Le Boualem et l’été des grandes illusions

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*Figurez-vous que les Houthis ont cloné la voix du chef ennemi avec de l’IA et diffusé des messages vocaux aux troupes pour leur demander de se retirer. Nous vivons dans un film à la fois horrible et burlesque, un mélange de Black Mirror et de *Monthy Python
Les choses sont de plus en plus claires, hamdoullah. La semaine dernière, le Boualem vous annonçait la transformation progressive, mais inéluctable, de notre paisible contrée en fanzone, consacrée exclusivement au football, et voilà que, soudain, la confirmation nous a été offerte par la polémique de la semaine.
À l’origine, une très belle sortie de notre président de la Fédération royale marocaine de football, ministre délégué chargé du Budget et chef d’orchestre des élections pour le PAM (deux mois après avoir adhéré au parti de son cœur). En pleine campagne, le voilà qui nous promet la finale de la Coupe du Monde chez nous, et même, inchallah, une finale contre la France, rien de moins ! La bonne nouvelle, dans cette sortie, c’est qu’il a mentionné le stade de Benslimane. Car, Zakaria Boualem s’en souvient très bien, on a tenté de nous présenter cette construction pharaonique comme le grand stade de Casablanca, il faut donc saluer cette remontada inespérée de la géographie.
Revenons à la déclaration, s’il vous plaît. Nous avons affaire à une situation classique, celle d’un candidat submergé par son enthousiasme qui s’emballe un peu, sans se rendre compte que c’est précisément ce genre de sorties qui oxyde notre fameuse image à l’étranger. Disons-le plus clairement : si nos rivaux aiment présenter le Maroc comme tout-puissant sur le terrain et autour, c’est justement parce que, hélas, la discrétion n’est pas à l’ordre du jour chez nous, et merci. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là, c’est le principe de l’action et de la réaction. Notre Chef du gouvernement a répondu à cette promesse en posant la question suivante : comment se fait-il qu’on n’ait pas gagné de CAN féminine malgré les trois éditions tenues chez nous, hein ?
**Voilà le débat politique, mesdames et messieurs, applaudissements s’il vous plaît ! **On dirait que c’est Zakaria Boualem qui écrit le scénario de notre actualité. Il est d’ailleurs incapable de commenter cet échange entre les deux ténors de notre vie politique, tant il semble surgir d’une autre dimension, d’une planète inconnue. Je vous promets qu’il fait ce qu’il peut, mais il est arrivé à sa limite, voilà la réalité.
Tout cela n’est pas très important car, vous le savez, la Troisième Guerre mondiale est en route et chaque jour apporte un nouveau pas vers le désastre planétaire. Cette semaine, ce sont les Houthis qui se sont illustrés en prenant le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Ne comptez pas sur le Guercifi pour vous pondre une analyse puissante sur cette affaire, d’autres s’en chargeront pour lui et ils sont nombreux tbarkallah. Mais le bougre ne peut pas s’empêcher de se montrer perplexe sur les performances de ces gens-là malgré leur équipement baroque et leur bouche pleine de psychotropes. On se souvient, par exemple, qu’ils avaient capturé un cargo géant et profité de cette prise pour organiser des mariages à bord, il fallait y penser.
Eh bien, Zakaria Boualem voudrait partager avec vous une info qu’il a lue dans un journal sérieux. Figurez-vous que, lors des derniers affrontements, ils ont cloné la voix du chef ennemi avec de l’IA, piraté son WhatsApp et diffusé des messages vocaux aux troupes pour leur demander de se retirer. Voilà. Dès que le Boualem a lu cette histoire, elle l’a aussitôt plongé dans la rêverie, et il s’est immédiatement dit qu’il devait vous la raconter. Elle porte en elle une charge puissante d’enseignements, qu’il est trop tôt pour déterminer, bien sûr. Si ce n’est que, oui, c’est de plus en plus clair : nous vivons dans un film, à la fois horrible et burlesque, un mélange de Black Mirror et de Monthy Python. Et merci.
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About this article
- Length
- 657 words · 3 min read
- Published
- September 17, 2026
- Byline
- Réda Allali
- Source
- Telquel.ma