Le triumvirat de la poudre aux yeux : quand trois armées en carton-pâte s’exhibent au Maroc
Par Mehenna H. – Une mise en scène grotesque pour masquer une vacuité stratégique absolue. Voilà comment résumer la rencontre militaire actuelle organisée au Maroc, réunissant les responsables des forces armées du makhzen, des Emirats arabes unis et de la faction de l’Est libyen sous la coupe de Khaled Haftar. ... Lire la suite
**Par Mehenna H. – **Une mise en scène grotesque pour masquer une vacuité stratégique absolue. Voilà comment résumer la rencontre militaire actuelle organisée au Maroc, réunissant les responsables des forces armées du makhzen, des Emirats arabes unis et de la faction de l’Est libyen sous la coupe de Khaled Haftar. Officiellement réunis dans le cadre d’une foire aux armes orchestrée par le régime d’Abou Dhabi sur le sol de son vassal marocain, ces trois acteurs feignent la puissance. En réalité, cette alliance de circonstance met en scène trois armées en carton-pâte dont l’agenda réel est dicté bien loin de leurs capitales respectives : à Tel-Aviv.
L’organisation de ce salon d’armement par les Emirats arabes unis chez leur subordonné maghrébin ne trompe personne. Derrière le clinquant des équipements exposés et la rhétorique de la coopération bilatérale, l’ombre de l’Etat hébreu plane de manière flagrante. Depuis la signature des accords d’Abraham, le Maroc et les Emirats arabes unis ont officiellement endossé le rôle de sous-traitants de l’Etat voyou d’Israël dans leurs régions respectives. Abou Dhabi opère comme le banquier et le pivot de Benyamin Netanyahou au Moyen-Orient, tandis que Rabat s’est transformé en tête de pont militaire israélien en Afrique du Nord. L’inclusion des milices de l’Est libyen de Haftar dans cette équation valide la volonté israélienne de verrouiller le flanc sud de la Méditerranée en s’appuyant sur des exécutants locaux.
Sur le plan purement opérationnel, le qualificatif d’armées en carton-pâte prend tout son sens. L’armée marocaine, malgré des milliards payés par les «mécènes» et investis en technologies étrangères, externalise désormais sa doctrine et sa sécurité à des conseillers israéliens, abdiquant sa souveraineté militaire, si tant est qu’elle n’ait jamais existé. De son côté, l’armée émiratie reste une force de projection purement financière, incapable de mener un conflit de haute intensité sans dépendre massivement de mercenaires et de technologies importées. Quant aux troupes de Khaled Haftar, elles ne survivent que par perfusion financière d’Abou Dhabi et par l’appui de forces privées étrangères, incarnant la fragilité d’un pouvoir libyen fragmenté.
Cette foire aux armes marocaine n’est donc pas une initiative de défense régionale authentique, mais une opération de vitrine. Il s’agit d’une manœuvre de communication commanditée par Israël pour normaliser sa présence stratégique au Maghreb et en Libye, en utilisant ses intermédiaires arabes comme boucliers et diplomates d’affaires. En acceptant de jouer les figurants de ce théâtre d’ombres, le régime marocain et ses partenaires émiratis et libyens de l’est confirment leur statut de rouages d’un agenda militaire global qui les dépasse, privilégiant la survie de leurs régimes au détriment de l’indépendance de la région.
M. H.
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- 433 words · 2 min read
- Published
- October 13, 2026
- Byline
- Rédaction
- Source
- Algérie Patriotique