
En dix jours, 1 269 kg de khat, une plante contenant des substances prohibées aux États-Unis, ont été découverts dans les bagages de voyageurs dans trois aéroports américains : Baltimore-Washington, Washington-Dulles et Chicago-O’Hare. À ce stade, rien ne permet d’affirmer que les personnes arrêtées sont de nationalité sénégalaise. Les autorités américaines ont toutefois confirmé que 1 103 kg étaient formellement liés à des voyages commencés au Sénégal, tandis que plusieurs indices convergent ve
En dix jours, 1 269 kg de khat, une plante contenant des substances prohibées aux États-Unis, ont été découverts dans les bagages de voyageurs dans trois aéroports américains : Baltimore-Washington, Washington-Dulles et Chicago-O’Hare. À ce stade, rien ne permet d’affirmer que les personnes arrêtées sont de nationalité sénégalaise. Les autorités américaines ont toutefois confirmé que 1 103 kg étaient formellement liés à des voyages commencés au Sénégal, tandis que plusieurs indices convergent vers New York. Comment plus d’une tonne de khat a-t-elle pu quitter le Sénégal sans être interceptée ? La question est d’autant plus intrigante que les cargaisons, réparties dans plusieurs dizaines de valises, ont transité par l’Europe avant d’arriver aux États-Unis. Les récentes saisies de khat aux États-Unis, en provenance de Dakar, commencent dans l’État du Maryland où, le 11 août 2026, cinq sacs de voyage étaient restés sur le tapis à bagages de l’aéroport de Baltimore-Washington. Aucun propriétaire ne les avait réclamés. À l’intérieur, les agents américains découvrent des bottes de feuilles enveloppées dans du plastique : 150 kg de khat. Le voyageur avait déjà franchi les contrôles. Son nom figurait sur les étiquettes, mais les autorités ne parvenaient pas immédiatement à le retrouver. Le lendemain, un sixième bagage retardé, appartenant au même voyageur, arrive à Baltimore. Il contient 37 kg supplémentaires, portant le total à 187 kg. Les services douaniers américains ont ensuite indiqué que le voyage avait commencé au
Sénégal
, avec une escale à Londres, avant l’arrivée des bagages à Baltimore. Le 13 août, la scène se répète, mais avec des quantités plus importantes. Deux citoyens américains résidant à New York se présentent au même aéroport avec douze bagages, six chacun. Les douaniers y découvrent 384 kg de khat. Selon un responsable local du CBP, leur voyage avait également commencé au Sénégal avant une correspondance au Royaume-Uni. Les deux hommes sont appréhendés, puis relâchés pendant la poursuite de l’enquête. Le 14 août, l’alerte se déplace vers l’aéroport de Dulles, en Virginie, où Mohamed Diawara, 25 ans, également résident de New York, descend d’un vol en provenance de Paris, avec huit valises. Elles contiennent 167 kg de khat. Cette fois, le voyageur est arrêté. Une publication locale, se référant aux premières pièces judiciaires, rapporte qu’il aurait reçu les bagages au Sénégal avant de faire escale à Paris. Diawara aurait déclaré avoir accepté de transporter les bagages contre la promesse d’un paiement. Cinq jours plus tard, le même scénario réapparaît à Chicago. Le 19 août, deux voyageurs arrivant du Sénégal atterrissent à l’aéroport international de Chicago-O’Hare. Selon la CBP, leurs billets d’avion montraient qu’ils devaient prolonger leur trajet vers New York, avec une correspondance prévue à LaGuardia. Les pièces judiciaires identifient les deux hommes comme étant Mustapha Fisuru, 24 ans, et Tiekoro Diawara, 25 ans. Selon le média local CWBChicago, qui cite des documents judiciaires, leur voyage avait été financé et une rémunération de 1 000 dollars avait été promise à l’un d’eux. Le média rapporte également qu’après leur arrivée au Sénégal, une voiture les aurait conduits dans un hôtel, avant qu’une camionnette transportant les bagages déjà préparés ne vienne les récupérer. Des messages retrouvés dans un téléphone évoqueraient également la récupération de valises dans d’autres aéroports du nord-est des États-Unis. Le juge a refusé leur maintien en détention provisoire, malgré l’opposition du parquet. Le lendemain, 20 août, un troisième voyageur en provenance du Sénégal est arrêté à O’Hare avec 189 kg de khat répartis en 93 paquets. Le communiqué ne précise ni l’identité de ce troisième voyageur ni l’aéroport européen éventuellement utilisé avant Chicago. Baltimore, Dulles et Chicago paraissent éloignés les uns des autres. Pourtant, les différents dossiers dessinent une même direction. Plusieurs voyageurs résidaient à New York ou poursuivaient leur trajet vers LaGuardia. Jusqu’à présent, les enquêtes n’ont pas révélé pourquoi les convoyeurs auraient choisi de transporter d’aussi importantes quantités de khat en faisant escale en Europe, alors qu’il existe des vols directs entre Dakar et New York. L’hypothèse d’un contournement volontaire de l’aéroport JFK est forte, mais elle n’est encore pas prouvée. L’histoire ne commence pourtant pas en 2026. Dès 2015, les services sénégalais avaient mis au jour une route dépendante de l’Afrique de l’Est, de Dakar et de l’Amérique du Nord. En avril de cette année-là, deux opérations menées à l’ancien aéroport de Dakar avaient permis de saisir 111 kg, puis 116 kg de khat arrivés d’Addis-Abeba. Une partie de la marchandise avait été présentée comme du henné. Le 27 août, 54 kg supplémentaires expédiés d’Éthiopie ont été interceptés à Dakar-Yoff. La même année, 473,5 kg avaient été découverts dans plusieurs envois postaux provenant d’Éthiopie ou du Kenya. Certains colis devaient être réexpédiés vers le Canada ou les États-Unis. Le Sénégal n’apparaissait donc pas comme un pays producteur, mais comme une plateforme de regroupement, de reconditionnement et de redistribution.
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