Avant les grands concepts, il y a les gestes élémentaires de la communication quotidienne…
Mieux communiquer, mieux vivre… Il est 9 heures. J’arrive au travail avec ma petite dose d’énergie du matin. Pas parce que tout va forcément bien. Pas parce que je suis devenue, comme on aime tant le dire, «la meilleure version de moi-même». Cette expression m’a d’ailleurs toujours semblé un peu ambitieuse. Disons simplement une version […]
** Mieux communiquer, mieux vivre…**
**Intelligence relationnelle **
Dire bonjour, c’est reconnaître l’autre. Regarder quelqu’un lorsqu’il nous parle, c’est lui signifier qu’il existe dans cet échange. Se mettre à son niveau, poser son téléphone, détourner quelques instants les yeux de son écran, écouter jusqu’au bout, se souvenir de ce qu’il nous a confié ou expliqué : tout cela communique.
Il est 9 heures. J’arrive au travail avec ma petite dose d’énergie du matin.
Pas parce que tout va forcément bien. Pas parce que je suis devenue, comme on aime tant le dire, «la meilleure version de moi-même». Cette expression m’a d’ailleurs toujours semblé un peu ambitieuse.
Disons simplement une version améliorée.
Une version qui essaie de s’écouter, de se comprendre, de s’observer. Qui sait un peu mieux ce qu’elle veut, ce qu’elle ne veut plus et, surtout, ce qu’elle ne souhaite pas faire subir aux autres.
Parce que travailler sur soi, c’est aussi cela : essayer de ne pas intoxiquer ceux qui nous entourent avec nos tensions, nos frustrations, nos urgences ou notre mauvaise humeur.
Revenons à 9 heures.
Je croise une première personne : «Bonjour !»
Mon bonjour semble presque la déranger.
Une deuxième. Pas de bonjour. Pas de regard.
Une troisième répond du bout des lèvres.
Et puis arrive celle qui me regarde, sourit et me lance un vrai «Bonjour !».
Rien d’extraordinaire ne s’est passé.
Et pourtant, il s’est passé quelque chose : nous nous sommes reconnues.
Un bonjour. Un sourire. Un regard.
C’est basique ? Absolument.
Et c’est justement de cela dont j’ai envie de parler.
Avant les grands concepts, maîtrisons la base
Nous voulons développer l’intelligence relationnelle, l’intelligence émotionnelle, l’empathie, l’écoute active, le leadership positif…
Avant les grands concepts, il y a les gestes élémentaires de la communication au quotidien.
Dire bonjour, c’est reconnaître l’autre.
Regarder quelqu’un lorsqu’il nous parle, c’est lui signifier qu’il existe dans cet échange.
Se mettre à son niveau, poser son téléphone, détourner quelques instants les yeux de son écran, écouter jusqu’au bout, se souvenir de ce qu’il nous a confié ou expliqué : tout cela communique.
Et l’inverse aussi.
Ne pas répondre. Ne pas regarder. Couper la parole. Continuer à taper sur son ordinateur pendant que l’autre nous parle. Oublier systématiquement ce qu’il nous a dit.
Tout communique.
Et puis, il y a ces petites violences ordinaires…
Le sarcasme qui fait rire tout le monde sauf celui qui le reçoit.
Le petit tacle lancé en réunion.
Le «je plaisante !» qui vient juste après une remarque blessante.
L’erreur commise il y a six mois que l’on ressort encore aujourd’hui.
Le mail sec.
Le message laissé en «vu».
Le ghosting professionnel : cette demande, cette proposition ou ce travail envoyé qui reste sans aucune réponse.
L’information importante que l’on «oublie» de partager.
Le feedback que l’on ne donne jamais.
Et puis cette maladie professionnelle que nous connaissons tous : l’urgentite aiguë.
«URGENT !»
«Très urgent !»
«J’en ai besoin tout de suite !»
Lorsque tout devient urgent, plus rien ne l’est vraiment.
Et surtout, ma priorité n’a pas à devenir systématiquement celle de mon collègue ou de mon équipe. Une mauvaise anticipation de ma part ne doit pas automatiquement devenir une pression pour les autres.
La communication positive passe aussi par là : respecter le temps, l’organisation et l’espace mental de ceux avec qui nous travaillons.
Manager, quelle énergie apportez-vous à votre équipe ?
Un manager ne transmet pas seulement des consignes.
Il transmet aussi une énergie, une posture, une façon d’être en relation.
Imaginez un manager qui arrive le matin, traverse son équipe sans un regard et lance directement :
«Le dossier est prêt ?»
«Pourquoi je n’ai toujours rien reçu ?»
«Il me faut ça avant midi.»
Peut-être que ses demandes sont parfaitement légitimes.
Quelques secondes auraient pu changer le ton de toute l’interaction.
«Bonjour.»
Un regard.
Un sourire, si le cœur y est.
Puis : «Où en sommes-nous sur le dossier ?»
La demande est toujours là. L’exigence aussi. La relation humaine n’a pas disparu derrière la fonction. La communication positive ne signifie ni tout accepter, ni tout excuser, ni être gentil à tout prix.
On peut dire non.
On peut recadrer.
On peut demander davantage.
On peut exprimer son désaccord.
On peut fixer une limite.
On peut le faire sans humilier, sans agresser, sans ironiser et sans faire porter à l’autre nos propres émotions.
La QVT commence là !
Nous associons parfois la qualité de vie au travail aux grands dispositifs mis en place par l’entreprise : espaces agréables, activités de bien-être, team buildings, événements, avantages…
Tout cela a sa place.
À quoi sert le plus beau programme de QVT si, au quotidien, les collaborateurs ne se sentent ni écoutés, ni reconnus, ni respectés ?!
Le bien-être au travail se construit aussi dans les couloirs, devant la machine à café, pendant une réunion, dans un mail, sur WhatsApp, dans la façon de demander quelque chose ou de répondre à une erreur.
Et c’est là que se construit également l’esprit d’équipe. Une équipe se renforce lorsque l’information circule, lorsque chacun se sent suffisamment en confiance pour parler, lorsque l’on reconnaît les contributions, lorsque l’on respecte les émotions des autres sans leur imposer les nôtres, lorsque l’on sait remercier, encourager, expliquer et faire un feedback.
Petit à petit se crée alors quelque chose de précieux : le sentiment d’appartenance.
Je me sens considéré.
Je sais que ma parole compte.
Je sais que mon travail est vu.
Je sais que je peux faire partie de ce collectif sans avoir constamment à me protéger.
Et lorsque je me sens bien dans une équipe, j’ai davantage envie d’y contribuer. De proposer. D’aider. De partager. De m’impliquer. Et tout simplement… de venir travailler.
La communication positive n’a rien de compliqué. Nous avons tous nos mauvaises journées. Nous pouvons être fatigués, préoccupés, stressés ou contrariés.
Il ne s’agit donc pas d’arriver chaque matin avec un sourire forcé et de répéter que tout va merveilleusement bien.
Il s’agit plutôt de prendre conscience de ce que nous déposons chez les autres.
Avant de chercher à maîtriser les grands concepts du management et de l’intelligence relationnelle, commençons par les fondamentaux.
Un bonjour.
Un regard.
Un sourire.
Une information partagée.
Un mot choisi plutôt qu’un mot jeté.
Un feedback plutôt qu’un silence.
Un merci.
Et là, il est bientôt l’heure de partir.
Je me lève. J’entame le même couloir pour sortir.
Je vois une lumière dans un bureau. Je fais un petit signe de la main.
Ça fait du bien à la personne et à moi.
Et surtout, c’est ça : mieux communiquer, mieux vivre ensemble, avec soi-même, avec les autres, au bureau et ailleurs.
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About this article
- Length
- 1,105 words · 6 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Sophia El Khensae Bentamy
- Source
- Aujourd'hui