Sénégal : des femmes marchent pour une justice climatique avant la COP31
À Dakar, des femmes de différentes communautés ont marché pour alerter sur les impacts du changement climatique et réclamer des financements climatiques ac L’article Sénégal : des femmes marchent pour une justice climatique avant la COP31 est apparu en premier sur Les Afriques .

Elles n’ont pas attendu les couloirs d’Antalya pour se faire entendre. Samedi à Dakar, des femmes issues de différentes communautés du Sénégal ont battu le pavé pour alerter sur les conséquences concrètes du changement climatique dans leur quotidien — inondations, sécheresses, érosion côtière, dégradation des terres, perturbations des cycles agricoles. Une mobilisation initiée par l’association « Vacances Vertes », à quelques jours de l’ouverture de la COP31 prévue à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre.
Au-delà de l’environnement : une crise sociale
Le message porté par les marcheuses est délibérément politique. Pour elles, le dérèglement climatique n’est pas qu’une affaire d’émissions et de températures : il aggrave la pauvreté, la précarité énergétique et les inégalités sociales. Les femmes rurales en absorbent une part disproportionnée, confrontées à un accès plus limité à la terre, aux ressources financières, à l’éducation et aux opportunités économiques, tout en étant en première ligne face aux chocs climatiques.
Khady Camara, porte-parole des marcheuses, a dressé un tableau précis des menaces : inondations récurrentes, sécheresses prolongées, dégradation des terres, érosion côtière et perturbations des saisons agricoles compromettent les moyens de subsistance de communautés déjà fragilisées. Ces phénomènes, selon elle, menacent directement la sécurité alimentaire et enfoncent davantage dans la pauvreté les populations les plus exposées.
Des revendications ciblées sur le financement
Au cœur des demandes figure une exigence financière précise : des « financements climatiques prévisibles et accessibles » aux pays vulnérables, privilégiant les dons plutôt que les prêts. Cette nuance n’est pas anodine. Une grande part du financement climatique acheminé vers les pays en développement se présente sous forme de prêts, parfois à taux concessionnels, ce qui alourdit les dettes souveraines d’États déjà contraints. Le débat sur la nature des flux climatiques — dons versus endettement — est l’un des points de friction récurrents dans les négociations internationales, sans qu’aucune résolution satisfaisante n’ait encore émergé.
Khady Camara a par ailleurs préconisé un investissement accru dans la restauration des écosystèmes, les pratiques agricoles durables et les infrastructures vertes, comme leviers de développement des économies locales. La porte-parole plaide aussi pour que les réalités locales soient mieux intégrées dans les politiques climatiques nationales et internationales.
L’État présent, mais sans engagement chiffré
Ibrahima Fall, représentant de la Direction du changement climatique, de la transition écologique et des financements verts, a pris part à la marche et salué la mobilisation. « L’action climatique ne se limite pas aux négociations internationales. Elle se construit dans nos communautés, à travers les changements de comportement et l’engagement citoyen », a-t-il déclaré, reconnaissant que les femmes sont « parmi les forces qui apportent des solutions ».
La présence d’un représentant institutionnel témoigne d’une certaine convergence entre société civile et appareil d’État. Elle n’emporte toutefois aucun engagement concret : aucune mesure nouvelle, aucun montant, aucun calendrier n’ont été annoncés à l’occasion de cette marche. La question reste ouverte de savoir dans quelle mesure ces revendications seront portées par la délégation sénégalaise à Antalya.
Ce que la COP31 devra dire
Les participantes attendent des négociations turques des « engagements concrets » — expression volontairement vague qui traduit une méfiance accumulée envers des sommets climatiques ayant multiplié les déclarations d’intention sans toujours leur donner corps. La justice climatique qu’elles revendiquent implique, selon elles, une transformation des modes de production et de consommation, la protection des ressources naturelles et un renforcement du rôle des femmes dans les décisions environnementales.
Ce dernier point mérite attention : la représentation féminine dans les délégations officielles aux COP demeure inégale, et l’intégration d’une perspective de genre dans les mécanismes de financement climatique reste partielle. La marche de Dakar rappelle que les populations les plus touchées sont rarement celles qui négocient.
Source : APS (Agence de Presse Sénégalaise), 24 octobre 2025.
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- Length
- 703 words · 4 min read
- Published
- October 25, 2026
- Byline
- Moussa D.
- Source
- Les Afriques