
Le bras de fer se durcit dans le secteur de la ferraille au Sénégal. Serigne Momar Sokhna, président des exportateurs métalliques du Sénégal, annonce la saisine de la Cour suprême pour contester l'arrêté ministériel imposant aux exportateurs un dépôt d'au moins 5 000 m² pour exercer. Introduite entre 2023 et 2024, cette exigence bloquerait, selon lui, l’activité de nombreux opérateurs et fragiliserait toute une chaîne de ferrailleurs, d'ameneurs et d'intermédiaires. Il réclame un traitement équitable entre tous les titulaires de licences.
Cette contestation survient dans un secteur déjà exsangue : sur les 14 exportateurs licenciés, seuls trois seraient encore en activité. Serigne Momar Sokhna y voit un système qui écarte certains opérateurs au profit d'autres, et appelle les autorités à arbitrer. La crise couve depuis plus d'un an : en août 2025 déjà, les exportateurs avaient saisi le président Bassirou Diomaye Faye pour dénoncer les retards dans le renouvellement de leurs licences et réclamer une clarification du cadre réglementaire. Le manque à gagner serait considérable : les professionnels estiment que le secteur pourrait générer entre 30 et 40 millions de FCFA tous les sept jours, avec plus de 60 conteneurs acheminés vers le
port de Dakar
sur cette période. Après plusieurs interpellations restées sans effet auprès de l'Administration et de l'Exécutif, le dossier prend désormais une tournure judiciaire. Pour les opérateurs, l'objectif reste clair : faire revoir une exigence jugée excessive et obtenir un cadre réglementaire permettant à l'ensemble des titulaires de licences de reprendre normalement leur activité.