Suspension du FSNC : Célestin Bedzigui, l’adjoint au maire de Monatélé, accuse le MINAT de renouer avec les méthodes coloniales et interpelle Paul Biya
La suspension des activités du Front pour le salut national du Cameroun fait réagir la classe politique. Cette fois, c’est Célestin Bedzigui qui prend publiquement position en faveur du parti d’Issa Tchiroma Bakary. Dans une longue tribune intitulée « L’interdiction du FSNC : un crime grave contre la démocratie qui pèsera lourd dans le jugement […]

La suspension des activités du Front pour le salut national du Cameroun fait réagir la classe politique. Cette fois, c’est Célestin Bedzigui qui prend publiquement position en faveur du parti d’Issa Tchiroma Bakary. Dans une longue tribune intitulée « L’interdiction du FSNC : un crime grave contre la démocratie qui pèsera lourd dans le jugement de l’Histoire », le président du PAL remet en cause aussi bien les motivations politiques que la légalité de la décision du ministère de l’Administration territoriale.
Pour le maire adjoint numéro 1 de Monatélé, cette suspension ne saurait être considérée comme une simple sanction administrative. Il y voit une remise en cause des libertés politiques acquises avec le retour du multipartisme au Cameroun en 1990. « Ce n’est pas une simple décision administrative. Ce n’est pas un incident de parcours. C’est un acte fondateur d’une régression autoritaire assumée », écrit-il.
Une comparaison avec l’interdiction de l’UPC sous la colonisation
Célestin Bedzigui établit un parallèle entre la mesure visant le FSNC et l’interdiction de l’Union des populations du Cameroun (UPC) par l’administration coloniale française en 1955. À ses yeux, les deux décisions traduisent une même volonté de limiter l’expression d’une opposition politique. Il rappelle que l’UPC avait été interdite alors qu’elle revendiquait l’indépendance et la réunification du Cameroun.
« Qu’aujourd’hui, en 2026, sous un régime qui se prétend républicain, le ministère de l’Administration territoriale prenne une mesure identique contre le FSNC, c’est un pur naufrage de la morale républicaine », affirme-t-il.
Cette comparaison historique relève de l’analyse politique de Célestin Bedzigui. Les circonstances et les cadres juridiques des deux décisions demeurent distincts. Le responsable politique estime par ailleurs que la suspension du FSNC affecte directement les militants et sympathisants d’une formation ayant participé à la dernière élection présidentielle. Il considère qu’une telle mesure risque d’affaiblir le pluralisme politique, particulièrement à l’approche des prochaines échéances électorales.
Célestin Bedzigui conteste la légalité de la suspension
Au-delà de sa critique politique, le président du PAL développe un argumentaire juridique contre la décision du MINAT. Il invoque la Constitution camerounaise et la loi n° 90/056 du 19 décembre 1990 relative aux partis politiques. Selon son interprétation, une mesure aussi importante que la suspension des activités d’un parti devrait relever du contrôle d’une juridiction et non de la seule appréciation de l’administration.
Il conteste également les motifs évoqués par le ministère, notamment les accusations d’atteinte à la sûreté de l’État, de discours haineux et d’incitation à la rébellion. Pour Célestin Bedzigui, si de tels faits sont reprochés au FSNC, ils devraient être examinés dans le cadre d’une procédure judiciaire permettant au parti de présenter sa défense. « Un ministre de l’Administration, par définition, administre le territoire, il n’administre pas les opinions », soutient-il.
Célestin Bedzigui s’adresse enfin directement au chef de l’État. Il appelle Paul Biya à demander au ministère de l’Administration territoriale de revenir sur sa décision, estimant qu’un tel geste permettrait de préserver les acquis démocratiques du pays. « Il est encore temps pour le Chef de l’État de demander au MINAT de rapporter son arrêté illégal », écrit-il. Le président du PAL conclut sa tribune en avertissant que cette suspension pourrait constituer, selon lui, un précédent préoccupant pour l’ensemble des formations politiques camerounaises, au-delà du seul FSNC.
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- 544 words · 3 min read
- Published
- November 3, 2026
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- Source
- Le Bled Parle