Renforcement
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, une pression maximale a été mise par Washington sur ses alliés européens de l’Otan pour moderniser leurs infrastructures militaires et pour augmenter, au sein de l’Organisation, leur participation financière. Une pression très mal vécue par de nombreux pays avec lesquels ces deux dernières années ont été […]
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, une pression maximale a été mise par Washington sur ses alliés européens de l’Otan pour moderniser leurs infrastructures militaires et pour augmenter, au sein de l’Organisation, leur participation financière. Une pression très mal vécue par de nombreux pays avec lesquels ces deux dernières années ont été très tendues. Toutefois, après plusieurs rencontres et de multiples coups d’éclats de part et d’autre de l’Atlantique, les Européens assurent être décidés à faire un effort pour améliorer leurs participations à l’Otan. En effet, les cinq principales puissances militaires européennes de l’Organisation se disent prêtes à assumer «une responsabilité accrue», politique et militaire, au sein de l’Alliance atlantique. Leurs ministres de la Défense l’ont affirmé lundi, à l’issue d’une réunion à Paris. «Nous, ministres de la Défense de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne et du Royaume-Uni (le Groupe des Cinq/E5), partageons une conviction profonde : l’Europe doit assumer une plus grande part de responsabilité pour sa propre sécurité», écrivent Catherine Vautrin, Boris Pistorius, Guido Crosetto, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz et Wes Streeting dans une déclaration conjointe. À Paris, le ministre polonais était représenté par son vice-ministre, Pawel Zalewski. Les cinq ministres sont sous pression de Washington depuis l’élection de Donald Trump. Ils assurent être «déterminés à travailler en étroite coordination avec les États-Unis et l’ensemble des Alliés afin de concrétiser cette ambition». «Cette responsabilité accrue doit commencer par le renforcement du rôle des Alliés européens au sein de l’Otan», poursuivent-ils, en soulignant que les États-Unis resteront «un allié indispensable». Afin d’œuvrer à «une Europe plus forte dans une Otan elle aussi plus forte, nous avons décidé de travailler ensemble, concrètement, pour atteindre cet objectif selon une méthode précise et un calendrier défini, et en toute transparence avec les États-Unis en ce qui concerne le partage de la charge que nous devons assumer», a indiqué la ministre française lors d’une conférence de presse conjointe, ajoutant qu’une prochaine réunion du groupe E5 se tiendrait en mars prochain à Rome. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, qui a participé à la réunion, a appelé pour sa part «à moderniser nos forces et nos capacités afin de bâtir une Europe plus forte au sein d’une Otan renforcée». Évoquant la volonté des États-Unis de réduire leur présence militaire en Europe, Pawel Zalewski s’est dit convaincu qu’un accord serait trouvé avec Washington pour que «ce processus soit coordonné, qu’il repose sur des arrangements que nous définirons ensemble, Américains, Européens et Canadiens, afin (…) qu’il n’y ait aucune lacune capacitaire, aucune lacune en matière de dissuasion, et que l’Alliance fonctionne efficacement, comme une machine parfaitement huilée». Le Pentagone avait pris de court les Européens en mai en annonçant le retrait de quelque 5 000 troupes en Allemagne, soit environ 15 % des 36 000 soldats stationnés dans ce pays, où cette présence joue un rôle crucial pour la sécurité et l’économie locale. Washington avait alors précisé que ce retrait serait effectif dans les «six à douze prochains mois». Un retrait que Donald Trump avait plus ou moins explicitement lié au refus des Européens de participer de quelque façon que ce soit, pas même en renfort, à la guerre que Washington mène contre l’Iran depuis mars dernier. Un «châtiment» d’une nature proche avait d’ailleurs été décidé contre la Corée du Sud pour les mêmes raisons. Mais loin des discours, ces annonces devront être suivies de faits concrets, surtout que rien de tangible n’a été décidé. Les conclusions de cette rencontre restent ainsi très floues avec des intentions de «modernisation» et de «renforcement» qui laissent de côté les chiffres, pas de budget tangible ayant été présenté, avec un calendrier non précisé.
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- 611 words · 3 min read
- Published
- October 27, 2026
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- Le jour d'Algérie