MINAT-MRC : le départ de Maurice Kamto a-t-il changé la donne ?
Le sous-préfet de Yaoundé IV a pris acte de la déclaration de réunion publique introduite par le MRC pour sa convention extraordinaire du 17 octobre 2026. Une décision qui contraste avec les précédents bras de fer entre le parti et l’administration autour de réunions devant conduire au retour ou au maintien de Maurice Kamto à […]

Le sous-préfet de Yaoundé IV a pris acte de la déclaration de réunion publique introduite par le MRC pour sa convention extraordinaire du 17 octobre 2026. Une décision qui contraste avec les précédents bras de fer entre le parti et l’administration autour de réunions devant conduire au retour ou au maintien de Maurice Kamto à sa tête.
Le récépissé délivré pour la convention extraordinaire du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) du 17 octobre n’est pas passé inaperçu. La rencontre prévue au siège du parti à Odza doit permettre d’élire une nouvelle direction, quelques semaines après la démission de Maurice Kamto de la présidence du parti.
Cette fois, la procédure administrative n’a pas débouché sur une interdiction. Le MRC avait adressé le 23 septembre sa déclaration au sous-préfet de Yaoundé IV, conformément à la loi du 19 décembre 1990 sur les réunions et manifestations publiques. La correspondance avait été réceptionnée le lendemain par les services de la sous-préfecture.
La situation fait réagir Arol Ketch. Le blogueur et archiviste y voit un contraste avec la période où Maurice Kamto était encore directement concerné par les conventions du parti. « C’est-à-dire que tant que Maurice Kamto, l’homme à abattre, n’est pas candidat, la convention peut se tenir », écrit-il avec ironie.
Cette interprétation appartient à Arol Ketch. Mais la succession des événements pose effectivement la question de l’évolution des rapports entre le MINAT-MRC depuis le retrait de Maurice Kamto.
Avec Maurice Kamto, plusieurs conventions au cœur d’un bras de fer
Le contraste apparaît lorsqu’on remonte à la fin de l’année 2025. Une convention extraordinaire du MRC devait initialement se tenir le 29 novembre au siège du parti à Odza. Elle avait été interdite par les autorités administratives locales. Le parti avait finalement organisé, le 21 décembre 2025, une convention par visioconférence au terme de laquelle Maurice Kamto avait été reconduit à la présidence nationale.
Mais le contentieux ne s’était pas arrêté là. Dans une correspondance du 19 août 2026, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait refusé de prendre acte des travaux de cette convention. Le MINAT invoquait les dispositions de la loi de 1990 relatives à la déclaration préalable des réunions publiques.
Le MRC contestait cette lecture. Ses responsables soutenaient notamment que les documents de la convention avaient été transmis au ministère à titre d’information et que la réunion, organisée en visioconférence, ne pouvait être appréciée de la même manière qu’un rassemblement physique soumis à déclaration auprès d’un sous-préfet.
Le désaccord dépassait donc la seule tenue d’une réunion. Il touchait directement à la reconnaissance de la direction issue de la convention de décembre 2025 et, par conséquent, à la position de Maurice Kamto à la tête du MRC.
Kamto part, la nouvelle convention obtient son récépissé
Le 8 septembre 2026, Maurice Kamto a finalement démissionné de ses fonctions de président national, avec effet immédiat, tout en restant membre du MRC. Son départ est intervenu après plusieurs mois de tensions entre le parti et le ministère de l’Administration territoriale autour de sa direction.
Trois semaines plus tard, le contexte est différent. La convention du 17 octobre n’a plus pour objet de reconduire Maurice Kamto, mais d’élire ses successeurs à la tête du parti. Et la déclaration introduite auprès du sous-préfet de Yaoundé IV a cette fois reçu un récépissé.
C’est cette succession d’événements qui nourrit aujourd’hui les interrogations. Le départ de Maurice Kamto a-t-il contribué à détendre les rapports entre MINAT-MRC ? Ou la différence tient-elle simplement aux conditions d’organisation et aux procédures administratives suivies pour la convention du 17 octobre ?
Les éléments disponibles ne permettent pas d’établir que le MINAT empêchait les précédentes conventions dans le but spécifique de faire obstacle à Maurice Kamto. Les autorités avaient avancé des motifs administratifs et juridiques pour justifier leurs décisions, tandis que le MRC les contestait.
Reste une chronologie qui alimente le débat : une convention destinée à reconduire Maurice Kamto avait été interdite dans sa forme initiale, celle finalement organisée à distance n’avait pas été reconnue par le MINAT, puis Maurice Kamto a quitté la présidence du parti. Désormais, une convention destinée à désigner la nouvelle direction peut se tenir après délivrance du récépissé administratif.
Le 17 octobre constituera ainsi une nouvelle étape pour le MRC, qui devra élire sa première direction nationale de l’après-Kamto.
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- 717 words · 4 min read
- Published
- September 29, 2026
- Byline
- Sidoine F.
- Source
- Le Bled Parle