Carburants au Maroc : une baisse symbolique du gasoil après des mois de flambée
Le gasoil marocain perd 20 centimes le litre dans la nuit du 15 au 16 octobre, première accalmie après six hausses cumulant 3,54 dirhams depuis la mi-juill L’article Carburants au Maroc : une baisse symbolique du gasoil après des mois de flambée est apparu en premier sur Les Afriques .
Vingt centimes. C’est l’amplitude de la première baisse du gasoil au Maroc depuis la mi-juillet, appliquée dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 octobre à minuit. Un répit mesuré, qui contraste avec l’ampleur du chemin parcouru à la hausse : en l’espace de trois mois, le carburant le plus utilisé par les ménages et les professionnels du transport a encaissé six relèvements successifs totalisant environ 3,54 dirhams par litre. La correction annoncée n’en efface qu’une fraction.
Un coup de pouce limité face à un renchérissement historique
Selon les estimations établies par Hespress FR à partir de la révision précédente, le gasoil devrait s’afficher autour de 15,61 dirhams le litre après l’ajustement, contre 15,81 dirhams jusqu’alors. À Casablanca, les relevés en stations situaient le prix entre 16,10 et 16,18 dirhams avant la baisse — des variations qui reflètent la liberté tarifaire dont disposent les enseignes depuis la déréglementation du secteur. L’essence sans plomb, elle, demeure stable autour de 15,33 dirhams et n’a pas bougé.
Pour mesurer la portée réelle de ce recul, il suffit de rappeler la séquence des hausses : environ 69 centimes le 16 juillet, un dirham début août, 65 centimes à la mi-août, 6 centimes le 1er septembre, 34 centimes le 16 septembre, puis 80 centimes début octobre. Une fois la correction de 20 centimes appliquée, le renchérissement net depuis la mi-juillet s’établirait encore à environ 3,34 dirhams le litre. Pour un véhicule utilitaire ou un taxi qui consomme plusieurs dizaines de litres par semaine, la charge reste substantielle.
Gasoil plus cher que l’essence : un renversement inédit
La situation tarifaire recèle une anomalie structurelle qui mérite attention : le gasoil se vend désormais plus cher que l’essence, une configuration historiquement rare sur le marché marocain. À Casablanca, l’écart atteignait 27 à 39 centimes selon les points de vente, avant même la nouvelle révision. Ce retournement pèse davantage sur les professionnels — transporteurs de marchandises, agriculteurs, pêcheurs — dont les équipements roulent quasi exclusivement au diesel. Rien ne permet encore de dire si cet écart se réduira ou perdurera.
Le diesel russe, élément de contexte international
La révision intervient dans un contexte mondial en mouvement. Le 9 octobre, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) américain a délivré une licence générale autorisant, sous conditions, certaines opérations de vente et d’importation de diesel d’origine russe. Moscou a, de son côté, partiellement levé à compter du 10 octobre ses restrictions sur les exportations de gazole. D’après Reuters, le Kremlin a reconnu que cette mesure ne suffirait pas seule à stabiliser le secteur pétrolier mondial.
Le Maroc pourrait être directement concerné par ces flux : selon les données de suivi maritime de LSEG relayées par l’agence, un pétrolier transportant environ 40 000 tonnes de gazole russe à très basse teneur en soufre, chargé le 13 octobre à Primorsk (port balte), fait route vers le royaume. L’importateur, le port de destination et l’usage final n’ont pas été précisés — autant d’inconnues qui empêchent de tirer des conclusions fermes sur l’impact de cette cargaison sur les prix locaux.
Un décalage structurel entre marchés mondiaux et pompe locale
Il serait inexact d’interpréter la baisse de 20 centimes comme le reflet immédiat des derniers mouvements cotés sur les marchés internationaux. Les importateurs marocains négocient leurs cargaisons au moins deux semaines à l’avance ; la révision du 16 octobre intègre donc des conditions d’achat antérieures à l’assouplissement américain et aux annonces de Moscou. Si ces facteurs devaient peser durablement à la baisse sur le marché du diesel, leurs effets ne se répercuteraient sur les prix à la pompe qu’avec un décalage d’une à deux révisions.
Ce mécanisme soulève une question de fond : depuis la libéralisation du secteur, les ajustements à la baisse ont tendance à être plus lents et plus modestes que les hausses. Le communiqué ne le dit pas explicitement, mais la séquence observée depuis juillet — six relèvements pour une seule baisse, et encore partielle — illustre une asymétrie que les consommateurs et les associations professionnelles du transport ont régulièrement dénoncée.
Source : Hespress FR, 16 octobre 2025
L’article Carburants au Maroc : une baisse symbolique du gasoil après des mois de flambée est apparu en premier sur Les Afriques.
Follow the story
About this article
- Length
- 699 words · 3 min read
- Published
- October 16, 2026
- Byline
- Moussa D.
- Source
- Les Afriques