Mohamed Kourouma appelle à préserver la confiance des investisseurs : « La Guinée ne gagnera pas par la division »

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Le PDG de la société Hamana, Mohamed Kourouma, a appelé à davantage de responsabilité dans les discours et les actes susceptibles d’affecter l’image de la Guinée auprès des investisseurs. Pour lui, la stabilité politique, la sécurité juridique et la confiance constituent des conditions essentielles au développement économique du pays.
La relation entre l’État et le secteur privé, ainsi que les conditions nécessaires pour attirer davantage d’investissements en Guinée, étaient au cœur d’une conférence de presse animée par Mohamed Kourouma, PDG de la société Hamana.
Dans son intervention, l’homme d’affaires a insisté sur le rôle complémentaire de l’État et du secteur privé dans le fonctionnement de l’économie. Selon lui, lorsqu’un partenaire signe un contrat avec l’État, il s’appuie notamment sur la crédibilité des institutions, la sécurité juridique et la stabilité du cadre institutionnel.
« Lorsqu’un partenaire signe un contrat avec l’État guinéen, il vient avec une certaine garantie institutionnelle », a-t-il expliqué, estimant que les mécanismes juridiques et internationaux prévus dans les contrats permettent, dans certains cas, aux investisseurs de faire valoir leurs droits lorsque leurs engagements financiers ne sont pas respectés.
Mais pour le PDG de Hamana, la situation est différente lorsqu’il s’agit d’investisseurs privés qui engagent directement leurs propres ressources dans le pays.
« Le secteur privé a besoin d’une condition essentielle qui est la confiance », a-t-il souligné. Un investisseur qui envisage de construire une usine ou d’engager plusieurs millions doit, selon lui, avoir la garantie que son investissement sera protégé et qu’il pourra évoluer dans un environnement stable.
« L’instabilité politique a également des conséquences économiques »
Mohamed Kourouma estime ainsi que les tensions politiques et les discours annonçant régulièrement des troubles ou des affrontements peuvent avoir des répercussions directes sur les décisions des investisseurs.
« Si au même moment, il (investisseur) entend constamment des discours annonçant des troubles, des appels à la mobilisation, des affrontements ou des changements par la force, il va naturellement se poser des questions. Il peut alors décider de ne pas venir investir en Guinée », a-t-il averti.
Pour lui, les conséquences d’un tel scénario dépassent largement le cadre du pouvoir politique.
« Et lorsqu’un investisseur ne vient pas, ce n’est pas seulement le gouvernement qui perd », a-t-il fait remarquer.
Le patron de Hamana rappelle qu’un investisseur étranger qui arrive en Guinée ne vient pas uniquement pour travailler avec le gouvernement ou un responsable politique. Il vient développer une activité économique dont les retombées peuvent bénéficier à la population à travers la création d’emplois, de revenus, d’entreprises, de services et de nouvelles opportunités.
Dans cette perspective, Mohamed Kourouma appelle les différents acteurs à mesurer l’impact de leurs discours sur l’image du pays.
« L’opposition politique est une chose ; décourager l’investissement en est une autre »
Le PDG de Hamana invite notamment les acteurs politiques à faire la distinction entre la contestation du pouvoir et les conséquences que certains discours peuvent avoir sur l’économie nationale.
« On peut penser que l’on est simplement en train de s’opposer au président et à son gouvernement. Mais en réalité, lorsque les messages diffusés donnent une image d’un pays instable ou dangereux, ce n’est pas seulement le président et son gouvernement qui sont concernés, c’est toute la Guinée », a-t-il déclaré.
Il estime qu’un investisseur qui entend régulièrement parler de troubles, d’affrontements ou de déstabilisation peut être amené à différer, voire à abandonner, un projet d’investissement dans le pays.
« L’opposition politique est une chose ; décourager l’investissement et fragiliser l’économie nationale en est une autre », a-t-il insisté.
Mohamed Kourouma considère dès lors que la responsabilité doit être collective afin d’éviter que les divergences politiques ne produisent des conséquences durables sur l’économie guinéenne.
Pour sortir de la « confrontation permanente »
Dans la suite de son intervention, le chef d’entreprise s’est également attardé sur les conséquences de la division politique. Selon lui, lorsque les tensions deviennent permanentes, elles peuvent nourrir la méfiance et la confrontation entre les différents camps.
Il estime que cette situation peut également conduire le pouvoir en place à durcir sa position lorsqu’il perçoit certaines actions comme une menace contre son autorité, ses institutions ou la sécurité de l’État.
Pour sortir de cette logique, il préconise donc davantage de dialogue, de stabilité et de recherche de l’intérêt supérieur de la Guinée.
« C’est pourquoi nous devons chercher à sortir de cette logique de confrontation permanente et privilégier le dialogue, la stabilité et l’intérêt supérieur de la Guinée », a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant à chacun le droit d’avoir ses opinions politiques, y compris à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, Mohamed Kourouma estime que les actions et discours susceptibles de donner une image d’instabilité permanente peuvent avoir des conséquences qui dépassent leurs auteurs.
« Quelle Guinée voulons-nous construire et laisser aux générations futures ? »
Pour le PDG de Hamana, l’enjeu dépasse donc les personnes actuellement au pouvoir ou dans l’opposition. Il concerne, selon lui, l’avenir du pays et des générations futures.
« Au fond, la question qui se pose à nous est simple : quelle Guinée voulons-nous construire et laisser aux générations futures ? », s’est-il interrogé.
Mohamed Kourouma estime que la méfiance, la division et les tensions permanentes ne peuvent constituer une base durable pour le développement du pays. À l’inverse, il plaide pour un environnement fondé sur la confiance, l’unité nationale, la paix et la prospérité partagée.
« Le pouvoir politique peut se conquérir, s’exercer et se transmettre dans le respect des règles républicaines, mais le développement de la Guinée, lui, exige davantage la confiance, l’unité, la paix et la prospérité partagée », a-t-il soutenu.
Pour lui, les conséquences de la réussite ou de l’échec du pouvoir concernent l’ensemble du pays.
« Parce que si le gouvernement réussit, la Guinée en bénéficie. Et si le gouvernement échoue, c’est également la Guinée qui en subit les conséquences », a-t-il rappelé.
« Les hommes politiques passent, la Guinée demeurera »
En guise de conclusion, le patron de Hamana a appelé à dépasser les divergences politiques pour préserver l’essentiel : le pays, sa population et son avenir.
« Les hommes politiques passent, les gouvernements passent, les présidents passent, mais la Guinée, elle, demeurera toujours », a-t-il déclaré.
Il appelle ainsi à la création d’un climat favorable à l’investissement, permettant aux entreprises de se développer et de créer des emplois, aux agriculteurs de produire et aux jeunes de bénéficier de nouvelles perspectives.
Pour Mohamed Kourouma, le développement de la Guinée passe nécessairement par la stabilité et la cohésion.
« La Guinée ne gagnera pas par la division. Elle gagnera par l’unité, la paix, le travail et la prospérité. C’est cette Guinée-là que nous devons construire ensemble », a-t-il conclu.
Sadjo Bah
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- 1,137 words · 6 min read
- Published
- October 6, 2026
- Byline
- Mamadou Ba
- Source
- Mediaguinee