A chaque édition, le Grand Prix de SM le Roi de Tbourida reste le moment que tout le monde attend
Entretien avec Dr. El Habib Marzak, commissaire du Salon du cheval d’El Jadida Patrimoine : Le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de Tbourida, qui se tiendra lors de la17ème édition du Salon du cheval d’El Jadida du 13 au 18 octobre, mettra à l’honneur l’une des plus prestigieuses traditions équestres du […]
Entretien avec Dr. El Habib Marzak, commissaire du Salon du cheval d’El Jadida
Patrimoine : Le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de Tbourida, qui se tiendra lors de la17ème édition du Salon du cheval d’El Jadida du 13 au 18 octobre, mettra à l’honneur l’une des plus prestigieuses traditions équestres du Maroc. Pendant cinq jours, les meilleures sorbas nationales s’affronteront dans une compétition où excellence, discipline et transmission du patrimoine seront au cœur de chaque prestation. Dr. El Habib Marzak, commissaire du Salon du cheval d’El Jadida, nous en dit plus dans un entretien accordé à ALM.
ALM : Pourquoi la Tbourida occupe-t-elle une place aussi centrale dans le programme du Salon du cheval d’El Jadida ?
El Habib Marzak : Parce qu’elle raconte, mieux que n’importe quelle autre discipline du Salon, notre rapport au cheval. L’Unesco l’a inscrite en 2021 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, et ce n’est pas un hasard : c’est un art collectif, transmis de père en fils, de moqadem en jeune cavalier, depuis des générations. Cette année, notre thème «Le cheval au service de l’humain» trouve d’ailleurs tout son sens à travers elle. A chaque édition, le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI reste le moment que tout le monde attend.
Comment se déroule la préparation d’une Sorba dans les jours précédant son entrée en piste ?
C’est un travail de longue haleine qui se resserre dans les derniers jours. Le moqadem passe et repasse la formation avec ses cavaliers, jusqu’à ce que l’alignement soit parfait et que le galop de tous les chevaux se synchronise naturellement. La décharge de baroud, elle, doit partir à la même fraction de seconde pour tout le monde, c’est ce qui demande le plus de répétitions. On vérifie aussi les tenues, les harnachements, l’état des montures. Rien n’est laissé au hasard, et c’est justement cette rigueur collective qui fait la beauté du spectacle.
Quels sont les critères qui font une Sorba d’exception : synchronisation, tenue, monture, geste ?
Le jury évalue plusieurs paramètres en même temps. D’abord l’alignement et la discipline du groupe, ensuite l’harmonie du galop, les chevaux doivent avancer comme un seul corps aux ordres du moqadem jouant avec leurs fusils le rituel propre à leur région. Il y a bien sûr la précision de la décharge, qui doit être unique. Et puis il y a tout ce qu’on voit moins au premier regard : l’authenticité et la qualité du costume, de l’harnachement, la santé et l’allure des chevaux. Une bonne Sorba, c’est un groupe où plus personne ne se distingue individuellement.
En quoi cette discipline reflète-t-elle un pan de l’identité équestre marocaine ?
La Tbourida vient d’un art martial ancien, avant de devenir le spectacle codifié qu’on connaît aujourd’hui. Elle porte des valeurs qu’on retrouve un peu partout dans notre culture : la discipline, le respect de la hiérarchie, le sens du collectif avant l’exploit individuel. Et puis il y a l’esthétique, les costumes, les harnachements, les chants qui accompagnent parfois les Sorbas. C’est une discipline qui parle autant du cheval que de nous.
Quel est l’impact de cette visibilité sur la préservation et la valorisation de la discipline ?
Plus on montre la Tbourida, plus elle vit. Cette année, nos partenaires médias ont encore renforcé leur dispositif, avec notamment de nouveaux moyens de captation aérienne, et ça change vraiment la façon dont le public perçoit la précision du geste collectif. Ça encourage aussi de nouvelles Sorbas à se former dans les régions, et ça fait vivre tout un artisanat autour du harnachement et de la sellerie traditionnelle. C’est ainsi qu’on transmet cet art aux jeunes générations, en le montrant.
Quelles nouveautés ou temps forts sont prévus autour du Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour cette 17ème édition ?
Le Grand Prix de Tbourida reste le cœur battant de notre programmation : sur cinq jours, il réunit les meilleures Sorbas du Royaume dans une compétition qui a fait la réputation du Salon. Cette année, nous avons surtout voulu mieux le donner à voir, avec une couverture audiovisuelle renforcée, pour que le public à distance ressente la précision de ce moment collectif presque aussi intensément que ceux qui sont dans les tribunes.
Mais le Salon n’organise pas que la Tbourida : il accueille également d’autres rendez-vous qui se sont imposés sur la scène internationale, à commencer par le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de saut d’obstacles, qui devient cette année une épreuve CSI5*-W, le plus haut niveau international. Il est la grande finale du Morocco Royal Tour, qui clôture ainsi son circuit sur nos pistes après les étapes de Tétouan et de Rabat. À cela s’ajoutent des compétitions de haut niveau dans d’autres disciplines équestres. Autant dire qu’il y en a pour tous les publics, du plus attaché à la tradition au plus passionné de sport international.
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- 829 words · 4 min read
- Published
- October 2, 2026
- Byline
- ALM
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- Aujourd'hui