- Eto'o sous pression : les associations font bloc

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ANFC, ACEEF et ACAAF publient un communiqué commun en soutien à Samuel Eto'o, dénonçant une "campagne de dénigrement". Analyse d'un bouclier stratégique.
Dans un contexte de crise de gouvernance et d'accusations de malversations, trois associations statutaires de la FECAFOOT font bloc derrière Samuel Eto'o. Un soutien qui en dit long sur l'état du football camerounais.
Trois associations. Un communiqué. Un seul nom : Samuel Eto'o Fils.
L'Association Nationale des Footballeurs du Cameroun (ANFC), l'Association Camerounaise des Entraîneurs et Éducateurs de Football (ACEEF) et l'Association Camerounaise des Arbitres et Arbitres Assistants de Football (ACAAF) ont publié, ce mois de septembre 2026, un texte commun pour exprimer leur « soutien indéf cfectible » au président de la FECAFOOT.
Elles dénoncent « une campagne de dénigrement, de désinformation et de diffamation ».
Derrière les mots, une réalité : le patron du football camerounais est sous pression. Et ses alliés le savent.
Un communiqué, trois signatures, un message clair
Le texte est court. Il tient en quelques lignes. Mais chaque mot semble pesé.
« Membres statutaires de la Fédération Camerounaise de Football, nous tenons à exprimer publiquement notre soutien indéfectible à M. Samuel Eto'o Fils, président de la FECAFOOT et à son Comité Exécutif », écrivent les trois présidents.
Lucien Mettomo pour l'ANFC. Michel Kaham pour l'ACEEF. Ebot Augustine pour l'ACAAF.
Trois anciennes figures du football camerounais. Trois hommes qui, chacun dans leur domaine, représentent les acteurs de base du jeu : les joueurs, les entraîneurs, les arbitres.
Leur message est double. D'abord, ils condamnent « avec la plus grande fermeté la campagne de dénigrement, de désinformation et de diffamation actuellement orchestrée contre le président Samuel Eto'o Fils, visant à ternir son honneur, à nuire à sa réputation et à fragiliser l'institution fédérale qu'il dirige avec engagement et détermination ».
Ensuite, ils réaffirment « notre soutien total, loyal et sans réserve au président Samuel Eto'o Fils, et réitérons notre confiance entière en sa vision, son leadership et son action en faveur de la réunification des acteurs du football, de la professionnalisation des compétitions, de la relance du football camerounais et de l'unité de la nation ».
Un soutien qui n'est pas seulement moral. Il est stratégique.
Pourquoi ce soutien intervient maintenant ?
Le timing n'est pas anodin.
Depuis plusieurs mois, Samuel Eto'o fait face à une pression croissante. En février 2026, la FECAFOOT a été secouée par de « graves allégations de mauvaise gestion financière » . Le club champion en titre, Colombe Sportive du Dja et Lobo, a révélé des dettes estimées à près de 200 millions de FCFA (environ 305 000 euros) .
Ces dettes comprennent des primes de victoire et des subventions impayées. La FECAFOOT n'aurait pas versé 50 millions de FCFA par compétition, y compris pour la Super Coupe 2025 et le Championnat 2025 . Le bonus de participation à la Ligue des Champions africaine reste également impayé .
Plus grave : les subventions de l'État, cruciales pour le fonctionnement des clubs, n'ont pas été reçues depuis quatre saisons .
Ces révélations ont mis Samuel Eto'o « sous une pression intense » . De nombreux critiques pointent « un manque de transparence dans la gestion financière » de la fédération .
À cela s'ajoutent les accusations liées au match amical contre la Russie en octobre 2023. Plusieurs médias européens ont rapporté qu'Eto'o faisait face à une plainte pour « mauvaise gestion présumée de fonds » liée à cette rencontre .
Eto'o a dénoncé une « attaque coordonnée ». « Il m'a suffi de prendre la parole pour défendre nos intérêts les intérêts de l'Afrique pour qu'ils sortent tous du bois », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux .
Le soutien des trois associations intervient dans ce contexte précis. Il ne s'agit pas d'un simple geste de courtoisie. C'est une opération de protection.
Les trois hommes derrière le communiqué
Qui sont Lucien Mettomo, Michel Kaham et Ebot Augustine ?
Lucien Mettomo est un ancien défenseur international camerounais. Il a porté le maillot des Lions Indomptables et a joué dans plusieurs clubs européens. Aujourd'hui, il préside l'ANFC, l'Association Nationale des Footballeurs du Cameroun . En 2024, son association a été adoubée par la FECAFOOT, remplaçant le SYNAFOC (Syndicat National des Footballeurs Camerounais) comme interlocuteur officiel des joueurs .
Michel Kaham est une figure historique du football camerounais. Ancien Lion Indomptable, ancien entraîneur de la sélection nationale, il préside l'ACEEF. Il s'est fait connaître ces dernières années pour ses prises de position tranchées, notamment contre l'ancien sélectionneur Marc Brys .
Ebot Augustine est un ancien arbitre international. Il a connu une carrière mouvementée, marquée par des suspensions en 2002 pour avoir falsifié un rapport de match, puis en 2005 pour « arbitrage partial » . Il préside aujourd'hui l'ACAAF, l'association des arbitres.
Ces trois hommes ont un point commun : ils ont été, à un moment ou un autre, en conflit avec les instances dirigeantes du football camerounais. Aujourd'hui, ils soutiennent celui qui dirige cette instance.
Le revirement est notable. Mais il s'explique.
Une recomposition syndicale au service du président
Le soutien des trois associations n'est pas un phénomène isolé. Il s'inscrit dans une recomposition plus large de l'écosystème syndical du football camerounais.
En novembre 2024, la FECAFOOT a officiellement reconnu l'ANFC de Lucien Mettomo, écartant le SYNAFOC historique . Ce changement n'est pas anodin. Le SYNAFOC était perçu comme un contre-pouvoir. L'ANFC, elle, est décrite comme ayant « gagné la confiance de la FECAFOOT » .
Le même phénomène s'observe à l'ACEEF et à l'ACAAF. Ces associations sont dirigées par des hommes qui, pour diverses raisons, ont trouvé un terrain d'entente avec le pouvoir fédéral.
En s'assurant l'alignement des joueurs, des entraîneurs et des arbitres, Samuel Eto'o envoie un signal fort : malgré les turbulences, il conserve le contrôle de ses troupes .
Le communiqué du mois de septembre n'est pas seulement un soutien. C'est une démonstration de force.
Ce que dit la CAF, ce que disent les critiques
Le soutien des associations ne fait pas disparaître les problèmes.
En janvier 2026, la CAF a infligé à Samuel Eto'o une suspension de quatre matchs et une amende de 20 000 dollars pour « mauvaise conduite » lors du quart de finale de la CAN contre le Maroc . Eto'o était accusé d'avoir manqué aux « statuts de loyauté, d'intégrité et d'esprit sportif » de la confédération .
Cette sanction a finalement été annulée par la commission d'appel de la CAF en août 2026 . La FECAFOOT a salué cette décision, y voyant la preuve de l'indépendance des instances judiciaires de la CAF .
Mais d'autres dossiers restent ouverts.
L'Association des Clubs de Football Amateur du Cameroun (ACFAC) multiplie les recours et les plaintes concernant des soupçons de détournements de fonds . Des critiques dénoncent un manque de transparence dans la gestion financière de la fédération .
Eto'o, lui, refuse le débat. En août 2026, face à ce qu'il qualifie d'« acharnement », il a choisi de sortir du silence pour défendre son bilan .
« Ceux qui passent leur temps à nous faire la leçon sur la démocratie semblent avoir beaucoup plus de mal à accepter qu'un Africain parle librement, défende ses convictions et refuse d'être réduit au silence », a-t-il déclaré .
Un soutien qui interroge l'avenir du football camerounais
Le communiqué des trois associations pose une question simple : que vaut un soutien quand il vient de ceux que l'on a placés ?
Les présidents de l'ANFC, de l'ACEEF et de l'ACAAF doivent-ils leur position à la FECAFOOT ? L'ANFC a été adoubée par la fédération . L'ACEEF et l'ACAAF ont des dirigeants qui ont trouvé des compromis avec le pouvoir.
Leur soutien est-il libre ? Ou est-il le prix de leur reconnaissance institutionnelle ?
La question est légitime. Elle ne remet pas en cause la sincérité de leur engagement. Elle interroge la nature d'un écosystème où les contre-pouvoirs semblent s'être transformés en relais.
Pour Samuel Eto'o, ce soutien est une bouffée d'oxygène. Il lui permet de dire à la CAF, à la FIFA et aux autorités camerounaises : le football camerounais est derrière moi.
Mais le football camerounais, ce ne sont pas seulement trois associations. Ce sont aussi des clubs qui n'ont pas reçu leurs subventions depuis quatre ans. Des joueurs qui attendent leurs primes. Des arbitres qui doutent de l'équité des compétitions.
Leur voix, pour l'instant, n'est pas dans le communiqué.
Pourquoi les associations soutiennent-elles Samuel Eto'o ?
Dans leur communiqué, l'ANFC, l'ACEEF et l'ACAAF dénoncent une « campagne de dénigrement, de désinformation et de diffamation » contre Samuel Eto'o. Elles réaffirment leur « confiance entière » en sa vision et son leadership. Ce soutien intervient alors que le président de la FECAFOOT fait face à des accusations de mauvaise gestion financière et à des dossiers judiciaires.
Quelles accusations pèsent sur Samuel Eto'o ?
Plusieurs dossiers. D'abord, une plainte pour « mauvaise gestion présumée de fonds » liée au match amical Cameroun-Russie d'octobre 2023, rapportée par des médias européens. Ensuite, des révélations sur des dettes de la FECAFOOT envers les clubs, estimées à près de 200 millions de FCFA. Enfin, des critiques récurrentes sur le manque de transparence de la gestion fédérale.
Qui sont les présidents de l'ANFC, l'ACEEF et l'ACAAF ?
L'ANFC est présidée par Lucien Mettomo, ancien défenseur international camerounais. L'ACEEF est présidée par Michel Kaham, ancien entraîneur des Lions Indomptables. L'ACAAF est présidée par Ebot Augustine, ancien arbitre international.
Samuel Eto'o est-il toujours président de la FECAFOOT ?
Oui. Samuel Eto'o a été réélu en novembre 2025 pour un nouveau mandat de quatre ans, jusqu'en 2029 . Malgré les critiques et les dossiers en cours, il conserve la direction de la fédération.
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About this article
- Length
- 1,607 words · 8 min read
- Published
- September 18, 2026
- Byline
- Toto Jacques
- Source
- Camer.be