
L'élection controversée de Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée nationale, obtenue avec 132 voix sur 165, a bouleversé l'équilibre des pouvoirs au Sénégal, renforçant la tension entre les institutions et rendant la dissolution parlementaire de plus en plus plausible. Article SeneNews Premium — contenu intégral réservé aux abonnés. S'abonner
La dissolution de l’Assemblée nationale n’est plus une simple hypothèse théorique dans le débat politique sénégalais. La rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, les affrontements institutionnels autour de la procédure parlementaire, les désaccords sur les finances publiques et l’incertitude sur les prochaines élections territoriales ont créé les conditions politiques d’un possible retour aux urnes. Mais un verrou juridique demeure : le président de la République ne pourra, en principe, dissoudre l’actuelle Assemblée qu’à partir du 2 décembre 2026.
Le scénario d’une dissolution doit d’abord être lu à la lumière du spectaculaire divorce entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. En mai, le chef de l’État a mis fin aux fonctions de son Premier ministre. Quelques jours plus tard, Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 165. Le rapport de forces s’est ainsi inversé : celui qui était le chef du gouvernement est devenu le patron d’un Parlement largement dominé par son parti, Pastef. Depuis, le Sénégal se retrouve avec un exécutif dirigé par Ahmadou Al Aminou Lô et un Parlement contrôlé par le camp politique dont Sonko est désormais la principale figure institutionnelle. Cette configuration crée une situation inédite : le président de la République dispose de l’exécutif, tandis que son ancien allié devenu rival contrôle l’institution chargée de voter les lois et de contrôler le gouvernement.
C’est précisément cette configuration qui peut rendre une dissolution politiquement attractive pour le chef de l’État : obtenir une nouvelle majorité parlementaire qui lui soit directement acquise, plutôt que de continuer à gouverner avec une Assemblée issue de l’ancien pacte politique Diomaye-Sonko.
Les tensions ne sont plus seulement politiques. Elles se manifestent désormais dans le fonctionnement quotidien des institutions. Le dernier épisode en date concerne la Déclaration de politique générale du Premier ministre. Le gouvernement avait souhaité qu’Ahmadou Al Aminou Lô présente sa DPG le 1er septembre. Mais le Bureau de l’Assemblée nationale a estimé que cette journée devait uniquement être consacrée à l’ouverture de la session extraordinaire, au constat du quorum et à la levée de la séance. Il a également reproché à l’exécutif une mauvaise interprétation des procédures parlementaires.
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