NAPEC 2026 : pour conjuguer sécurité, compétitivité et décarbonation: L’Algérie mise sur l’addition énergétique
La nouvelle édition du Salon et Conférence de l’énergie et hydrogène de l’Afrique du nord (NAPEC) met l’accent sur les mutations que connaît le secteur énergétique et les défis liés à l’évolution du mix énergétique. Par Fatima Arab La manifestation qui se déroule à Oran jusqu’au 7 Octobre, constitue un espace de réflexion autour des […]
La nouvelle édition du Salon et Conférence de l’énergie et hydrogène de l’Afrique du nord (NAPEC) met l’accent
sur les mutations que connaît le secteur énergétique et les défis liés à l’évolution du mix énergétique.
Par Fatima Arab
La manifestation qui se déroule à Oran jusqu’au 7 Octobre, constitue un espace de réflexion autour des moyens de concilier la sécurité des approvisionnements, l’accessibilité de l’énergie et la réduction des émissions de carbone.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a souligné que l’organisation de cette édition intervient dans un contexte international marqué par de profondes transformations et une reconfiguration continue des systèmes énergétiques, «sur fond de tensions géopolitiques, de volatilité des marchés, de sensibilité des voies maritimes, de contraintes de financement et d’exigences environnementales croissantes». Le ministre a expliqué que le concept d’«addition énergétique» ne consiste pas à opposer les différentes sources d’énergie les unes aux autres, mais plutôt à construire des systèmes énergétiques plus flexibles, plus efficaces et moins carbonés, capables à la fois de répondre aux besoins de développement et d’industrialisation, d’élargir l’accès à l’énergie et de renforcer la compétitivité. Dans ce cadre, il a affirmé que l’Algérie adopte une approche «réaliste, progressive et responsable de la transition énergétique», fondée sur la maîtrise technologique et la conciliation entre les impératifs de la transition énergétique, la garantie de la sécurité des approvisionnements et le développement économique et social. Il a souligné que cette démarche ne signifie pas l’abandon des ressources en hydrocarbures, notamment du gaz naturel qui, compte tenu de son efficacité et de son rôle dans la flexibilité des systèmes énergétiques, «demeure une source essentielle et un combustible de transition majeur». Mohamed Arkab a indiqué que l’Algérie poursuit la valorisation responsable et durable de ses ressources en hydrocarbures et renforce sa position en tant que fournisseur d’énergie fiable et plateforme énergétique et industrielle reliant l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, en tirant parti de sa position géographique, de ses infrastructures, de ses capacités industrielles et de son expérience opérationnelle. Il a également confirmé la poursuite du développement et de la modernisation du secteur des Hydrocarbures, à travers l’intensification des investissements dans les infrastructures pétrolières et gazières, l’augmentation des capacités de production et de stockage, l’élargissement de la base des réserves, le renforcement des capacités de transport et l’amélioration de la valorisation des ressources nationales. Dans ce contexte, le ministre a mis en avant l’importance de la loi n° 19-13 relative aux hydrocarbures, considérée comme offrant un cadre incitatif à l’investissement dans les domaines de la recherche, de l’exploration et de la production, ainsi qu’à
l’adoption des technologies modernes. Il a indiqué que l’«Algeria Bid Round 2026» constitue une étape importante pour ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement et de partenariat, avec l’avancement vers la phase de présentation des offres en janvier 2027 et la signature des contrats en mars 2027. Il a également mis en évidence le rôle central du Groupe Sonatrach dans la mise en œuvre d’un programme intensif de développement et de modernisation, notamment dans le domaine de l’amont, du renouvellement des réserves, de
l’amélioration de l’exploitation des gisements matures, du renforcement des capacités de transport, de la valorisation des hydrocarbures et de l’intégration industrielle. Il a affirmé que le partenariat technique et technologique, le transfert de technologies et le développement des compétences nationales constituent des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité de l’industrie énergétique. Dans ce cadre, il a souligné que «NAPEC 2026» reflète ces priorités à travers l’accent mis sur la récupération assistée des hydrocarbures, la numérisation, l’intelligence artificielle, l’automatisation, la maintenance prédictive, la sécurité des installations, l’efficacité énergétique et le transfert de technologies, ainsi que sur le développement de solutions bas carbone, la réduction des émissions de méthane et la limitation du torchage du gaz.
Le ministre a également abordé l’importance du développement des infrastructures et du renforcement des interconnexions entre les espaces énergétiques. Il a notamment mis en avant le projet de gazoduc transsaharien (TSGP), qui s’inscrit dans la vision de l’Algérie visant à renforcer son rôle de plateforme régionale reliant les ressources africaines aux marchés méditerranéens et européens.
Il a expliqué que le projet ne constitue pas seulement un corridor de transport de gaz, mais revêt également une dimension africaine liée à la valorisation des ressources, au renforcement de l’intégration continentale, au développement des infrastructures et à l’élargissement de l’accès à l’énergie. Il a fait état des avancées enregistrées dans les études techniques et économiques ainsi que du lancement, en juin 2026, des travaux relatifs au tronçon algérien dans la région d’Aoulef, dans la wilaya d’Adrar, à la suite de la cinquième réunion ministérielle consacrée au projet.
Dans le domaine de la réduction des émissions, Mohamed Arkab a affirmé que l’Algérie accorde, à travers Sonatrach, une importance croissante à
l’amélioration de l’efficacité énergétique, à la réduction des émissions et à la mesure de la performance climatique. Il a indiqué que l’objectif est de mettre fin au torchage routinier du gaz à l’horizon 2030 et d’atteindre, à la même échéance, des niveaux proches de zéro en matière
d’émissions de méthane.
Il a, à cet égard, mis en avant une réduction de 25 % des volumes de gaz torché, ainsi que la récupération de plus d’un milliard de mètres cubes de gaz associé, en plus de la mise en œuvre de programmes de détection et de réparation des fuites et de mécanismes de mesure, de déclaration et de vérification.
Il a également évoqué le programme de reboisement mis en œuvre par Sonatrach, qui prévoit la plantation de plus de 420 millions d’arbres sur dix ans, contribuant ainsi au soutien au développement local et à la création d’emplois.
Le ministre a, par ailleurs, souligné l’importance du lien entre la sécurité énergétique, la sécurité hydrique et le développement industriel, indiquant que l’Algérie poursuit le renforcement de ses capacités de dessalement de l’eau de mer et l’amélioration de la coordination entre les politiques de l’eau, de l’énergie, de l’industrie et des infrastructures. Cette démarche contribue à renforcer la résilience nationale et à ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement dans les équipements, l’ingénierie et les solutions technologiques.
A travers son programme de conférences et de panels, le NAPEC réunit des professionnels et des acteurs du secteur autour des principales problématiques qui façonnent aujourd’hui l’avenir de l’industrie énergétique. La transition énergétique et la décarbonation figurent ainsi parmi les principaux thèmes abordés, aux côtés de l’efficacité énergétique, de l’hydrogène et des différentes sources d’énergie à faibles émissions de carbone. Les discussions portent également sur les perspectives de développement des interconnexions énergétiques, considérées comme un levier susceptible de renforcer les échanges et la complémentarité entre les différents marchés. Cette dimension ouvre également des perspectives de coopération entre les régions productrices et consommatrices d’énergie, dans un contexte marqué par une évolution des besoins et des équilibres énergétiques.
Parallèlement aux conférences et aux panels, l’exposition du NAPEC offre aux professionnels une plateforme destinée à présenter leurs technologies, produits et services. Elle permet également aux différents acteurs du secteur de partager leurs expériences et de mettre en avant les solutions développées pour répondre aux nouvelles exigences de l’industrie énergétique.
F. A.
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- 1,180 words · 6 min read
- Published
- October 5, 2026
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- Source
- Le jour d'Algérie