Touba, 27 août 2026 (AIP) – Le préfet de la région du Bafing et du département de Touba, Kouakou Yao Dinard, a appelé les autorités administratives, les élus, les forces de défense et de sécurité, les services techniques et les communautés à renforcer la mobilisation contre l’orpaillage illégal, en prélude au prochain atelier national de [...]
Touba, 27 août 2026 (AIP) – Le préfet de la région du Bafing et du département de Touba, Kouakou Yao Dinard, a appelé les autorités administratives, les élus, les forces de défense et de sécurité, les services techniques et les communautés à renforcer la mobilisation contre l’orpaillage illégal, en prélude au prochain atelier national de concertation sur l’harmonisation des mécanismes de lutte contre ce phénomène.
Lors d’une séance de travail tenue jeudi 27 août 2026 à Touba à la préfecture de Touba, M. Kouakou Yao a instruit les préfets et sous-préfets de la région d’intensifier les actions de sensibilisation sur les dangers de l’exploitation aurifère clandestine, avant un renforcement des mesures répressives contre les exploitants qui refusent de se conformer à la réglementation.
Le préfet a relevé les conséquences environnementales, économiques, sociales et sécuritaires de l’orpaillage illégal, notamment la pollution des cours d’eau, la dégradation des terres agricoles et la destruction de la faune et de la flore aquatiques.
Il a également dénoncé le paradoxe économique de cette activité, estimant que l’État ne bénéficie pas des revenus issus de l’or extrait clandestinement, tout en mobilisant d’importantes ressources pour démanteler les sites, restaurer les espaces dégradés et faire face aux conséquences sanitaires de la pollution.
« L’orpaillage clandestin est un fléau pour la Côte d’Ivoire », a déclaré Kouakou Yao Dinard, appelant à une approche associant prévention, répression et facilitation de l’accès aux autorisations légales d’exploitation.
La situation présentée au cours des échanges illustre l’ampleur du phénomène dans la région. Le sous-préfet de Foungbesso, Aka N’djoré, a fait état de 118 déguerpissements et du démantèlement de plusieurs foyers clandestins dans sa circonscription administrative, notamment à Fakolo, Gbogbosso, Depanon, Gouela, Mamouesso, Koungo, Wayangoro et à Dasso.
Le commandant de la compagnie de gendarmerie territoriale de Touba, Affechi Judaël, a, pour sa part, signalé plusieurs villages affectés dans la sous-préfecture de Foungbesso, où les opérations de sensibilisation et de démantèlement se poursuivent. Il a également appelé au respect de la réglementation et dénoncé l’implication présumée de certains acteurs locaux dans l’installation de sites clandestins.
Face à cette situation, le deuxième vice-président du conseil régional du Bafing, le Pr Kanvaly Fadiga, a proposé l’élaboration d’une cartographie des sites d’orpaillage clandestin afin de mieux cibler les actions de sensibilisation et les opérations de lutte.
Les participants ont également insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les communautés. L’imam Fofana Soualiho a estimé que les élus locaux ne peuvent, à eux seuls, endiguer le phénomène, tandis que le pasteur Diomandé Vakesse a préconisé des rencontres régulières avec les chefs de village des zones concernées.
Le préfet de région a enfin appelé à une vigilance accrue face aux risques sécuritaires liés à l’orpaillage illégal et à la recherche de mécanismes permettant aux opérateurs désireux d’exercer légalement d’accéder plus facilement aux autorisations et permis d’exploitation, sur des sites identifiés et sécurisés.
Les conclusions de la séance de Touba devraient alimenter les réflexions du prochain cadre national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre l’orpaillage illégal en Côte d’Ivoire.
(AIP)
Nb/kp