Antoine Félix Diome, Pape Malick Ndour et le Général Moussa Fall au cœur d’une enquête sensible

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Après les premières arrestations intervenues dans le cadre de l’enquête sur la plainte de Pape Abdoulaye Touré, un autre volet du dossier retient l’attention : celui visant trois anciennes figures de l’appareil d’État, Antoine Félix Diome, Pape Malick Ndour et le Général Moussa Fall. Les trois hommes sont nommément cités dans la plainte déposée par Pape Abdoulaye Touré devant le procureur de la République en septembre 2024. À ce stade, il s’agit d’accusations formulées par le plaignant et non de responsabilités judiciairement établies. La plainte vise notamment des faits allégués de séquestration, enlèvement illégal, violences et voies de fait, actes de torture et complicité de torture, traitements inhumains, cruels et dégradants, arrestation illégale, association de malfaiteurs, tentative d’assassinat et menaces de mort. Plusieurs médias sénégalais avaient rapporté, en septembre 2024, le dépôt de cette plainte contre l’ancien ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome, l’ancien ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour et l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le Général Moussa Fall.
Trois responsables cités dans la plainte
Dans son document adressé au parquet, Pape Abdoulaye Touré cite expressément « Monsieur Pape Malick Ndour, ancien ministre de la Jeunesse », « Monsieur Antoine Félix Diome, ancien ministre de l’Intérieur » et « le Général Moussa Fall, ancien chef de la Gendarmerie nationale ». Il les cite aux côtés d’un gendarme surnommé « Chef Sow » ainsi que de « toute autre personne liée de près ou de loin » aux faits qu’il dénonce.
Cette plainte remonte au 9 septembre 2024. À l’époque, Pape Abdoulaye Touré, alors étudiant en Master de droit, saisissait le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar pour demander l’ouverture d’une enquête sur les violences qu’il affirme avoir subies lors des événements de juin 2023. Les informations publiées à l’époque par plusieurs médias concordent sur l’existence de cette plainte et sur les trois personnalités qui y sont nommément citées.
Le document met ainsi en cause trois niveaux de responsabilité présumée : Pape Malick Ndour, alors ministre de la Jeunesse ; Antoine Félix Diome, qui occupait le portefeuille de l’Intérieur ; et le Général Moussa Fall, qui dirigeait alors la Gendarmerie nationale. Mais la plainte ne détaille pas, dans les extraits rendus publics, une participation individuelle identique des trois hommes aux faits dénoncés. Leur présence dans la procédure découle d’abord de leur désignation nominative par le plaignant.
Pape Malick Ndour cité dans le récit du plaignant
S’agissant de Pape Malick Ndour, le récit livré par Pape Abdoulaye Touré établit un lien direct entre le nom de l’ancien ministre et les personnes qu’il affirme avoir rencontrées lors de son interpellation.
Dans sa plainte, il affirme que les faits se sont produits le vendredi 2 juin 2023, aux environs de 23 heures, à Liberté 6 Extension, où il résidait. Il déclare avoir été pris à partie par des personnes qu’il présente comme des « nervis se réclamant être des éléments de Pape Malick Ndour », accompagnées, selon lui, de gendarmes en tenue.
Le plaignant affirme que ces personnes l’auraient agressée, violenté et torturé. Il dit également avoir été menacé de mort et avoir subi des violences physiques. Il évoque notamment deux fractures, l’une à la main gauche et l’autre au pied droit, ainsi qu’une blessure à la tête et d’autres lésions corporelles. Il affirme avoir joint à sa plainte des photographies de ses blessures, des images et des vidéos ainsi que des certificats médicaux. Ces éléments relèvent toutefois des pièces et déclarations avancées par le plaignant et doivent être appréciés dans le cadre de l’enquête.
Le nom de Pape Malick Ndour apparaît donc dans le dossier principalement à travers cette description des personnes que Pape Abdoulaye Touré présente comme liées à l’ancien ministre. La question de savoir si ces personnes agissaient effectivement pour le compte de l’ancien ministre et, le cas échéant, à quel titre, relève précisément des investigations.
Antoine Félix Diome également visé
L’ancien ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome figure lui aussi parmi les personnes directement citées dans la plainte. Pape Abdoulaye Touré le vise au même titre que Pape Malick Ndour et le Général Moussa Fall pour les infractions qu’il énumère dans son document.
Le nom d’Antoine Félix Diome apparaît ainsi dans une plainte qui cherche à établir les responsabilités éventuelles dans les violences dénoncées par le plaignant. Cependant, contrairement au récit concernant les personnes que Pape Abdoulaye Touré affirme avoir rencontrées sur le terrain, les extraits rendus publics de la plainte ne permettent pas, à eux seuls, d’établir une intervention personnelle de l’ancien ministre de l’Intérieur lors des faits du 2 juin 2023.
C’est précisément l’un des enjeux de l’enquête : déterminer, à partir des auditions, des documents, des images, des témoignages et des autres éléments de preuve, si les personnes citées par le plaignant ont joué un rôle dans les faits dénoncés et, le cas échéant, lequel.
Le Général Moussa Fall dans le volet lié à la Gendarmerie
Le troisième nom au centre de cette plainte est celui du Général Moussa Fall, ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale. Pape Abdoulaye Touré le cite explicitement dans son document en sa qualité de responsable de la Gendarmerie au moment des faits dénoncés.
Le plaignant affirme avoir été agressé par des personnes accompagnées de gendarmes en tenue. Il met donc en cause, dans sa plainte, non seulement des personnes qu’il présente comme des acteurs directs des violences, mais également l’ancien responsable de la Gendarmerie nationale. Là encore, la citation du Général Moussa Fall dans la plainte ne constitue pas, en elle-même, une preuve de sa participation personnelle aux faits. Elle signifie que Pape Abdoulaye Touré demande que son éventuelle responsabilité soit examinée dans le cadre de la procédure.
Le dossier devra notamment permettre de déterminer quels éléments relient effectivement le commandement de la Gendarmerie aux événements dénoncés, quelles unités ou quels éléments étaient présents sur les lieux et dans quelles circonstances l’interpellation de Pape Abdoulaye Touré s’est déroulée.
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About this article
- Length
- 990 words · 5 min read
- Published
- September 18, 2026
- Byline
- Thierno Gueye
- Source
- Senenews