DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES : Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement
DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement Après une tournée nocturne qui l’a conduit de Dakar-Plateau à Guédiawaye, puis à Pikine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique veut inscrire les opérations de désencombrement dans la durée. Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, libérer les voies publiques ne suffit plus : il faut empêcher leur réoccupation et réinvestir durablement les espaces dégagés. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité pu

DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES
Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement
Après une tournée nocturne qui l’a conduit de Dakar-Plateau à Guédiawaye, puis à Pikine, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique veut inscrire les opérations de désencombrement dans la durée. Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, libérer les voies publiques ne suffit plus : il faut empêcher leur réoccupation et réinvestir durablement les espaces dégagés.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique est descendu sur le terrain, lundi soir, pour superviser les opérations de désencombrement engagées dans plusieurs communes de Dakar et de sa banlieue. Accompagné des autorités administratives et des forces de sécurité, Mouhamadou Makhtar Cissé a entamé sa tournée à Dakar-Plateau, avant de se rendre à Guédiawaye et de terminer à Pikine. Des maires des communes concernées ont également pris part aux opérations.
Sur les différents sites visités, les équipes mobilisées ont procédé au retrait d’installations et d’obstacles occupant la voie publique. À Dakar-Plateau, des panneaux publicitaires et des véhicules ont notamment été retirés. Dans la banlieue, plusieurs emprises irrégulièrement occupées ont été libérées.
Mais au-delà de l’opération elle-même, le ministre a voulu poser la question de l’après-désencombrement.
Le constat de Mouhamadou Makhtar Cissé est sans détour : la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public ressemble encore à « un travail à la limite de Sisyphe, un éternel recommencement ».
Une situation qu’il souhaite précisément dépasser. Car, pour le ministre, le véritable enjeu commence une fois les espaces libérés. « Il faudrait qu’à un moment qu’on puisse trouver la parade », afin que les efforts consentis permettent de « réinvestir de façon vertueuse l’espace public » et de l’occuper utilement au bénéfice des populations, a-t-il déclaré.
Le ministre insiste ainsi sur la nécessité d’une action coordonnée entre les collectivités territoriales et l’État. Les opérations de désencombrement ne doivent pas, selon lui, être considérées comme une intervention ponctuelle, mais comme le début d’un processus associant libération des emprises, aménagement et surveillance.
Dans son intervention, le ministre a également établi un lien direct entre occupation anarchique de l’espace public et sécurité. « Tout le monde est d’accord que nous sommes dans un grand désordre sur le territoire de la région de Dakar », a-t-il déclaré, estimant que ce désordre constitue une source d’insécurité parce qu’il permet à certaines personnes de se dissimuler ou de circuler plus facilement dans les zones encombrées.
Il y voit également un problème de santé publique, en raison des questions d’hygiène, mais aussi un problème économique. Selon lui, le désordre ne profite finalement ni aux vendeurs ni aux acheteurs, certains usagers hésitant même à fréquenter certains espaces. Cette lecture sécuritaire accompagne donc désormais le programme de désencombrement. Le ministère avait d’ailleurs engagé, avant cette tournée, des opérations visant notamment les occupations irrégulières, les véhicules abandonnés et les épaves sur les voies publiques.
C’est précisément pour éviter que les espaces libérés ne soient rapidement réoccupés que le ministre annonce un dispositif de surveillance. Mouhamadou Makhtar Cissé dit avoir instruit le directeur de la Sécurité publique de demander aux services de police d’organiser « le plus de rondes possibles » afin d’éviter les réinstallations, dans l’attente des aménagements.
Une manière de répondre à l’un des principaux écueils des opérations de désencombrement : dégager un espace sans lui donner immédiatement une nouvelle fonction. Le ministère lui-même présente désormais le programme comme une démarche de coordination entre les autorités administratives, les collectivités territoriales et les forces de sécurité, avec l’objectif d’améliorer le cadre de vie et de préserver les espaces publics.
Les collectivités appelées à prendre le relais
Dans son discours, le ministre a également rappelé la responsabilité des collectivités territoriales dans le désencombrement. Il reconnaît toutefois que celles-ci ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour mener correctement cette mission. D’où son appel à une meilleure articulation avec l’administration territoriale et l’État. Les maires doivent pouvoir solliciter l’appui de l’autorité administrative, tandis que celle-ci peut requérir la force publique lorsque cela est nécessaire.
« Nous ne devons pas ajouter au désordre de l’espace un désordre institutionnel », a-t-il lancé, appelant chaque acteur à rester dans le cadre de ses prérogatives. Le ministre plaide ainsi pour une collaboration plus étroite entre maires, gouverneurs, préfets, sous-préfets, services de l’État et forces de sécurité. Le cadre légal attribue d’ailleurs au ministre de l’Intérieur la responsabilité de la sécurité intérieure et lui confère autorité sur les forces de police, tandis que la gendarmerie peut lui apporter son concours en matière de police administrative et de rétablissement de l’ordre public.
« L’exercice d’une responsabilité publique n’est pas un concours de popularité »
Dans son adresse aux autorités locales, Mouhamadou Makhtar Cissé a également défendu une conception assumée de l’action publique. « Exercer une responsabilité publique n’est pas un concours de popularité », a-t-il déclaré, invitant les responsables à dépasser les considérations de popularité pour s’attaquer aux problèmes « pour le bénéfice de la population, pour le bénéfice du Sénégal ». Une position qui donne à l’opération de désencombrement une dimension plus large : celle d’un choix de politique publique qui entend remettre de l’ordre dans l’espace urbain, même lorsque les mesures prises peuvent susciter des résistances.
Reste désormais la question centrale : comment empêcher que les espaces libérés ne retrouvent, dans quelques semaines ou quelques mois, les mêmes occupations ? C’est sur cette capacité à assurer le suivi, à aménager les espaces dégagés et à maintenir la surveillance que se jouera la suite du programme. Car pour le ministre, l’objectif n’est plus simplement de désencombrer. Il s’agit désormais de libérer, aménager et préserver.
CHEIKH THIAM
Section:
social
About this article
- Length
- 928 words · 5 min read
- Published
- September 24, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus