Maputo : Combien coûtera le déplacement très limite des Lions et de la délégation sénégalaise ?
Après le coup de théâtre de la relocalisation du match Sénégal-Mozambique de Dakar vers Maputo, la question du financement de ce déplacement imprévu se pose. Si la Fédération sénégalaise de football n'a communiqué aucun chiffre officiel à ce stade, plusieurs précédents récents permettent d'esquisser l'ordre de grandeur de la facture qui attend les Lions. Le rebondissement a surpris jusqu'aux observateurs les plus avertis du football sénégalais. Annoncé pour se dérouler à Dakar, au stade Léopold

Après le coup de théâtre de la relocalisation du match Sénégal-Mozambique de Dakar vers Maputo, la question du financement de ce déplacement imprévu se pose. Si la Fédération sénégalaise de football n'a communiqué aucun chiffre officiel à ce stade, plusieurs précédents récents permettent d'esquisser l'ordre de grandeur de la facture qui attend les Lions. Le rebondissement a surpris jusqu'aux observateurs les plus avertis du football sénégalais. Annoncé pour se dérouler à Dakar, au stade Léopold Sédar Senghor, le match comptant pour la première journée des éliminatoires de la CAN 2027 entre le Sénégal et le Mozambique se jouera finalement à Maputo, le 25 septembre, au Stade national de Zimpeto — une bascule confirmée le 9 septembre par la Fédération mozambicaine de football et validée par la Confédération africaine de football. Officiellement, il ne s'agit pas d'une délocalisation mais d'une simple inversion de journées entre les deux sélections, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) Abdoulaye Fall ayant précisé que le Sénégal recevra à son tour le Mozambique en mars prochain, lors de la 5e journée. Reste que, dans l'immédiat, ce changement de dernière minute contraint la délégation sénégalaise à un déplacement en Afrique australe, à quelques jours seulement de la date initialement prévue — une configuration rarement synonyme d'économies.
Le vol charter, poste de dépense le plus lourd
Le premier poste, et généralement le plus coûteux, est celui du transport aérien. La FSF a pris l'habitude, pour les déplacements de l'équipe A, d'affréter des vols spéciaux plutôt que de recourir à des vols commerciaux classiques, notamment pour des raisons de calendrier et de confort logistique. Lors du retour du Mondial 2026 depuis les États-Unis, c'est ainsi le ministère de la Jeunesse et des Sports qui avait directement affrété un vol spécial pour rapatrier la délégation sénégalaise vers Dakar, illustrant le rôle central de l'État dans le financement de ces opérations logistiques. Pour un vol charter à destination de Maputo, ville sans liaison aérienne directe depuis Dakar et nécessitant généralement une escale via Johannesburg ou Addis-Abeba, le coût pourrait aisément se chiffrer en dizaines de millions de francs CFA, compte tenu de la distance, de la taille du groupe — joueurs, staff technique, encadrement médical, dirigeants fédéraux et parfois presse accréditée — et du délai de réservation resserré par ce changement de dernière minute. À ce coût de transport s'ajoutent les frais d'hébergement et de restauration de l'ensemble de la délégation sur place, ainsi que le versement des primes de match et des viatiques (indemnités journalières) dus aux joueurs et à l'encadrement technique pendant toute la durée du séjour à Maputo. Ces montants, rarement dévoilés dans le détail, ont par le passé donné lieu à des tensions entre la FSF et certains prestataires : en juillet dernier encore, un hôtel dakarois réclamait à la Fédération une facture de près de 25 millions de FCFA restée impayée après le séjour écourté de l'équipe nationale féminine, illustrant la sensibilité de ce type de dépenses dans la gestion courante de l'instance.
Un ordre de grandeur donné par les précédents comparables
Pour donner une idée de l'ampleur que peuvent atteindre ce type de déplacements, on peut se référer au coût d'un récent match amical organisé par le Sénégal contre le Pérou au Stade de France en mars dernier : selon une source fédérale citée par la presse sénégalaise, la FSF avait dû débourser 200 000 euros, soit plus de 131 millions de FCFA, pour l'organisation de cette seule rencontre — sans même compter les frais de transport et d'hébergement de la délégation sénégalaise à Paris, pris en charge séparément, portant le coût total de l'opération à près de 500 millions de FCFA. Si le contexte n'est pas strictement comparable — un match à
Maputo
pour une compétition officielle n'implique pas les mêmes frais d'organisation qu'un amical au Stade de France — cet exemple donne malgré tout la mesure de ce que peut représenter, pour la FSF, un déplacement international de l'équipe A une fois les billets, l'hébergement, les primes et la logistique additionnés. Le principal facteur aggravant, dans le cas précis du déplacement à Maputo, tient au calendrier extrêmement resserré dans lequel s'est décidée cette relocalisation, annoncée seulement une quinzaine de jours avant la rencontre. Les tarifs aériens, notoirement sensibles au délai de réservation, grimpent mécaniquement à l'approche de la date de départ — un simple billet commercial Paris-Maputo, à titre de comparaison, coûte en moyenne plus de 1 000 euros par personne selon les comparateurs de vols, un tarif qui ne prend pas en compte les surcoûts propres à l'affrètement d'un vol charter pour un groupe de plusieurs dizaines de personnes. Sans revalorisation budgétaire spécifique de la part du ministère des Sports pour compenser ce changement de dernière minute, la FSF pourrait donc se retrouver à devoir absorber une dépense sensiblement supérieure à ce qu'aurait coûté un simple déplacement classique programmé plusieurs mois à l'avance.
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- Length
- 813 words · 4 min read
- Published
- September 14, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews