Tortures sur Pape Abdoulaye Touré : Voici les quatre personnes arrêtées par les enquêteurs

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Après deux ans, depuis le dépôt de la plainte et plusieurs mois d’enquête, l’affaire Pape Abdoulaye Touré franchit un nouveau cap avec les premières arrestations. Les versions du plaignant et des mis en cause s’opposent, tandis que plusieurs noms restent en suspens.
Du nouveau dans l’affaire Pape Abdoulaye Touré. À la suite de la plainte qu’il avait déposée, le 9 septembre 2024, sous le mention 05868, auprès du procureur de la République près du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, lequel avait, dans le prolongement de cette démarche, saisi la Gendarmerie par un soit-transmis, les premières arrestations viennent d’intervenir. Deux vigiles employés chez Pape Malick Ndour, ainsi que deux agents du Coud, assistés par Me Takha Cissé, ont été placés en garde à vue.
Ils devraient être déférés au parquet de Dakar. Ouverte depuis plusieurs mois, l’enquête semble désormais avoir franchi un nouveau cap, après avoir parcouru les différentes étapes de la procédure, des auditions à la reconstitution des faits. Selon L’Observateur, cette dernière aurait notamment permis de préciser les circonstances dans lesquelles Pape Abdoulaye Touré aurait été arrêté.
Le rapport de la Gendarmerie et les maisons des autorités
Les éléments recueillis au cours de la reconstitution situeraient, en effet, l’interpellation dans le quartier où résidaient, à l’époque des faits, les ministres Mansour Faye et Pape Malick Ndour. Un poste de gendarmerie y avait également été installé, dans un contexte particulièrement explosif, marqué par des informations faisant état de personnes sillonnant les quartiers dans le but de brûler des maisons. Pour parer à cette menace, des hommes avaient été déployés afin d’assurer la surveillance et la sécurisation des lieux.
C’est précisément sur ce point que la défense entend porter le questionnement. Que faisait Pape Abdoulaye Touré à la Cité CPI, à cette heure de la nuit, alors qu’il déclarait, dans sa plainte, résider à Liberté 6 Extension ? Une interrogation qui prend une résonance particulière au regard du lieu, de l’heure et du dispositif sécuritaire alors déployé dans le secteur.
Selon les informations de L’Observateur, cette présence des forces de sécurité faisait notamment suite à un rapport de la Gendarmerie classant cette zone, où résidaient les deux ministres ainsi que la mère de la Première Dame, Marième Faye Sall, parmi les secteurs considérés comme à haut risque et nécessitant, à ce titre, une surveillance renforcée.
La version de Pape Abdoulaye Touré contestée
Mais, selon des informations exclusives de L’Observateur, les mis en cause, actuellement en garde à vue à la Section de recherches, ont, tout au long de l’enquête, catégoriquement réfuté les allégations formulées par Pape Abdoulaye Touré.
Du côté des vigiles employés chez Pape Malick Ndour, la ligne de défense est constante. Ils soutiennent que le ministre se trouvait, au moment des faits, sur le plateau de la SenTV pour participer à une émission. Ils expliquent également que, compte tenu du contexte particulièrement explosif de cette nuit-là, marqué par des informations faisant état de jeunes sillonnant les quartiers dans le but de mettre le feu aux domiciles de ministres, leur intervention s’était limitée à appréhender Pape Abdoulaye Touré avant de le remettre aux gendarmes en faction dans le quartier.
L’un des responsables de la sécurité du Coud, également interpellé dans le cadre de cette procédure, a, pour sa part, affirmé ne rien savoir des circonstances dans lesquelles Pape Abdoulaye Touré aurait été violenté. Selon les informations de L’Observateur, il n’était pas présent sur les lieux au moment des faits. Son implication serait partie d’un simple appel téléphonique au cours duquel il lui aurait été demandé si Pape Abdoulaye Touré était encore étudiant à l’Ucad. Il aurait répondu que, selon ses connaissances, ce n’était plus le cas.
« Chef Sow », le nom qui demeure en suspens
Mais, au-delà de ces premières auditions, le dossier demeure entouré de nombreuses zones d’ombre. Et certaines interrogations, loin d’être épuisées par les arrestations intervenues, demeurent entières. Qu’en sera-t-il des ministres Pape Malick Ndour et Antoine Diome, tous deux expressément cités dans la plainte ? Qu’en sera-t-il également du Général Moussa Fall, ancien haut responsable de la Gendarmerie nationale ? Et surtout, quel sera le sort réservé au fameux « Chef Sow », dont le nom apparaît au cœur du récit livré par le plaignant et qui, selon ce dernier, aurait fait partie des personnes impliquées dans les sévices, voire aurait été l’un des principaux auteurs des tortures qu’il affirme avoir subies, aux côtés d’autres gendarmes ?
Autant de questions auxquelles la suite de l’enquête devra apporter des réponses, alors que les premières arrestations viennent désormais donner une nouvelle dimension à une affaire dont les ramifications restent, à ce stade, loin d’être entièrement éclaircies.
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About this article
- Length
- 776 words · 4 min read
- Published
- September 18, 2026
- Byline
- Thierno Gueye
- Source
- Senenews