Élections palestiniennes : Abbas reporte le scrutin à 2027, Paris lui demande de revenir sur sa décision
Le report au 11 septembre 2027 des élections palestiniennes provoque une vive réaction de Paris, qui appelle Mahmoud Abbas à respecter ses engagements démocratiques.

La France a vivement réagi, dimanche 11 octobre, à la décision du président palestinien Mahmoud Abbas de reporter les élections législatives et présidentielle au 11 septembre 2027. Pour Paris, ce nouveau report prive les Palestiniens de leur droit à l’expression démocratique et remet en question les engagements politiques pris par Ramallah dans le cadre de la reconnaissance de l’État de Palestine.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a signé, samedi 10 octobre, un décret annulant la tenue des élections législatives initialement fixées au 28 novembre 2026. Le nouveau texte convoque simultanément les élections législatives et présidentielle le 11 septembre 2027, repoussant un rendez-vous électoral attendu depuis deux décennies, selon l’agence officielle palestinienne WAFA.
President Abbas sets September 11, 2027, as date for simultaneous presidential and legislative electionshttps://t.co/p78rFbJtnc pic.twitter.com/8h5LWwxxBj
— WAFA News Agency – English (@WAFANewsEnglish)
October 10, 2026
Selon la présidence palestinienne, cette décision fait suite aux consultations menées avec les différentes factions politiques et à une délibération du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Ramallah invoque les obstacles imposés par Israël et la dégradation des conditions politiques et sécuritaires à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui empêcheraient l’organisation d’élections libres, équitables et inclusives.
Paris dénonce une nouvelle privation du droit de vote
Dans un communiqué publié dimanche 11 octobre, le ministère français des Affaires étrangères a regretté une décision qui, selon lui, « prive à nouveau le peuple palestinien du droit de s’exprimer démocratiquement par les urnes ».
#Palestine | Announcement of the postponement of Palestinian parliamentary and presidential elections pic.twitter.com/ILTZUGZcAo
— France Diplomacy (@francediplo_EN)
October 11, 2026
Le Quai d’Orsay appelle les autorités palestiniennes à revenir sur leur décision et à organiser rapidement les deux scrutins. Paris insiste sur la nécessité de renouveler la légitimité des institutions palestiniennes, considérée comme indispensable à la préservation de la solution à deux États.
Les engagements de Mahmoud Abbas envers Emmanuel Macron
La réaction française intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. En 2025, Mahmoud Abbas s’était engagé auprès d’Emmanuel Macron à organiser des élections, dans le cadre des discussions ayant accompagné la reconnaissance française de l’État de Palestine. Le 10 juillet 2026, Paris avait officiellement salué la fixation du calendrier électoral.
Le report avait été annoncé à la diplomatie française dès le 8 octobre, dans une lettre adressée au ministre Jean-Noël Barrot par le vice-président palestinien Hussein al-Sheikh, selon Reuters.
La France rappelle aujourd’hui que son soutien à la consolidation des institutions palestiniennes demeure lié au respect des engagements pris lors de la reconnaissance. Elle confirme également sa disponibilité pour accompagner l’organisation des scrutins, notamment à travers la mission d’observation électorale de l’Union européenne, lancée à sa demande.
Le dernier scrutin présidentiel palestinien remonte à 2005, tandis que les dernières législatives, remportées par le Hamas, se sont tenues en 2006. Le renouvellement démocratique des institutions palestiniennes constitue désormais un point de tension entre Paris et Ramallah, au moment où la France entend faire de la reconnaissance de l’État palestinien un levier de consolidation institutionnelle et de relance de la solution à deux États.
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- 512 words · 3 min read
- Published
- October 12, 2026
- Byline
- Rédaction
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- le1