Sénégal : les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme sur la dépendance aux médicaments importés
Réunis à Saly pour la 5e édition des Journées du médicament, les pharmaciens sénégalais appellent à développer la production pharmaceutique locale et à sou L’article Sénégal : les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme sur la dépendance aux médicaments importés est apparu en premier sur Les Afriques .
La question n’est pas nouvelle, mais elle reste entière : le Sénégal produit peu de médicaments qu’il consomme. Réunis vendredi à Saly, dans la région de Mbour, à l’occasion de la cinquième édition des Journées du médicament, les pharmaciens privés sénégalais ont mis ce constat au cœur de leurs échanges, plaidant pour un changement de cap structurel dans la politique pharmaceutique nationale.
Un secteur encore tributaire de l’extérieur
L’ouverture de ces journées, organisées par le Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (SPPS), a été l’occasion de rappeler une réalité persistante : la forte dépendance du pays aux importations de médicaments. Sans chiffre précis avancé dans les interventions relayées, la tendance est bien documentée à l’échelle du continent — la majorité des pays africains importent entre 70 % et 90 % de leurs besoins en médicaments, selon diverses estimations régionales. Le Sénégal ne fait pas exception.
Les pharmaciens présents ont appelé à renforcer la production locale et à améliorer l’accompagnement des industriels nationaux du médicament. Derrière cet appel se profile un enjeu de souveraineté sanitaire : toute rupture dans les chaînes d’approvisionnement mondiales — comme l’a illustré la pandémie de Covid-19 — expose directement les populations à des pénuries difficiles à absorber.
Des ambitions qui buttent sur des contraintes structurelles
La volonté de développer une industrie pharmaceutique locale n’est pas absente des agendas politiques africains. Plusieurs pays de la région — dont le Maroc, la Tunisie et dans une moindre mesure le Ghana — ont engagé des stratégies de montée en gamme industrielle dans ce secteur. Le Sénégal dispose d’un tissu industriel embryonnaire, mais les conditions de sa consolidation restent à préciser : accès au financement, transfert de technologie, cadre réglementaire incitatif, marchés publics orientés vers la production nationale.
C’est précisément sur ce terrain que le communiqué reste silencieux. Les journées du SPPS ont posé le diagnostic, mais les mesures concrètes réclamées aux pouvoirs publics — fiscalité, commande publique, partenariats industriels — n’ont pas été détaillées dans les éléments disponibles. La question de savoir si le gouvernement sera associé à ces travaux, et à quel niveau, reste ouverte.
Un rendez-vous professionnel à portée politique
La cinquième édition des Journées du médicament s’inscrit dans une séquence où la souveraineté pharmaceutique est devenue un argument politique récurrent sur le continent. L’Union africaine a fixé l’objectif de produire localement 60 % des vaccins consommés en Afrique d’ici 2040. Le médicament générique, la biothérapie, la régulation des prix — autant de chantiers qui appellent une coordination entre professionnels de santé, État et investisseurs privés.
En choisissant ce thème pour leur grand rendez-vous annuel, les pharmaciens privés sénégalais envoient un signal : ils entendent peser dans le débat sur la politique du médicament, au-delà de leur rôle de dispensateurs. Reste à savoir si cet appel sera traduit en propositions législatives ou réglementaires concrètes dans les mois à venir.
Source : APS (Agence de presse sénégalaise), juin 2025
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- 554 words · 3 min read
- Published
- October 4, 2026
- Byline
- Moussa D.
- Source
- Les Afriques