
Le bras de fer entre le MRC et le ministère de l’Administration territoriale prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué signé le 26 août 2026 par Roger Justin Noah, secrétaire national à la Communication par intérim, le parti de Maurice Kamto rejette fermement la position exprimée par le Minat dans une lettre adressée à Joseph Thierry Okala Ebodé. Cette correspondance, datée du 19 août, indiquait que le ministère « n’a pas jugé opportun de prendre acte des travaux de la convention extraordinaire du MRC du 21 décembre 2025 ». Ce document vient remettre en cause la reconnaissance administrative de la rencontre qui avait porté Maurice Kamto à la présidence du parti, quelques mois après sa démission et sa tentative d’aller à la présidentielle de 2025 sous la bannière du Manidem.
Dans sa réaction, le MRC estime que cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large visant à fragiliser la principale formation de l’opposition. « Trop, c’est trop ! », lance le parti dès l’entame de son communiqué. Selon le MRC, celui-ci traverse « une période marquée par des manœuvres visant à l’affaiblir, à semer la confusion dans ses rangs et ainsi dérailler sa préparation sereine des prochaines élections municipales et législatives ».
Le parti affirme que l’objectif poursuivi serait de faire croire à une victoire annoncée du RDPC. *« L’un des objectifs est d’asseoir dans l’opinion l’illusion d’une large victoire à venir du RDPC sur tapis vert. Cela n’arrivera pas *», écrit-il.
Le MRC remet également en cause la qualité du requérant à l’origine de la saisine du ministère. Le parti souligne que Joseph Thierry Okala Ebodé était déjà exclu de ses rangs lorsqu’il a contesté la convention extraordinaire. « Cette correspondance administrative, qui s’appuie sur une contestation initiée par un ancien membre – en tant qu’il était déjà exclu du parti – est une tentative de déstabilisation que nous dénonçons fermement », affirme le communiqué.
Malgré cette nouvelle polémique, la direction du MRC appelle ses militants à poursuivre normalement les préparatifs des prochaines échéances électorales. « Toutes les structures du parti à travers le pays et la diaspora doivent poursuivre sereinement la préparation des élections législatives et municipales à venir », insiste le texte.
Le parti estime que les attaques dont il fait l’objet traduisent une inquiétude du pouvoir face à son poids politique. « Tout observateur objectif peut constater que politiquement le régime-RDPC a une peur panique du MRC », soutient le communiqué, qui décrit le pouvoir comme un « régime incompétent, tribaliste et corrompu dans l’impunité ».
En conclusion, le parti adresse un message de fermeté à ses militants comme à ses adversaires politiques. « Le MRC ne laissera pas le groupe qui contrôle le pouvoir dans notre pays continuer impunément à provoquer les Camerounais », affirme Roger Justin Noah. Avant de conclure par une formule sans équivoque : « Qu’on se le tienne pour dit : le MRC ne reculera pas ! »
Depuis plusieurs mois, d’anciens responsables du parti, parmi lesquels Joseph Thierry Okala Ebodé et Willy Mengue, contestent la régularité de la convention extraordinaire de décembre 2025 devant les juridictions compétentes. La prise de position du Minat et la réplique du MRC ouvrent ainsi un nouveau chapitre dans un contentieux aux implications à la fois politiques, administratives et judiciaires.
Follow the story