Près de 29000 postes à pourvoir en 2027: Un budget colossal pour révolutionner la santé
Porté par une hausse budgétaire de plus de 8 %, le projet de loi de finances pour 2027 accorde une priorité absolue à l’approvisionnement pharmaceutique, au recrutement de près de 28 300 agents et à la levée des verrous réglementaires sur la radiothérapie. Un tournant stratégique présenté par le ministre de la Santé pour rééquilibrer l’offre de soins sur l’ensemble du territoire national.
Le secteur de la santé s’apprête à bénéficier d’une enveloppe budgétaire renforcée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027, atteignant 1 138,72 milliards de dinars de crédits de paiement, ce qui représente une progression de 8,64 % sur un an. Auditionné lundi en fin de journée par la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale, le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a annoncé un important renforcement des effectifs et des investissements, tout en insistant impérativement sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des ressources allouées.
Devant les parlementaires, le ministre a affirmé avec conviction que l’amélioration de la performance du système de santé ne se limite nullement à la simple mise à disposition de ressources financières, mais exige avant tout une utilisation rationnelle de ces moyens. Il a ainsi mis en avant le strict respect des principes d’efficacité, de transparence et de bonne gouvernance en présentant les dispositifs prévus pour moderniser les infrastructures sanitaires, bonifier les prestations et répondre au plus près aux besoins légitimes de la population.
Dans le détail, l’enveloppe proposée s’élève précisément à 1 138,72 milliards de dinars en crédits de paiement et à 1 111,83 milliards en autorisations d’engagement, affichant des hausses respectives de 8,64 % et de 7,05 % par rapport à l’exercice 2026. Cette progression notable permet au département de la santé de s’octroyer le cinquième rang parmi l’ensemble des départements ministériels en volume de crédits. Le ministre a tenu à rappeler que les priorités retenues pour les trois prochaines années s’articulent autour de la protection et de la promotion de la santé publique, du renforcement de la prévention ainsi que de la lutte active contre les maladies transmissibles et non transmissibles, sans oublier l’optimisation de la qualité des prestations offertes aux citoyens.
L’approvisionnement en produits pharmaceutiques constitue à cet égard l’un des postes de dépenses les plus lourds et stratégiques. Une enveloppe substantielle de 183,55 milliards de dinars a été consacrée à l’acquisition des médicaments et des produits médicaux par le biais de la Pharmacie centrale des hôpitaux, marquant une augmentation de 52,96 % par rapport à l’année précédente.
À cette somme s’ajoutent 30 milliards de dinars spécifiquement réservés à l’achat de vaccins, de sérums et de réactifs de laboratoire auprès de l’Institut Pasteur d’Algérie, tandis que les établissements publics de santé percevront une contribution de 180 milliards de dinars de la part des organismes de sécurité sociale, soit une rallonge de 10 milliards par rapport à 2026.
**Près de 29 000 postes à pourvoir
**Le vaste programme de prévention et de soins dispose quant à lui de 353 milliards de dinars en crédits de paiement et de près de 329,8 milliards en autorisations d’engagement, progressant respectivement de 16,45 % et de 9,76 %. Ces crédits permettront de financer concrètement la construction, l’extension et la réhabilitation des structures sanitaires à travers le pays, ainsi que l’acquisition d’équipements médicaux de pointe, d’ambulances et de cliniques mobiles. Ce volet intègre 212 nouvelles opérations d’investissement et la réévaluation de 66 opérations existantes, portant à 363 le nombre total d’opérations d’investissement nouvelles prévues pour le secteur, incluant la concrétisation de nombreux projets d’hôpitaux et de polycliniques.
Sur le plan des ressources humaines, le projet de budget prévoit l’ouverture historique de 28 329 postes financiers, soit 3 842 de plus qu’en 2026, dont la grande majorité sera affectée directement aux établissements publics de santé. Cette répartition détaillée comprend 17 000 postes paramédicaux, 3 000 postes de médecins spécialistes, ce qui représente 400 de plus que l’exercice précédent, ainsi que 2 000 postes de médecins généralistes.
Le dispositif intègre également 1 592 postes de sages-femmes, 154 postes d’enseignants paramédicaux et 1 000 postes relevant des corps communs. De surcroît, le programme de formation en santé bénéficie de 14,58 milliards de dinars en crédits de paiement et de 12,23 milliards en autorisations d’engagement pour consolider les capacités pédagogiques et logistiques des structures de formation.
L’examen de ce budget s’accompagne en outre de deux modifications législatives d’envergure destinées à lever les obstacles bureaucratiques et financiers. La première mesure élargit les dépenses autorisées du Fonds des urgences et des activités de soins médicaux au financement direct des urgences médicales et médico-chirurgicales. La seconde porte sur les importations de biens destinés à la vente en l’état et les services associés dans le domaine crucial de la radiothérapie, en les exemptant de l’obligation de participation des résidents nationaux à hauteur de 51 %.
Le ministre a expliqué que cette disposition réglementaire facilitera grandement l’acquisition d’équipements de radiothérapie, accélérera leur maintenance, garantira la disponibilité pérenne des pièces de rechange et favorisera le transfert des technologies de pointe. Une telle flexibilité répond à un impératif absolu de santé publique visant à écourter significativement les délais d’attente pour les rendez-vous de traitement des patients atteints de cancer.
Il convient de souligner qu’en plus du budget alloué par l’État, le secteur s’appuie sur deux mécanismes de financement spécifiques que sont le Fonds de lutte contre le cancer et le Fonds des urgences et des activités de soins médicaux. Lors des débats nourris qui ont suivi, les membres de la commission parlementaire ont soulevé plusieurs préoccupations légitimes liées aux conditions concrètes de prise en charge sur le terrain.
Les députés ont notamment réclamé des précisions sur la formation et la qualification des personnels, la transformation judicieuse de certaines salles de soins en structures offrant un éventail de services élargi, ainsi que l’intégration indispensable de spécialités médicales dans les communes qui en sont actuellement dépourvues. L’accélération de la cadence des projets sanitaires, la disponibilité constante des équipements dans les hôpitaux et une coordination accrue entre le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie et la Pharmacie centrale des hôpitaux ont également été ardemment défendues pour garantir la continuité absolue des traitements, tout en pointant du doigt la pénurie persistante de médecins radiologues spécialistes.
En ouverture de la séance, le président de la commission, Abdelhafid Brima, avait rappelé avec force l’importance cruciale des ressources consacrées à un secteur directement lié au bien-être du citoyen. Il a insisté sur le fait que ces moyens doivent impérativement couvrir l’ensemble du triptyque de la santé, à savoir la prévention, les soins et la formation, tout en sanctuarisant la gratuité des soins dans les établissements publics.
Il a également tenu à souligner que l’évaluation d’un tel budget ne saurait se limiter à la simple lecture du montant des crédits, mais doit impérativement mesurer leur adéquation rigoureuse avec les besoins réels du terrain et l’efficacité manifeste de leur utilisation.
En guise de réponse, Mohamed Seddik Aït Messaoudene a réitéré l’importance capitale d’une répartition plus équilibrée et juste des ressources entre l’ensemble des wilayas du pays. Il a soutenu avec conviction que l’élaboration minutieuse de la nouvelle carte sanitaire permettra d’identifier précisément les besoins réels et d’orienter au mieux les investissements.
Mettant l’accent sur la gouvernance moderne, le ministre a évoqué le recours imminent à des référentiels unifiés pour harmoniser les activités et évaluer les résultats, ainsi qu’à la numérisation pour moderniser en profondeur les méthodes de gestion et élever la qualité de la prise en charge. Il a conclu en réaffirmant que cette démarche volontariste contribuera à garantir une répartition équitable des services de santé et à propulser leur qualité dans toutes les régions du pays.
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- 1,297 words · 6 min read
- Published
- October 20, 2026
- Byline
- Kamel Mansari
- Source
- Le Jeune Indépendant