
Le calme est revenu dimanche 30 août à Niamey, au lendemain d’une mutinerie impliquant des soldats des Forces spéciales. Les militaires rebelles avaient tenté de s’emparer du palais présidentiel et de la télévision nationale avant de se retrancher dans une base militaire située près de l’aéroport. Les forces loyalistes ont finalement repris le contrôle de la situation après des affrontements. La capitale reste toutefois fortement quadrillée, avec des pick-up équipés de mitrailleuses, des barbelés et des contrôles renforcés aux principaux points d’accès. Une partie des mutins avait accepté de se rendre après plusieurs heures de tractations. Les autres ont été délogés lors d’un assaut mené par la garde présidentielle du général Abdourahamane Tiani, appuyée par des véhicules blindés et, selon RFI, par des forces russes d’Africa Corps ayant notamment utilisé des drones. Des images diffusées samedi soir par la télévision nationale montraient près d’une centaine de militaires prisonniers, certains blessés. De nouvelles arrestations ont également eu lieu dans la nuit. Au moins dix personnes ont été interpellées, tandis qu’aucun bilan officiel des morts et des blessés n’a encore été communiqué. Présenté initialement par le ministre de la Défense Salifou Mody comme un simple « mouvement d’humeur », le soulèvement pourrait traduire un malaise plus profond au sein de l’armée. Les mutins étaient principalement de jeunes officiers issus des Forces spéciales, engagées en première ligne contre les groupes djihadistes dans les régions de Tillabéri et de Dosso. Selon des analystes, ces unités expriment depuis plusieurs mois leur frustration face aux lourdes pertes subies dans les opérations antiterroristes. L’Alliance des États du
Sahel
a dénoncé une « entreprise de déstabilisation », affirmant que la tentative avait été mise en échec.