Nigeria : La présidentielle de janvier 2027, un remake de mars 2023 ?
À quatre mois du scrutin, le décor de la présidentielle nigériane de janvier 2027 prend des airs de déjà-vu. L’organisme en charge des élections (Inec) a publié le 12 septembre 2026, une liste de 18 candidats retenus. Et le Président sortant Bola Ahmed Tinubu, du Congrès des progressistes (Apc), devrait retrouver face à lui les deux mêmes adversaires qu’en mars 2023 : Atiku Abubakar du Pdp et Peter Obi du Labour Party. Trois ans après une élection contestée et serrée, le pays s’a

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À quatre mois du scrutin, le décor de la présidentielle nigériane de janvier 2027 prend des airs de déjà-vu. L’organisme en charge des élections (Inec) a publié le 12 septembre 2026, une liste de 18 candidats retenus. Et le Président sortant Bola Ahmed Tinubu, du Congrès des progressistes (Apc), devrait retrouver face à lui les deux mêmes adversaires qu’en mars 2023 : Atiku Abubakar du Pdp et Peter Obi du Labour Party. Trois ans après une élection contestée et serrée, le pays s’apprête donc à rejouer la même partition politique.De cette liste, l’on note donc un trio de tête figé et des équilibres inchangés. Pour rappel, en 2023, Bola Tinubu l’avait emporté avec 36,6% des voix, devant Atiku Abubakar à 29,1% et Peter Obi à 25,4%. L’écart était faible et les recours devant les tribunaux n’avaient rien changé.Aujourd’hui, aucun des trois hommes ne semble prêt à céder la place. Côté Apc, le Président Tinubu joue la carte du bilan et de la continuité. Il met en avant les réformes économiques lancées dès 2023. Il s’agit notamment de la suppression de la subvention sur le carburant, de l’unification des taux de change, et de grands chantiers d’infrastructures. Le message est donc : "donnez-moi un second mandat pour récolter les fruits".En face, le Pdp mise à nouveau sur Atiku Abubakar. À 80 ans en 2027, l’ancien vice-Président reste le poids lourd du Nord et le candidat naturel de la principale force d’opposition. Il dénonce l’échec des réformes de Tinubu sur le pouvoir d’achat et promet un retour à des politiques plus sociales.Quant à Peter Obi, il capitalise sur le mouvement de la "jeunesse Obidient" qui avait surpris tout le monde en 2023. Très présent sur les réseaux sociaux, il se positionne comme l’alternative des classes moyennes urbaines, exaspérées par l’inflation et le chômage. Les mêmes lignes de fractureLe risque de répétition tient aussi à la géographie électorale. Le Nigeria vote encore largement par zones d’influence : le Sud-Ouest pour Tinubu et l’Apc, le Nord pour Atiku et le Pdp, le Sud-Est et une partie de la jeunesse urbaine pour Obi. Aucune grande coalition n’est venue rebattre les cartes depuis 2023. Les tentatives de rapprochement entre Pdp et Labour Party ont échoué, faute d’accord sur la candidature. Résultat : on se dirige vers une triangulaire où chacun conserve son fief, avec un vainqueur potentiel élu à moins de 40% comme en 2023.D’aucuns pensent que le contexte économique plus tendu pourrait influencer significativement le vote. Puisque l’inflation dépasse encore 20%, le Naira reste sous pression et la pauvreté s’est aggravée. C’est ce cocktail qui avait nourri la contestation après mars 2023. Les mêmes griefs pourraient donc ressortir, avec une population encore plus impatiente de résultats concrets.Pour sa part, la Commission électorale promet des améliorations techniques pour éviter les dysfonctionnements du serveur IReV qui avaient entaché le scrutin précédent. Mais la confiance reste fragile. L’enjeu pour l’Inec étant d’éviter une crise post-électorale.
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- Length
- 487 words · 2 min read
- Published
- September 13, 2026
- Byline
- aboubakar bamba
- Source
- Fratmat