Ferkessédougou, 1er sept 2026 (AIP) – Des habitants de plusieurs localités de la région du Tchologo ont appelé la Société de développement des forêts (SODEFOR) à renforcer sa collaboration avec les populations riveraines et à faire preuve de davantage de transparence dans les actions menées contre l’orpaillage illégal, au cours d’un micro-trottoir réalisé par l’AIP [...]
Ferkessédougou, 1er sept 2026 (AIP) – Des habitants de plusieurs localités de la région du Tchologo ont appelé la Société de développement des forêts (SODEFOR) à renforcer sa collaboration avec les populations riveraines et à faire preuve de davantage de transparence dans les actions menées contre l’orpaillage illégal, au cours d’un micro-trottoir réalisé par l’AIP dans la deuxième quinzaine d’août 2026.
Dans les villages de Kalakala Gbamga et Togonieré, dans le canton Palaka, département de Ferkessédougou, plusieurs habitants, dont Silué Abdoulaye et Yeniyaki O., ont estimé que les populations devraient être davantage associées aux opérations de lutte contre l’exploitation clandestine de l’or.
« Lorsque la gendarmerie nationale intervient pour traquer les orpailleurs, elle en profite pour sensibiliser les chefs de village et les jeunes afin de les amener à collaborer. La SODEFOR ne procède pas toujours ainsi, ce qui nourrit des interrogations », a déclaré Yeniyaki O.
Dans les sous-préfectures de Billimono et de Nafana, dans le département de Kong, d’autres habitants ont également exprimé leurs préoccupations face à la persistance de l’orpaillage clandestin dans certaines zones proches du parc national de la Comoé.
Bamori O., Mamadou S. et Affoussiata O. ont notamment indiqué que des villageois affirment apercevoir des orpailleurs en activité, parfois en présence d’agents de la SODEFOR, une situation qui, selon eux, entretient le doute sur l’efficacité de la lutte.
« Lorsque nos parents se rendent aux champs, ils rencontrent parfois des orpailleurs illégaux en pleine activité. Cela crée des interrogations dans les esprits sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce phénomène », a souligné Bamori O.
À Diawala, les populations interrogées ont, en revanche, salué les initiatives du sous-préfet Séverin Boatini, qui sensibilise les personnes intéressées par l’exploitation aurifère à se conformer à la réglementation et à s’organiser en coopératives pour exercer légalement.
Des habitants de Diawala et d’Ouangolodougou ont toutefois relevé que certains présumés orpailleurs interpellés par la SODEFOR seraient revenus dans les localités quelques jours après leur arrestation, sans que les populations ne disposent d’informations sur la suite des procédures.
Contacté par l’AIP pour recueillir sa réaction sur ces préoccupations et sur les relations avec les populations riveraines, le centre de gestion des forêts classées de la SODEFOR de Ferkessédougou, notamment le lieutenant Gbocho Nicaise, commandant de l’Unité de gestion forestière (UGF) de Nougbo, n’a pas souhaité se prononcer.
L’AIP avait également sollicité, le 19 août 2026, des explications auprès de la SODEFOR, après l’interpellation et le transfert à sa base de Ferkessédougou d’une vingtaine de présumés orpailleurs illégaux, notamment sur leur prise en charge, certains présentant des signes de malaise. Aucune réponse n’avait alors été apportée aux questions de l’agence et de la presse locale.
La région du Tchologo compte officiellement une vingtaine de sites d’orpaillage illégal, répartis entre plusieurs sous-préfectures des départements de Ferkessédougou, Kong et Ouangolodougou, notamment Togonieré, Billimono, Nafana, Sikolo, Diawala et Niellé, ainsi que dans des zones proches de la frontière ivoiro-burkinabè.
(AIP)
ki/cmas