Innovation, financement et résilience climatique: l’État engage des réflexions sur le logement
**Dakar abrite depuis hier, jeudi 22 octobre, le Salon international de l’habitat, du logement et de la construction au Sénégal, qui porte sur le thème : « L’habitat souverain : Sunu dekkuwaay ». Cette rencontre de trois jours a pour but de créer des ponts entre acteurs du secteur de l’habitat afin de promouvoir un accès au logement décent et durable et un développement urbain mieux maîtrisé. **
Placé sous le thème : « L’habitat souverain : Sunu dekkuwaay », le Salon international de l’habitat, du logement et de la construction au Sénégal s’est ouvert hier, jeudi 22 octobre, à Dakar, pour trois jours d’échanges et de partenariat. L’objectif de cette édition est de promouvoir des solutions adaptées aux réalités locales fondées sur le transfert de compétences, la planification urbaine, l’innovation, le financement adapté et la résilience climatique. Selon Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, l’habitat est une condition fondamentale de la dignité humaine, un droit social inaliénable.
Pour lui, « à Dakar, plus d’un ménage sur deux est locataire et le poids écrasant des loyers étouffe les budgets des familles ». Poursuivant, il a rappelé que les inondations récurrentes, la précarité des quartiers sous-équipés et la tragédie dramatique des effondrements d’immeubles « sont les symptômes d’une urbanisation anarchique et non maîtrisée dans nos villes ». Cependant, le ministre estime qu’une ville doit naître d’une vision stratégique, d’un aménagement préalable et d’investissements cohérents. Les citoyens doivent accéder au logement abordable via l’achat direct, la location-vente ou la location encadrée. Dans cette perspective, Moussa Bala Fofana a fait savoir que dans chaque projet agréé, l’État exige un équilibre républicain de 50 % de logements sociaux et abordables et de 50 % de logements libres, garantissant à la fois la solidarité sociale et la rentabilité économique des investisseurs.
Astou Rose Gaye, directrice générale de la Banque de l’habitat du Sénégal (Bhs), pense que l’accès à un logement décent ne doit pas être un privilège. À l’heure actuelle, dit-elle, le Sénégal doit produire des habitations qui répondent aux attentes légitimes des Sénégalais tout en restant compatibles avec leur pouvoir d’achat. Un conseil interministériel sur le logement prévu Selon Moussa Bala Fofana, il est prévu, en fin octobre, la tenue d’un conseil interministériel sur le logement, l’organisation de la table ronde des bailleurs et investisseurs au début du mois de novembre 2026 et la pose de la première pierre de la nouvelle Ville de Thiès en mi-décembre 2026. Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire a aussi annoncé qu’à Dakar, Pikine, Guédiawaye, Thiès et Saint-Louis, le plan de restructuration urbaine cible 300 hectares pour générer 45.000 logements décents, soutenus par un investissement prévisionnel de 1100 milliards de FCfa sur 15 ans. Face à la menace des édifices dégradés, l’État, informe-t-il, a lancé le Plan national de traitement des bâtiments menaçant ruine.
D’après lui, un audit identifie 14.000 constructions à diagnostiquer à l’échelle nationale. Pour le ministre, « rien qu’à Dakar, notamment à la Médina, Colobane, Biscuiterie et Grand Dakar, une première tranche d’urgence de 14 opérations prioritaires pour 24,6 milliards de FCfa est engagée dans le but de reconstruire et reloger en toute sécurité ». Pour résorber le déficit national, estimé à 500.000 logements, la feuille de route, indique M. Fofana, vise la production annuelle régulière de 33.000 logements, injectant ainsi près de 800 milliards de FCfa par an dans l’économie nationale.
Bada MBATHIE
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About this article
- Length
- 572 words · 3 min read
- Published
- October 23, 2026
- Byline
- Cheikh Gora DIOP
- Source
- Soleil