
Selon Jean Pierre Noah Ngah, membre du bureau départemental MRC Lékié, communicant du parti de Maurice Kamto, le MRC fait le choix de répondre aux différends politiques par les voies légales plutôt que par la confrontation. Dans son analyse, il affirme que le parti continue de privilégier les institutions et les textes en vigueur pour défendre ses positions, malgré les critiques de ses adversaires.
« Le MRC a choisi une autre voie : celle du changement par les urnes, dans la paix, en s’appuyant sur les lois que le régime lui-même a promulguées mais qu’il refuse d’appliquer », écrit-il.
L’auteur consacre une large partie de son texte à l’interprétation de la loi sur les partis politiques. Il soutient que le ministère de l’Administration territoriale dispose d’une mission de tutelle administrative limitée et qu’il ne peut, selon lui, valider ou invalider les décisions internes d’une formation politique.
À ses yeux, la pratique consistant à « prendre acte » ou à refuser de le faire pour certaines décisions des partis n’aurait pas de fondement juridique. Il considère que cette pratique constitue une dérive administrative et une intrusion dans le fonctionnement des partis politiques.
Jean Pierre Noah Ngah estime également que les récentes controverses autour de Maurice Kamto traduisent, selon lui, une volonté d’affaiblir le MRC à l’approche des prochaines échéances électorales. Il affirme toutefois que le parti poursuit son organisation et prépare sa participation aux futures élections.
« Le MRC est debout. Il prépare ses listes, mobilise ses militants, organise ses structures », écrit-il, avant de rappeler que, selon lui, les investitures relèvent exclusivement des instances internes du parti.
À la fin de sa tribune, l’auteur appelle les militants à rester mobilisés et à poursuivre leur combat par les moyens légaux. Il considère que le respect du droit demeure, selon lui, le meilleur moyen d’obtenir une alternance politique au Cameroun.
PARLER DE DROIT N’EST PAS UN PIÈGE : C’EST LA SEULE VOIE DU CHANGEMENT
Il est des moments où il faut savoir nommer les choses. Ce que nous vivons aujourd’hui au Cameroun, face aux manœuvres du MINAT et du régime RDPC, n’est pas un simple différend politique. C’est une tentative systématique de faire passer la victime pour le coupable, de transformer l’agressé en agresseur, et de faire croire que celui qui réclame l’application de la loi est celui qui crée le désordre.
Quand des citoyens, des militants, des leaders politiques du MRC parlent de droit, de légalité, de respect des textes, certains répondent avec ironie : « Dans quel pays ? » Comme si le droit était un luxe réservé à d’autres cieux, et que le Cameroun devait se contenter de la loi du plus fort. C’est justement parce que nous savons dans quel pays nous vivons que nous parlons de droit. C’est parce que nous constatons chaque jour que l’arbitraire tente de remplacer la règle que nous élevons la voix. Ceux qui raillent le recours au droit devraient se demander : si nous ne parlons pas de droit, de quoi devrions-nous parler ? De la force ? Des armes ? Du maquis ? Non. Le MRC a choisi une autre voie : celle du changement par les urnes, dans la paix, en s’appuyant sur les lois que le régime lui-même a promulguées mais qu’il refuse d’appliquer.
C’est un curieux renversement des valeurs que de reprocher au MRC de rappeler que la République est fondée sur des règles. Un État, par définition, repose sur un ensemble de normes : la Constitution, les lois, les règlements. Si celui qui est chargé de les faire respecter les piétine, la faute ne revient pas au citoyen qui les invoque, mais à l’autorité qui les transgresse. Quand le MINAT invente une « prise d’acte » qui n’existe dans aucun texte, quand il oppose des délais imaginaires, quand il s’appuie sur la contestation d’un exclu pour tenter d’invalider une convention interne, ce n’est pas le MRC qui crée la confusion : c’est l’administration qui sort de son rôle.
QUE DIT RÉELLEMENT LA LOI ? LE RÔLE DU MINAT VIS-À-VIS DES PARTIS POLITIQUES
Il est essentiel, pour comprendre l’ampleur de la dérive actuelle, de rappeler ce que la loi camerounaise prévoit concernant le rôle du Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) dans la vie des partis politiques. Cette clarification est pédagogique : elle permet à chaque citoyen de mesurer l’écart entre le droit et la pratique.
La loi fondamentale en la matière est la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990 relative aux partis politiques. Que dit-elle ? Elle organise la création, le fonctionnement et la dissolution des partis politiques. Elle confie au MINAT une mission de tutelle administrative, mais cette tutelle est strictement encadrée et limitée. Concrètement, le MINAT est chargé de :
C’est ce dernier point qui est fondamental. La loi dit « information », pas « autorisation », « approbation », ni « prise d’acte ». En droit, informer l’administration signifie lui notifier un fait accompli conformément aux textes internes du parti, pour qu’elle en prenne note dans ses registres. Cela ne signifie nullement que l’administration a le pouvoir de valider ou d’invalider les décisions internes d’un parti politique.
Or, depuis des années, une pratique s’est installée, contraire à l’esprit et à la lettre de la loi : le MINAT s’est arrogé le droit de « prendre acte » ou de « ne pas prendre acte » des changements de dirigeants ou des résolutions des congrès. Cette prétendue « prise d’acte » n’a aucune base légale. Elle n’est mentionnée nulle part dans la loi de 1990, ni dans aucun autre texte réglementaire. C’est une pure invention administrative, une coutume illégale née de la soumission progressive des acteurs politiques et de l’absence de contestation judiciaire.
Ce mécanisme pervers est utilisé de manière sélective et politique. Quand un parti modifie ses statuts sans réunion publique, le MINAT ne dit rien. Quand un parti change de dirigeants issus d’un congrès légitime, le MINAT sort de son silence pour « ne pas prendre acte » si cela arrange le régime. C’est une intrusion caractérisée dans le fonctionnement interne des associations politiques, une violation flagrante de la liberté d’association garantie par la Constitution.
De plus, le MINAT confond allègrement les régimes juridiques. La loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 sur les réunions et manifestations publiques impose une déclaration préalable pour les réunions dans un lieu public ou ouvert au public. Un congrès interne d’un parti, surtout lorsqu’il se tient en visioconférence, n’est pas une réunion publique. Il n’a pas à être déclaré. En opposant au MRC le « non-respect de l’obligation de déclaration » pour une convention tenue en ligne, le MINAT commet une double erreur : il applique une loi inapplicable et il invente une obligation qui n’existe pas.
Ainsi, lorsque le MINAT écrit au MRC qu’il n’a pas « jugé opportun de prendre acte » des travaux de la Convention extraordinaire du 21 décembre 2025, il ne fait pas du droit : il fait de la politique. Il outrepasse ses pouvoirs légaux. Il tente d’intimider, de semer le doute, de fragiliser. Mais aucune lettre, aucun refus de « prise d’acte », ne peut invalider les décisions souveraines des militants réunis en congrès. Le MRC existe par la volonté de ses membres, non par la permission du MINAT.
Le régime RDPC a une peur panique du MRC. Pourquoi ? Parce que le MRC parle le langage que le régime ne veut pas entendre : celui de la légalité, de la transparence, de la redevabilité. Parce que Maurice Kamto incarne, aux yeux de millions de Camerounais, la possibilité d’un État qui respecte ses propres lois. On lui a refusé la candidature à la présidentielle par une manipulation grossière : un faux président de parti installé sur le site du MINAT, une enquête annoncée et jamais menée, des responsables jamais identifiés. C’est cela, le « piège » ? Non. C’est la preuve que le régime est prêt à tout pour écarter celui qui le terrifie.
Aujourd’hui, on ressort une lettre du MINAT datée du 19 août 2026, adressée à un exclu du MRC, pour semer le doute sur la légitimité de nos instances. On voudrait faire croire que le parti est fragilisé, que sa participation aux élections municipales et législatives est compromise. C’est faux. Le MRC est debout. Il prépare ses listes, mobilise ses militants, organise ses structures. Aucune « prise d’acte » imaginaire ne l’empêchera d’aller aux urnes. Car, redisons-le : ce n’est pas le MINAT qui investit les candidats du MRC. Ce sont les instances légitimes du parti, issues de ses propres textes.
Alors, à ceux qui demandent pourquoi nous parlons de droit, répondons simplement : parce que c’est notre seule arme. Parce que nous croyons en un Cameroun où la loi protège le faible contre le fort. Parce que nous refusons de répondre à la barbarie par la barbarie. Le MRC ne descendra jamais dans la rue pour brûler, casser, haïr. Nous descendrons dans les bureaux de vote, dans les assemblées, dans les prétoires, dans les médias, avec la Constitution dans une main et la détermination dans l’autre.
Ce combat n’est pas celui d’un homme. C’est celui de tous les Camerounais qui en ont assez d’un système où l’État est confondu avec le patrimoine d’une clique. Assez de voir les deniers publics pillés pendant que les jeunes errent sans avenir. Assez de voir la justice instrumentalisée pour protéger les puissants et écraser les opposants. Assez de voir des ministres transformer des institutions en machines de guerre politique.
Le régime croit nous user. Il se trompe. Chaque manœuvre, chaque irrégularité, chaque abus renforce notre détermination. Nous sommes les héritiers d’une longue lutte pour la dignité. Nous savons que la peur change de camp. Le RDPC tremble parce qu’il sent que le temps du mensonge est compté. Le MRC avance, serein et déterminé, sur le chemin du droit. Et ce chemin, aucun faux document, aucune lettre illégale, aucune intimidation ne le fermera.
Amis politiques, restez concentrés. Ne vous laissez pas distraire par les provocations. Le seul piège qui existe, c’est celui du découragement et de la violence. Nous n’y tomberons pas. Nous parlons de droit parce que nous savons que le droit finit toujours par triompher. Et ce jour-là, le Cameroun que nous bâtirons ne ressemblera en rien aux ruines qu’ils laissent derrière eux.
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