Kaloum : un champ de cannabis découvert au débarcadère de Boulbinet, des arrestations
Conakry- Le débarcadère de Boulbinet, dans la commune de Kaloum, a accueilli ce samedi 24 octobre une opération de démantèlement des lieux considérés comme criminogènes. Menée par les forces de sécurité avec les autorités judiciaires et administratives, cette opération a permis de détruire plusieurs abris de fortune, d’interpeller des personnes et de découvrir des plants […]

Conakry- Le débarcadère de Boulbinet, dans la commune de Kaloum, a accueilli ce samedi 24 octobre une opération de démantèlement des lieux considérés comme criminogènes. Menée par les forces de sécurité avec les autorités judiciaires et administratives, cette opération a permis de détruire plusieurs abris de fortune, d’interpeller des personnes et de découvrir des plants de cannabis. Les autorités annoncent que les opérations vont se poursuivre dans le Grand Conakry.
Situé non loin du palais Roi Mohamed V, ce lieu de pêche a été le point de départ d’une opération engagée à la suite d’une réquisition du procureur général près la Cour d’appel de Conakry. Sur place, les forces de sécurité ont procédé à la destruction de plusieurs installations de fortune et à l’interpellation de personnes soupçonnées d’être impliquées dans des activités liées à la consommation de stupéfiants ou à la criminalité.
Le général Aguibou Mouctar Tall évoque une décision judiciaire
Présent sur les lieux, le général Aguibou Mouctar Tall, commandant de la région spéciale de gendarmerie de Conakry, a tenu à préciser le fondement de l’opération. Selon lui, celle-ci fait suite à une décision judiciaire et non à une instruction politique : « monsieur le procureur général près la Cour d’appel de Conakry a pris une réquisition au concours des forces de l’ordre qui consistait à démanteler les lieux servant à la préparation, à la commission ou au refuge des délinquants. Se conformant aussi à l’article 41 du code de procédure pénale. Donc ce n’est pas un ordre politique, mais plutôt, c’est une décision juridique. »
Le commandant de la région spéciale de gendarmerie explique que les sites concernés ont été identifiés au préalable avec les services de renseignements : « nous avons procédé d’abord à l’identification de certains lieux criminogènes avec les services de renseignements. Raison pour laquelle ce matin nous avons déclenché ces opérations. Dès le début des opérations, les premiers constats d’abord, c’est l’interpellation des personnes avec des produits stupéfiants. Et d’autres sont sans abri, ils n’ont aucune identité sur eux. La DGPAF, la Direction générale de la police de l’air et des frontières, est à pied d’œuvre pour les identifier et savoir d’où ils sont venus. »
Mais c’est la découverte de plants de cannabis qui a particulièrement retenu son attention : « mais ce qui est plus paradoxal, pendant les opérations, nous avons constaté un champ de cannabis, des chanvres indiens. Donc vous avez constaté avec nous. Donc, imaginez, ce champ se trouve où ? Dans un enclos de clôture en tôle, là où se trouve un sous-bassement avec un cadenas. »
Le général Aguibou Mouctar Tall a également prévenu que les responsabilités pourraient être recherchées au-delà des personnes directement interpellées. Il estime que la persistance de ces activités dans une zone où plusieurs services sont présents pose problème : « ça fait certainement la énième fois que moi-même je procède à des opérations de déguerpissement ici, mais cette fois-ci nous ne serons pas tendres avec même les autorités qui œuvrent ici. Parce qu’il reste vraiment paradoxal qu’il y ait ici tous les services de sécurité représentés d’abord la gendarmerie, la police, le port… Il y a un directeur du port, il y a un directeur communal de la pêche qui est là, il y a un chef de port aussi qui est là, et que ces infractions persistent et continuent en plein cœur de Conakry. Ça, c’est inadmissible et inacceptable, alors que chacun a un droit de redevabilité envers la population. Donc, chacun d’entre eux va répondre. Cette opération ne sera pas un feu de paille. »
La police annonce des opérations dans tout le Grand Conakry
Le directeur régional de la police de Conakry, le commissaire divisionnaire Abdoulaye Sanoh, a indiqué que les autorités avaient déjà identifié d’autres zones à cibler. Il assure que l’opération ne se limitera pas au débarcadère de Boulbinet : « nous avons déjà ciblé toutes les zones criminogènes de Conakry et Grand Conakry. Donc, il faut savoir qu’à partir de la réquisition de Monsieur le Procureur, toutes les zones qui ont été ciblées, qui ont été enregistrées dans le cadre de la criminalité, la consommation de la drogue, des objets déjà interdits par la loi, seront tous traqués et les lieux où ces bandits habitent seront détruits, arrêtés et transmis devant la loi. »
Le responsable de la police précise également que les personnes interpellées seront présentées à la justice lorsque les éléments recueillis permettront d’établir les faits qui leur sont reprochés : « donc le procureur, tous ces gens qui seront arrêtés avec des preuves, seront devant le procureur de la République pour jugement. »
La justice insiste sur le respect des droits des personnes interpellées
Pour sa part, Djènè Cissé, substitut du procureur près le tribunal de première instance de Kaloum, a expliqué qu’elle avait été mandatée par le chef du parquet pour suivre les opérations sur le terrain : « en ce jour, Monsieur le Procureur de Kaloum, qui est notre chef de parquet, m’a mandatée à venir auprès de ces officiers qui sont aujourd’hui engagés dans la lutte pour démanteler les coins et les recoins de cet espace, pour vraiment traquer tout ce qui consomme les stupéfiants et tous les objets qui tendent à encourager la criminalité dans notre pays, les traquer, les mettre à la disposition de la justice. »
Après avoir observé le déroulement de l’intervention, elle a salué le travail des forces de sécurité, tout en rappelant la nécessité de respecter les droits des personnes arrêtées : « je suis venue, j’ai trouvé que le travail se fait très bien. Ils l’ont fait avec professionnalisme dans le cadre de la loi et des droits des citoyens. J’ai constaté aussi que toutes les personnes qui ont été interpellées, ces personnes étaient dans une situation vraiment difficile qui compromettait le respect de la loi dans notre pays. Donc, ces personnes sont présentement à notre disposition et les objets aussi retrouvés sur eux ont été saisis, inventoriés. J’ai donné les instructions à monsieur le commandant de la région ainsi qu’à la police de rassembler toutes les preuves, parce qu’il faudrait que leur droit soit respecté. C’est ça, nous sommes dans un pays de droit, il faudrait que leur droit soit respecté pour ne pas qu’il y ait des violations. »
Le maire de Kaloum demande la continuité de l’opération
Le maire de la commune de Kaloum, Aboubacar Bangoura, a salué l’initiative des autorités judiciaires et des forces de sécurité. Il souhaite que cette nouvelle intervention apporte des changements durables dans les zones concernées : « la décision du procureur est salutaire et aussi nous disons merci aux forces de sécurité et de défense et aussi à la DATU… Mais nous sommes là auprès d’eux, car cette action est vraiment dans le sens inscrit de l’amélioration de notre cadre de vie et principalement de nos zones d’activités économiques. Nous leur disons merci et nous les insérons juste de nous aider à ce que l’action soit pérenne parce que comme l’a dit le général tout à l’heure, c’est la énième fois. Donc nous voulons vraiment qu’ils prennent cette énième fois-là en compte et que ce qui est fait aujourd’hui, qu’on ne puisse plus revenir là-dessus, mais plutôt qu’elle soit améliorée. »
L’autorité communale affirme par ailleurs que des actions de sensibilisation ont été engagées auprès des responsables de quartier pour prévenir les occupations anarchiques : « nous avons échangé avec tout ce qui est force de l’ordre communale, où nous avons interpellé nos présidents de conseil de chaque quartier, ça fait au moins une semaine de cela qu’ils sont en train de sensibiliser tout le monde que tout ce qui est emprise ou tout ce qui est occupation anarchique doit être libéré et dégagé. Donc sur ce, nous sommes vraiment en parfaite harmonie et en parfait contact avec les forces de sécurité et de défense qui résident sur notre territoire. »
La DATU promet de poursuivre les déguerpissements
Le directeur national de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (DATU), Amadou Doumbouya, a annoncé que l’opération allait s’étendre à d’autres zones du Grand Conakry. Il a également prévenu que les personnes impliquées dans l’installation de ces espaces seraient recherchées : « aujourd’hui, c’est la relance de cette opération qui va s’étendre sur le Grand Conakry. Et comprenez une chose : cette fois-ci, nous ne serons pas cléments vis-à-vis de ces acteurs-là. Toutes les personnes qui sont mêlées de près ou de loin pour l’installation anarchique, non seulement de ces de ces nids de bandits-là, ils seront traqués, arrêtés et mis devant les faits accomplis. Donc, raison pour laquelle on va profiter de cette occasion pour assainir complètement Conakry. On veut vraiment changer l’image de notre capitale. Mais s’il faut vraiment laisser des occupations anarchiques comme ça, c’est pas normal. Donc, nous allons prendre cette fois-ci les dispositions nécessaires et quiconque viendra sur les endroits qu’on va déguerpir sera interpellé, ça c’est clair. »
Avec cette opération au débarcadère de Boulbinet, les autorités annoncent ainsi une nouvelle phase de lutte contre les lieux considérés comme criminogènes dans la capitale. Reste à savoir si les mesures annoncées permettront de mettre durablement fin aux activités signalées sur ces sites.
**Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com **
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- Length
- 1,535 words · 8 min read
- Published
- October 24, 2026
- Byline
- Abdoul Sylla
- Source
- Guinee7