Du ‘’cinéma’’ au Pont Émile Badiane : Idrissa Benjamin Sané de Kiiraay noie Guy Marius Sagna
Ziguinchor mérite mieux qu’une visite de politisation. La descente de Monsieur Guy Marius Sagna au pont Émile Badiane, présentée comme une interpellation citoyenne, apparaît pour beaucoup comme une mise en scène tardive et politicienne. Idrissa Benjamin Sané, président du Mouvement citoyen Ziguinchor Rek et membre fondateur du parti Kiiraay, n’a pas mâché ses mots : il accuse le député de jouer un rôle de figurant, absent quand il fallait agir, bruyant seulement quand les caméras s’allument.
Idrissa Benjamin Sané rappelle que le pont Émile Badiane est un danger permanent pour les populations, dénoncé depuis des années par la société civile, les leaders d’opinion et les habitants de Ziguinchor. Pourtant, Guy Marius Sagna est resté silencieux, alors que son mentor, Ousmane Sonko, Premier Ministre tout‑puissant, contrôlait la conduite de la politique de l’État. « Qu’a‑t‑il fait pour résoudre cette équation vitale ? Rien. Et toi, où étais‑tu ? » martèle Idrissa Sané.
Mais le problème de Ziguinchor ne se limite pas au pont. La ville souffre d’une voirie dégradée, d’un éclairage public inexistant, d’infrastructures insuffisantes, d’insécurité, d’inondations et de difficultés d’assainissement. La jeunesse manque de perspectives, les femmes peinent à accéder aux financements pour développer leurs activités, et des milliers de jeunes se rabattent sur les motos Jakarta faute d’alternatives. « Où était le maire de Ziguinchor, ce même leader politique, pour répondre à ces urgences ? » poursuit Sané, en soulignant l’absence de solutions concrètes.
Il est trop facile, selon lui, de pointer du doigt aujourd’hui sans rappeler que l’actuel Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est bel et bien en fonction. Mais hier, quand l’ex‑Premier Ministre concentrait tous les pouvoirs, aucune réponse n’a été apportée. Le député fantôme n’a pas su porter les préoccupations de ses mandants à l’Assemblée nationale, ni rendre compte régulièrement de son action.
Idrissa Sané évoque aussi la situation préoccupante de la Grande Mosquée de Ziguinchor, symbole spirituel et communautaire, ignoré par les autorités locales. « Ce n’est pas une question de religion, mais de respect et de connaissance des réalités de sa ville », insiste‑t‑il.
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