Lekjaa, l’homme qui a réveillé la campagne et les appétits

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Son arrivée tardive au PAM a redonné de l’oxygène au parti du Tracteur. Elle a brisé l’équilibre du « Premier triumvirat » formé en 2021, remis le RNI face à un adversaire et rendu au scrutin du 23 septembre ce qui lui manquait encore : l’intérêt.
Le 22 septembre 2021, deux semaines après le raz-de-marée électoral du RNI, Aziz Akhannouch annonçait une majorité réunissant son parti, le PAM et l’Istiqlal. Trois formations, trois histoires, trois ambitions momentanément rangées derrière un même gouvernement. J’appellerai cette alliance le Premier triumvirat. Le mot n’est pas innocent : comme son ancêtre romain, ce pacte n’avait pas supprimé les rivalités ; il les avait organisées autour de l’exercice du pouvoir.
Ce triumvirat à la marocaine avait sa distribution : au RNI, Crassus, la fortune et les réseaux économiques ; à l’Istiqlal, Pompée, la légitimité historique et l’ancrage territorial ; au PAM, César, le dernier venu, l’ambition. Comme dans le pacte romain, l’enjeu était de réunir assez de puissance pour imposer son agenda.
Scellée en 2021 sur la déroute du PJD, l’alliance s’est surtout assuré le contrôle des deux chambres du Parlement, se donnant les moyens de faire adopter certaines des lois les plus difficiles et les plus contestées du Maroc moderne. Elle aura tenu cinq ans. Aujourd’hui, chacun convoite la part du voisin.
Le plus grand bouleversement depuis le scrutin de 2021 n’est venu ni d’un programme, ni d’un sondage, ni même de l’opposition : une partie est morte, l’autre reste silencieuse et déboussolée. Il est venu d’une greffe tardive, presque in extremis : l’arrivée au PAM de Fouzi Lekjaa, « Moul Lkoura », l’homme du foot, devenu l’un des responsables publics les plus populaires du pays, dans un registre que seul Abdellatif Hammouchi, patron du pôle DGSN-DGST, semble pouvoir lui disputer.
Le 25 juillet 2026, au Palais des congrès de Salé, l’accueil de Lekjaa par le Conseil national du PAM aurait dû prendre la forme d’un triomphe parfaitement réglé. Les caméras ont plutôt enregistré un malaise : sourires contraints, gestes mal synchronisés, préséances incertaines. Chacun semblait chercher sa place autour d’un homme dont le capital symbolique dépassait déjà celui de bien des hiérarques du Tracteur.
La scène disait l’essentiel : Lekjaa était trop puissant pour entrer au PAM en simple recrue, comme le croit un diplomate étranger.
L’intérêt des chancelleries étrangères au Maroc a trouvé un écho dans la presse internationale. Jamais nous n’avions vu Reuters, Bloomberg ou le New York Times s’intéresser ainsi à la probable candidature d’un homme politique marocain.
L’homme intrigue et intéresse.
Morocco’s football czar joined one of the kingdom’s biggest political parties, edging closer to a possible bid for the role of prime minister in September’s elections. https://t.co/uesB9nUtNK
— Bloomberg (@business)
July 25, 2026
Celui dont on ne prononce pas le nom
Depuis, chacun a trouvé une manière de parler de lui sans tout à fait le nommer. Pour Fatima Ezzahra El Mansouri ou Samir Goudar, c’est « Fouzi ». Dans le camp d’en face, il devient « Moul Lkoura ». Et chez certains dirigeants du RNI, il prend presque les traits de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. J. K. Rowling aurait reconnu Voldemort.
Le paradoxe est savoureux : Lekjaa ne sera même pas candidat aux législatives. Annoncé un temps à Berkane, il a renoncé à briguer un siège. Il est pourtant partout dans la campagne du PAM, défend son programme, remplit les salles et attire les objectifs. Il porte la bataille sans porter le risque électoral d’une circonscription.
Lekjaa semble vouloir éviter l’erreur d’Aziz Akhannouch, qui avait jugé bon, pour asseoir sa légitimité, de se présenter au conseil communal d’Agadir. La nouvelle star du PAM a déjà assuré l’avenir de son fief de Berkane avec la candidature de l’une de ses plus fidèles alliées : Houda El Mghari Mbarred. Son épouse. S’il est propulsé à la tête du gouvernement, il aura suffisamment d’autres chats à fouetter.
Oui, sa seule présence a suffi à changer l’allure de la campagne.
Fouzi Lekjaa pratique les rouages de l’appareil d’État depuis plus d’un quart de siècle. Entré à la direction du Budget en 2000, devenu directeur du Budget en 2010, puis ministre délégué chargé du Budget en 2021, il maîtrise l’une des langues les plus puissantes de l’État : celle des arbitrages financiers. À cela s’ajoute la présidence de la Fédération royale marocaine de football depuis 2014. Un parcours qu’on ne présente plus.
Cette double trajectoire lui a permis d’occuper deux mondes qui se rencontrent peu : la mécanique austère de l’État et la ferveur populaire du football. Loin des jeux politiques et partisans, il servait tout le monde. Sauf peut-être Nadia Fettah.
Les grands rendez-vous institutionnels l’ont rendu visible au premier rang. À Marrakech, lors de l’Assemblée générale d’Interpol organisée du 24 au 27 novembre 2025, il apparaissait aux côtés de MM. Abdellatif Hammouchi, Abdelouafi Laftit, Nasser Bourita et Mohamed Yassine Mansouri. Le 17 mai 2026, lors des célébrations du 70e anniversaire de la DGSN et de l’inauguration de son nouveau siège à Rabat, il figurait encore parmi les principaux responsables présents.
Avec Mohamed Abdennabaoui et quelques autres, ces visages composent, dans l’imaginaire collectif, le cœur visible d’un État qui décide, protège et exécute. Non pas un clan, mais une architecture institutionnelle devenue plus lisible depuis le Covid.
La pandémie n’a pas créé cet État. Elle l’a révélé. Au Maroc comme ailleurs, elle a replacé la puissance publique devant sa fonction première : anticiper, arbitrer, protéger et décider vite. Elle a également refermé l’illusion, héritée des décennies d’abondance, selon laquelle l’économie suffirait à pacifier le monde et l’administration pourrait se contenter de gérer le quotidien.
C’est pourtant au nom d’une lecture presque bisounours du pouvoir, celle qui prétend que la politique peut vivre coupée des contraintes de l’État, que certains s’élèvent aujourd’hui contre l’entrée de Lekjaa dans l’arène.
Le signal et son interprétation
Partis, journalistes et observateurs ont accueilli son arrivée avec beaucoup de scepticisme, parfois avec véhémence. La raison est simple : au départ, aucun signal public et incontestable n’établissait que ce haut fonctionnaire disposait de la bénédiction du Palais.
Mais la politique marocaine est aussi une économie de signes. Lorsqu’un ministre du Budget, président de la Fédération et figure nationale entre au bureau politique du PAM à deux mois des élections, son arrivée produit nécessairement un message, qu’il ait été formulé ou non.
Ma lecture est la suivante : le Palais a voulu rééquilibrer le jeu et donner aux trois membres du Premier triumvirat des armes comparables. Non pour désigner un vainqueur, mais pour empêcher qu’un parti n’entre dans la campagne déjà condamné. Il fallait surtout éviter de revivre le scénario de 2021, lorsqu’Aziz Akhannouch avait consacré plus de quatre ans à constituer un trésor de guerre colossal qui avait écrasé tous les autres partis politiques sans exception.
Aujourd’hui, le RNI, le PAM et l’Istiqlal peuvent tous prétendre diriger le prochain gouvernement. Aucun n’a la certitude de l’emporter largement. Tous ont leurs handicaps et leurs atouts.
L’inoculation du « vaccin » Lekjaa a été indispensable pour éviter le collapsus du PAM après trois années particulièrement dures. L’affaire dite « Escobar du Sahara » avait atteint le parti au cœur. Le 25 juin 2026, Saïd Naciri et Abdenbi Bioui ont été condamnés, en première instance, à dix et douze ans de prison. Les recours se poursuivent : l’affaire n’est donc pas définitivement close. Mais le verdict avait achevé de fixer l’image d’un parti abîmé par les scandales et les guerres de direction.
Un mois plus tard, Lekjaa atténuait la fébrilité du parti.
Oui, il a reboosté le PAM. Pour le moment. Et, ce faisant, il a reboosté la campagne électorale du pays.
Le PAM avait besoin d’une vedette
Aucune des trois composantes de la majorité ne sort moralement indemne de cette législature. Une trentaine de députés, soit près de 8 % de la Chambre des représentants, ont été inquiétés, poursuivis ou condamnés : seize issus de la majorité et quatorze de l’opposition. Dans les collectivités territoriales, plus de 300 élus et anciens élus étaient concernés par des procédures judiciaires selon le bilan 2025 du ministère de l’Intérieur : présidents de communes, vice-présidents, conseillers et anciens présidents. Du Parlement aux communes, les affaires ont entamé le crédit de toute une classe politique. Le RNI, le PAM et l’Istiqlal occupent une place embarrassante dans ce bilan.
Dans ce paysage, la politique ne manquait pas seulement de crédibilité. Elle manquait de désir.
Lekjaa lui en a rendu une part. Des jeunes et des femmes se déplacent aussi pour obtenir une photo avec une figure politique, parce que cette figure est d’abord, à leurs yeux, celle du football. Il a capté une grande partie du capital émotionnel accumulé par les Lions de l’Atlas, du Qatar en 2022 aux États-Unis en 2026. Jusqu’à la prochaine défaite, bien sûr, lorsque l’idole redeviendra « traiteur » et provisoirement coupable de tout.
Fatima Ezzahra El Mansouri l’a compris rapidement. Lors des premières réunions, elle a tenu à rappeler qui dirigeait encore le parti. Le 25 juillet, elle plaisantait elle-même sur sa « jalousie » devant l’ovation réservée à Lekjaa. Depuis, elle partage davantage la lumière. C’est le prix à payer pour que le PAM retrouve les projecteurs.
Son arrivée rend de nouveau crédible l’ambition de la Mairesse de Marrakech de devenir la première femme cheffe du gouvernement dans l’histoire du Royaume. Elle prolonge la vie politique d’Abdellatif Ouahbi, ouvre de nouvelles perspectives à Mehdi Bensaïd et place Youness Sekkouri dans les calculs du prochain gouvernement. Mais elle révèle aussi la faiblesse du parti : le PAM a dû emprunter ailleurs le charisme qu’il avait perdu au fil des années.
Trois partis, trois récits
Face à lui, Aziz Akhannouch joue pleinement le jeu politique. L’ancien président du RNI reste en première ligne et attaque, sans toujours le nommer, le ministre qui siège depuis près de cinq ans dans son propre gouvernement et lui a souvent volé la vedette. La menace est sérieuse : Mohamed Chaouki, son « Medvedev », ne fait pas le poids face à « Moul Lkoura ».
Lekjaa a incarné les arbitrages budgétaires et porté la création du fonds spécial consacré aux effets du séisme d’Al Haouz ainsi que de l’Agence de développement du Haut Atlas (ADHA). Il est allé au charbon pour défendre le financement de l’aide sociale directe, la tutelle de l’Agence nationale du soutien social et celle des fonds des programmes de développement territorial intégré.
L’influence réelle de Lekjaa se suffit à elle-même. Elle explique aussi la violence contenue de l’affrontement. Quand Akhannouch rappelle que les réalisations de l’État ne sont la propriété d’aucun parti, chacun comprend le destinataire. L’ancien chef du RNI s’en prend directement à celui qui est encore son ministre et son allié, mais qui a aussi été, durant ces cinq années, son principal concurrent médiatique.
Et sur ce terrain, Lekjaa a une longueur d’avance. Il a trop pratiqué les médias pour laisser sa communication entre les mains du parti. Dès le premier jour, il a tenu à en garder la maîtrise : médias choisis avec minutie, préférence pour les podcasts et l’épreuve de la caméra. Dernière illustration, le choix très stratégique de Jeune Afrique, obligeant François Soudan himself de sortir de sa zone de confort et de se livrer au jeu de l’intervieweur, avec en arrière plan, pas le logo de JA mais celui du tracteur.
Jeune Afrique qui connaît que trop bien la Com’ marocaine, n’a pas souhaité griller le candidat à la chefferie du gouvernement en choisissant la citation « Je n’y ai jamais réfléchi. »
Là où Akhannouch finançait des publireportages rédigés par ses équipes de communication, Lekjaa va au charbon. Il choisit soigneusement ses interlocuteurs, mais c’est lui qui s’expose, répond et engage sa parole. Le fossé communicationnel entre les deux hommes est gigantesque. Le risque pris par Moul Lkoura aussi.
Pour les novices des corridors de la politique marocaine, ou ceux qui ont la mémoire courte, rappelons que les alliances électorales entre le PAM et le RNI ont été peu nombreuses. En 2016, à Casablanca, le RNI, sonné par ses piètres résultats, avait refusé de s’allier au PAM, préférant des deals avec le PJD pour sauver la face. Durant toute la campagne, les RNIstes traitaient les PAMistes de traîtres.
Aujourd’hui, l’enjeu est tel que le RNI et le PAM commencent à ouvrir les placards dont chacun connaît les cadavres. Un audio de Talbi Alami fuite, accusant Lekjaa d’intimider et d’appâter les élus. La riposte fuse : les « vrais terroristes », rétorque Lekjaa, sont ceux qui ont transformé l’Aïd en angoisse pour les familles marocaines.
Puis Lekjaa lâche une autre bombe : 28 milliards de dollars dépensés, selon lui, sans bénéfice pour le pouvoir d’achat. Une charge venue du ministre du Budget lui-même. Adil El Bitar, autre dirigeant du PAM, choisit Le360 pour frapper Akhannouch sur son propre terrain : les hydrocarbures. Derrière le chef du gouvernement, le milliardaire est prévenu.
Les associés du triumvirat savent où frapper. Un régal. Faites tourner le popcorn.
Adil El Bitar (PAM) : «Le chef du gouvernement contrôle 45 % du marché des carburants au Maroc. »
«Aujourd’hui, nous ne pouvons pas lui imposer une feuille de route. Demain, si nous sommes à la tête du gouvernement, nous porterons la réserve stratégique nationale à 3 mois.» pic.twitter.com/QH2ikJAahI
— Le360 (@Le360fr)
September 14, 2026
On a beaucoup commenté la puissance financière déployée par le RNI pendant la campagne de 2021. Les moyens sont aujourd’hui bien moins abondants : à Bouznika, dès son premier meeting à la tête du parti, Chaouki s’est retrouvé embarrassé par les relances de l’hôtel. L’argent pourra encore financer des meetings, couvrir les murs et transporter des militants. Il ne suffira pas, cette fois, à étouffer le récit adverse ni à retenir les notables ruraux et semi-urbains du RNI.
L’Istiqlal, lui, reste en embuscade. Sa démonstration de force à Laâyoune, où plus de 60 000 personnes se sont rassemblées le 13 septembre, a rappelé la puissance de sa machine électorale. Le parti fait désormais de Laâyoune sa capitale politique, tandis que Dakhla, chipée par le RNI, est depuis passée au PAM. À cette capacité de mobilisation s’ajoutent le poids de l’histoire et un storytelling que lui seul peut porter avec autant de naturel : le parti de l’Indépendance appelé à ouvrir une nouvelle ère d’unité nationale et à conduire la mise en œuvre du plan d’autonomie dans nos provinces du Sahara.
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Le RNI a son passif. Le PAM a désormais la vedette. L’Istiqlal a l’histoire.
Pour la première fois depuis 2021, aucun des trois ne peut traiter la victoire comme une formalité. L’incertitude et la concurrence sont revenues. Or l’incertitude est le carburant d’une élection.
Un cadeau empoisonné
Lancer Lekjaa dans l’arène politique n’est pas forcément lui faire un cadeau. Le pouvoir use, expose et détruit. Le football offre toujours la revanche du prochain match, la politique archive chaque promesse, chaque alliance, chaque silence et chaque reniement.
Certains pensent qu’on lui présente aujourd’hui la facture de titres promis et non remportés. Peut-être. Mais le vrai risque est ailleurs : en rejoignant le PAM, Lekjaa ne répond plus seulement de ses budgets ou des résultats des Lions. Il doit désormais répondre d’un programme, de candidats, de compromis et du passé d’un parti. La politique est une fosse aux lions, et les Lions eux-mêmes n’y survivent pas toujours.
Le monde, lui, s’est durci. Nos partenaires historiques sont fragilisés, les pays du Golfe sont frappés par des missiles, les économies occidentales sont sous tension, l’eau manque, la température monte et le Sud global conteste de plus en plus ouvertement les anciennes hiérarchies. La crise de Sebta a, une nouvelle fois, montré la nervosité de la frontière sud de l’Europe. Dans un tel environnement, le profil d’un homme d’État, technocrate et populaire à la fois, peut rassurer.
Mais cette greffe ne constitue pas le meilleur scénario démocratique pour le pays. Une démocratie solide ne devrait pas avoir besoin de transfuser, à la dernière minute, le prestige de l’administration et du football dans un parti affaibli pour fabriquer de la compétition. Elle devrait produire ses propres dirigeants, ses propres idées et son propre enthousiasme.
Ce n’est pas non plus le pire scénario. L’arrivée de Lekjaa a provoqué un électrochoc, un coup de défibrillateur dans une vie politique presque comateuse. Elle a forcé le PAM à se relever, le RNI à céder de l’espace et l’Istiqlal à hausser son ambition.
Un second triumvirat ?
Et si le Premier triumvirat préparait déjà le second ? Dans l’hypothèse d’une victoire du PAM et d’une reconduction de l’alliance, les rôles seraient redistribués : Lekjaa en Octave, avec la popularité, l’exécution et le calendrier 2030 ; Baraka en Marc Antoine, adossé à une légitimité historique qui s’accommode mal du second rang ; le RNI de Chaouki en Lépide, toujours riche en notables et en sièges, mais menacé de perdre l’initiative si Akhannouch s’efface réellement.
La bataille porterait alors sur les portefeuilles et sur une question : qui incarnera le Maroc de 2030 ? Le parallèle romain s’arrête toutefois aux portes du Palais. SM le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête, conformément à l’article 47 de la Constitution. Aucun nom ne s’impose automatiquement.
Lekjaa a sauvé la campagne. S’il ouvre la voie à un second triumvirat, reste une question : qui acceptera d’y jouer Lépide ?
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- 2,889 words · 14 min read
- Published
- September 15, 2026
- Byline
- Nawfal Laarabi
- Source
- le1