Edith Ada Essono, l’agricultrice qui honore le Gabon et mérite une ferme-école aux standards modernes
Il y a des trajectoires qui valent tous les discours. En marge du séjour de la Première Dame, Mme Zita Oligui Nguema, dans le Woleu-Ntem, un visage a surgi de la foule des anonymes pour incarner, à lui seul, la résilience de la femme rurale gabonaise. Celui de Mme Edith Ada Essono, épouse Eva. Native de Mebane Endama, sur la route de Minvoul, dans le canton Woleu, cette femme au foyer, mère de famille, mariée dans l’Okano, n’a rien d’une promotrice ordinaire. Loin des projecteurs et des facilités, c’est à la force du poignet et de la foi qu’elle a bâti, dans cette contrée septentrionale du Sud-Okano, deux outils de production qui forcent le respect : la Ferme-École de Nkar et la plantation d’Atoût.
Son engagement n’est pas une posture. Il est une démonstration. Celle d’une Gabonaise qui a compris que la terre ne trahit jamais ceux qui la travaillent avec intelligence et constance. Ses produits, cent pour cent bio, sont le fruit d’un labeur quotidien, d’une patience d’artisane et d’une exigence de qualité qui devrait servir de boussole à toute une génération. En choisissant de produire propre, elle ne se contente pas de nourrir sa famille : elle trace une voie, celle d’une agriculture souveraine, respectueuse des hommes et des sols, en parfaite résonance avec le plan de société du Président Brice Clotaire Oligui Nguema et l’autonomisation de la femme rurale qu’il appelle de ses vœux.
Mais c’est peut-être dans l’épreuve que son tempérament s’est révélé le plus éclatant. Suivant scrupuleusement le protocole officiel, cette battante a accepté un véritable périple, de Sam à Melen-Okasse, en passant par son village natal de Mebane Endama. Le mardi 22 septembre à Sam, le mercredi 23 à Mebane Endama, puis le vendredi 25 septembre 2026, jour de la grande foire agricole de Melen-Okasse, dans le canton Kyè, au Sud-Ouest d’Oyem. Trois jours sur les routes, sous une pluie battante, pour venir exposer le fruit de son labeur. Là où certains auraient renoncé, elle a tenu. Là où d’autres auraient invoqué les intempéries, elle a bravé les éléments. Ce périple n’est pas un simple déplacement : c’est un acte de foi envers sa terre, envers sa province, envers son pays.
En présentant une exposition inédite de produits issus de son exploitation, Edith Ada Essono n’a pas seulement fait valoir les capacités des groupements agricoles de l’Okano. Elle a prouvé, de la manière la plus éloquente qui soit, que la femme gabonaise et la femme rurale ne reculent devant aucun obstacle lorsqu’une opportunité se présente. Son geste s’inscrit dans l’esprit même de la visite de la Première Dame, venue encourager ces invisibles qui font la richesse du Gabon profond. Et si l’on cherche une leçon à tirer de son parcours, la voici : ce que femme veut, Dieu le veut. La détermination de Mme Eva née Edith Ada Essono devrait faire école dans le cadre de la lutte nationale contre le sous-développement.
Reste l’essentiel, ce que le regard de la Rédaction ne peut passer sous silence. Une telle initiative, privée, louable, exemplaire, mérite d’être soutenue au plus haut sommet de l’exécutif national. Non pas par simple charité, mais par stratégie de développement. Car ce que cette femme a réussi à faire avec des moyens limités, sous la pluie, sans logistique adaptée, elle pourrait le démultiplier avec un accompagnement à la hauteur de son ambition. Il est temps que l’État transforme la Ferme-École de Nkar en un véritable pôle d’excellence agricole, doté de tous les standards modernes : équipements techniques de pointe, matériels d’irrigation, unités de transformation, systèmes de stockage, mécanisation adaptée, formation structurée. Une ferme-école digne de ce nom, capable de former des générations d’exploitants compétitifs, de faire essaimer des fermes modèles dans tout l’Okano, puis dans l’ensemble du Woleu-Ntem, et pourquoi pas dans tout le Gabon.
Car l’enjeu dépasse le destin d’une femme. Il engage l’avenir d’une province, la souveraineté alimentaire d’une nation, la dignité d’une jeunesse qui cherche des raisons d’espérer dans son propre pays. L’agriculture n’est pas une roue de secours : c’est un moteur. Et les moteurs ont besoin de carburant. Soutenir Edith Ada Essono, c’est soutenir une vision. C’est investir dans la prolifération d’exploitations agricoles compétitives, créer des richesses locales, fixer les populations dans leurs terroirs, réduire la dépendance aux importations. C’est, en un mot, transformer une leçon de courage individuel en politique publique de développement.
Les décideurs savent ce qu’il leur reste à faire.
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- 760 words · 4 min read
- Published
- September 30, 2026
- Byline
- Jimmy MANDOUKOU
- Source
- Gabon Infos