
Attrait le 28 juillet 2026, devant la Chambre criminelle de Diourbel pour viol, pédophilie et détournement de mineure, Pape Ndong, agent à l’hôpital Lübke, contre qui le procureur avait requis dix ans de réclusion criminelle, s'en est tiré avec douze mois de prison après disqualification des charges en détournement de mineure. Jugé en Chambre criminelle, Pape Ndong n’a dû son salut qu’à un défaut d’acte d’état civil. Né en 1994 à Diourbel, marié et père de quatre enfants, l'agent de santé en fonction à l’hôpital régional Heinrich Lübke de Diourbel comparaissait, le mardi 28 juillet 2026, devant la barre de la Chambre criminelle pour répondre des chefs de viol, pédophilie et détournement de mineure sans fraude ni violence. Dans cette affaire, les faits remontent au 12 décembre 2024, lorsque T. Mbaye a saisi d’une plainte le commissariat central de Diourbel pour viol contre Pape Ndong. Dans sa déposition, l’adolescente, âgée de dix-sept ans, accusait l'agent de santé d’avoir abusé sexuellement d’elle alors qu’elle était allée rendre visite à une copine. D’après la plaignante, c’est cette dernière qui lui a indiqué qu’elle s’était rendue chez l'agent de santé et qu’elle devait l’y retrouver. Seulement, une fois là-bas, P. Ndong lui aurait, de connivence avec la copine, fait boire une boisson qui lui a fait perdre conscience quelques instants plus tard. Ce n’est qu’après son réveil que la plaignante a compris qu’elle avait été abusée sexuellement. Interpellé quelques heures après la plainte, P. Ndong a nié avoir violé la jeune fille, avec qui il dit avoir eu un rapport sexuel tarifé. En clair, l'agent de santé aurait payé 5 000 Fcfa pour une passe. Seulement, le certificat médical produit atteste de déchirures anciennes de l'hymen. Résultat des courses : P. Ndong est placé sous mandat de dépôt deux jours après pour viol, pédophilie et détournement de mineure sans fraude ni violence. Devant la barre, l’accusé s’est défendu en l’absence de la plaignante, absente à l’audience. « Ce n’était pas un viol, mais plutôt un acte sexuel pleinement et entièrement consenti avec une prostituée », commence P. Ndong avant d’entrer dans les détails. « J’étais chez moi lorsque T. Mbaye est venu voir notre amie en commune. Cette dernière m’a carrément fait comprendre qu’elle se prostituait. D’ailleurs, l’intéressée m’a confirmé qu’elle était une prostituée et qu’elle disposait d’une carte sanitaire. Nous avons convenu d’une passe à cinq mille Fcfa et je l’ai payée par Wave avant l'acte sexuel. J’ignorais sa minorité. Après ces faits, je lui ai offert deux fois huit mille et dix mille, de gaieté de cœur, parce qu’elle m’avait sollicité. » Appelée à témoigner à la barre, l’amie en commun a confirmé avoir présenté les deux après que l'agent de santé a aperçu la jeune fille sur son statut WhatsApp. Elle a aussi quelque peu corroboré les déclarations de l’accusé quant au statut de prostituée de la plaignante. Dans ses réquisitions, le procureur Papa Khalil Fall a fait comprendre à la Chambre qu’il n’existait pas suffisamment d’éléments pour asseoir les chefs de viol. Mais le représentant de la société est d’avis que la pédophilie et le détournement de mineure sont bien caractérisés. Maîtres Serigne Diongue et Assane Dioma Ndiaye, pour la défense, ont tour à tour plaidé l’acquittement en faveur de l’accusé P. Ndong. Ils ont fait remarquer à la Chambre l’absence d’acte d’état civil et d’éléments criminels pouvant caractériser l’âge de la victime. Après en avoir délibéré, la
Chambre criminelle
a acquitté P. Ndong des chefs de viol et de pédophilie, l’a déclaré coupable de détournement de mineure et l’a condamné à un an de prison ferme.
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