvelle distinction à un parcours commencé il y a plusieurs décennies. L’Académie de Tomitana (ndlr, institution culturelle et académique roumaine basée à Constanța, qui décerne des prix internationaux prestigieux et promeut le dialogue interculturel) lui a décerné le prix Mihai Eminescu pour les arts et les lettres. Une nouvelle reconnaissance qui vient s’inscrire dans une trajectoire construite entre poésie, théâtre, formation et engagement dans le monde artistique.
Comédien, poète, metteur en scène, formateur et homme de culture, Pape Faye appartient à cette génération d’artistes qui ont fait de la scène un espace de création, de mémoire et de transmission. Depuis ses débuts dans les années 1980, il évolue entre les mots et les planches, deux univers qui, chez lui, semblent intimement liés. « C’est la deuxième fois d’ailleurs en l’espace de 12 mois que j’ai été honoré par l’Académie de Tomitana », souligne-t-il.
En 2025, l’artiste avait déjà reçu de cette institution la Couronne d’Ovide de la poésie, remise par Monseigneur Theodosis Petrescu, archevêque de Constanta. La même personnalité lui avait également décerné un Prix d’Excellence de l’art dramatique. Le prix Mihai Eminescu intervient ainsi dans la continuité de ces distinctions. Pape Faye est aujourd’hui membre titulaire de l’Académie de Tomitana. Avant les distinctions récentes et les appartenances académiques internationales, il y a la poésie. Pape Faye revendique une relation ancienne et profonde avec cet univers. Il évoque notamment l’influence du Sénégal et de Léopold Sédar Senghor dans la construction de son identité de poète.
« Mon appartenance à un pays qui s’appelle le Sénégal que Senghor a hissé au sommet du monde n’a fait que renforcer ma carapace de poète », explique-t-il. Chez lui, Senghor apparaît comme une référence importante. Le poète-président a marqué la conception sénégalaise de la littérature, de la culture et du dialogue entre les peuples. Pour Pape Faye, cet héritage accompagne son propre cheminement artistique. « C’est cet amour idyllique avec la poésie, qui m’a ouvert les chemins de l’art dramatique », affirme-t-il. Cette phrase éclaire la relation entre les deux dimensions de son parcours. La poésie n’est pas venue après le théâtre. Elle en constitue, selon son propre récit, l’un des points de départ.
Sa première distinction internationale dans ce domaine remonte à novembre 1986. Pape Faye obtient alors la Médaille d’argent du concours mondial de poésie lyrique organisé par le Mémorial Anastasia del Pino, aux îles Canaries, en Espagne. L’œuvre présentée s’intitule Cette sirène qui a pour nom Gisèle Laronde. Le concours est organisé sous l’égide du ministère de la Culture et de la Propriété intellectuelle de la République du Sénégal. À cette époque, le jury sénégalais est présidé par Mamadou Ndoye, professeur de lettres et de langue espagnole à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. En 1988, il reçoit le Grand Prix d’honneur de poésie de la Muse de Kerekura, en Guadeloupe. L’année suivante, il décroche le Grand Prix de la poésie francophone, dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, organisé par l’Association Amitié-Solidarité France.
Les mots sur les planches
La poésie accompagne donc les premiers pas internationaux de Pape Faye. Mais c’est aussi sur scène qu’il construit une partie essentielle de son identité artistique. Diplômé du Conservatoire dans les années 1980, il s’impose progressivement dans le théâtre sénégalais. Au cours de sa carrière, il interprète notamment des figures historiques comme Lat-Dior, Maba Diakhou et Yérim Mbagnick. À travers ces rôles, le comédien s’inscrit dans une conception du théâtre qui fait également une place à la mémoire. Les personnages qu’il incarne renvoient à des figures de l’histoire du Sénégal et permettent de faire revivre, par le jeu, des trajectoires qui appartiennent à l’imaginaire collectif.
Le comédien devient ainsi également un passeur. Le théâtre lui permet de raconter, de transmettre et d’interroger. Cette dimension collective se retrouve dans son engagement professionnel. Pape Faye est président de l’Association nationale des artistes et comédiens du théâtre sénégalais (Arcots). Une fonction qui inscrit son parcours dans les préoccupations plus larges du monde artistique. En 2024, la République du Sénégal l’élève au grade de Chevalier de l’Ordre national du Lion, reconnaissant ainsi plusieurs décennies de présence dans le paysage culturel national.
La poésie ne quitte pourtant jamais son parcours théâtral. En 2019, Pape Faye reçoit le Grand Prix international de poésie « Sur les traces de Léopold Sédar Senghor », à Milan, en Italie. Une distinction qui rejoint son attachement revendiqué à l’œuvre du poète-président. Milan devient également un espace important de son parcours académique. Pape Faye est membre titulaire de l’Académie internationale Léopold Sédar Senghor de Milan, dirigée par le Dr Cheikh Tidiane Gaye.
Son parcours académique se poursuit également à Bari. L’Académie des Arts et Sciences Philosophiques de Bari, dirigée par le Dr Massimo Massa, lui décerne le titre de Chevalier du Mérite Académique des Arts et des Sciences Philosophiques et lui accorde le statut de membre titulaire. Ces différentes appartenances prolongent son parcours artistique sur un autre terrain. Elles donnent également une dimension internationale à un itinéraire qui a commencé dans la poésie et s’est poursuivi sur les planches.
Une trajectoire qui se poursuit
Le prix Mihai Eminescu, reçu le 17 août 2026, vient donc ajouter une nouvelle étape à cette trajectoire. Des années 1980 à aujourd’hui, Pape Faye aura construit son parcours entre plusieurs espaces : la poésie, le théâtre, la formation et l’engagement dans le monde artistique. Les distinctions nationales et internationales en constituent les repères. Mais lorsqu’il parle de son parcours, c’est encore la poésie qui revient. Elle était là avant les grands rôles, avant les académies et avant les distinctions qui jalonnent aujourd’hui son itinéraire. Elle aura aussi accompagné son passage vers l’art dramatique. Entre les mots et les planches, Pape Faye poursuit ainsi une trajectoire où poésie et théâtre ne cessent de se répondre.
Fatou Ba
Section:
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