
L'administration territoriale et le parti au pouvoir sont à nouveau en désaccord. Dans un communiqué daté du 28 août 2026, le Bureau politique national de Pastef-Les Patriotes annonce que l'autorité administrative a annulé, in extremis, l'autorisation qu'elle avait pourtant préalablement accordée à la section communale de Ndiaganiao pour organiser sa journée de lancement de vente des cartes de membre. Selon le communiqué signé par le Bureau politique national, cette décision constitue un « arrêté d'interdiction » que le parti dit prendre acte tout en le dénonçant « avec la plus grande fermeté ». Pastef y voit un « revirement spectaculaire » de l'administration territoriale, qu'il accuse de renoncer à sa neutralité républicaine pour, selon ses propres termes, « entraver l'animation et la vie politique des partis ».
Le parti au pouvoir hausse le ton et interpelle directement le ministre de l'Intérieur, présenté comme le garant de cette neutralité, lui demandant de « mettre fin à ces agissements ». Pour
Pastef
, ces « provocations répétées » trahiraient une « profonde nervosité » au sein d'une mouvance présidentielle qu'il qualifie de « de plus en plus fébrile ». Plutôt que de renoncer purement et simplement à sa mobilisation, la direction du parti a opté pour une parade simple mais efficace : contourner l'obstacle administratif sans l'affronter frontalement. Le communiqué invite ainsi la Section de Ndiaganiao, à qui le parti affirme apporter « son soutien total », à se replier sur un lieu non soumis à autorisation préalable — le siège du parti ou un espace privé — pour y mener malgré tout les opérations de placement des cartes de membre. Une manière, pour Pastef, de neutraliser la décision de l'administration sans lui donner prise sur le terrain juridique : un rassemblement dans un cadre privé échappant en principe au régime de déclaration ou d'autorisation qui encadre les réunions sur la voie publique. Tout en maintenant son opposition à la décision de l'autorité, le Bureau politique national appelle ses militants et sympathisants à la retenue, leur demandant de « faire preuve de sérénité » et de ne céder « à aucune provocation ». Le parti réaffirme dans le même temps son attachement à une « conquête pacifique du pouvoir », tout en prévenant qu'il « usera de toutes les voies de droit pour faire respecter les libertés publiques ».
Follow the story