Elections législatives en Israël : une participation électorale record en début de scrutin, Netanyahu confronté à la percée d’Eisenkot
Les Israéliens se rendent aux urnes ce mardi 27 octobre dans un scrutin décisif pour l’avenir politique de Benjamin Netanyahu. Face au Premier ministre sortant, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot entend incarner une alternative, sur fond de crise de confiance après les attaques du 7 octobre 2023 et de profondes divisions au sein de la société israélienne.
Les élections législatives israéliennes s’ouvrent dans un climat politique particulièrement tendu. Près de 7,3 millions d’électeurs sont appelés à renouveler les 120 sièges de la Knesset, le Parlement israélien, dans un scrutin qui pourrait redessiner les équilibres du pouvoir et déterminer la capacité de Benjamin Netanyahu à poursuivre sa longue carrière à la tête du gouvernement.
Dès les premières heures du vote, la mobilisation a atteint un niveau inhabituellement élevé. Selon les données communiquées par la Commission électorale, 16,7 % des électeurs inscrits avaient déjà voté au cours des trois premières heures, soit le taux de participation initial le plus important enregistré depuis 1981. Un indicateur qui témoigne de l’importance accordée à cette consultation, même si son impact sur le résultat final reste à déterminer.
Netanyahu face au bilan du 7 octobre
Pour Benjamin Netanyahu, âgé de 77 ans, cette élection constitue un test politique majeur. Le chef du gouvernement sortant reste confronté aux conséquences des attaques du Hamas du 7 octobre 2023, qui ont fait plus de 1 200 morts en Israël et entraîné une succession de conflits régionaux, notamment dans la bande de Gaza et au Liban, ainsi qu’une confrontation avec l’Iran.
L’incapacité des autorités israéliennes à empêcher cette attaque a alimenté de nombreuses critiques contre l’appareil politique et sécuritaire du pays. Les responsabilités de cette défaillance restent au cœur du débat national, tandis que Netanyahu continue de rejeter les accusations mettant directement en cause sa conduite des affaires sécuritaires.
Le Premier ministre tente néanmoins de mobiliser son électorat autour de la sécurité nationale, de la menace iranienne et de ses relations privilégiées avec le président américain Donald Trump. Il mise également sur la capacité du Likoud, son parti de droite, à demeurer au centre du jeu politique.
Sa situation est toutefois fragilisée par les controverses qui entourent son exercice du pouvoir, notamment les poursuites pour corruption dont il fait l’objet. Après plusieurs périodes à la tête du gouvernement, totalisant près de deux décennies, Netanyahu joue une nouvelle fois la continuité politique.
Gadi Eisenkot, une alternative issue de l’appareil militaire
Son principal rival, Gadi Eisenkot, 66 ans, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, tente de transformer le mécontentement d’une partie de l’électorat en dynamique politique.
À la tête de la formation centriste Yashar, il promet notamment la création d’une commission d’enquête publique indépendante sur les défaillances ayant précédé les attaques du 7 octobre. Cette proposition constitue l’un des points de rupture avec Netanyahu, accusé par ses opposants de vouloir éviter un examen approfondi des responsabilités politiques.
Eisenkot porte également un discours marqué par son expérience personnelle du conflit : il a perdu son fils, âgé de 25 ans, ainsi que deux neveux dans la guerre à Gaza. Lors de sa campagne, il a dénoncé une stratégie gouvernementale qu’il juge fondée sur la peur et les menaces, tout en affirmant sa conviction qu’un changement politique pourrait ouvrir une nouvelle étape pour Israël.
Les derniers sondages cités avant le scrutin plaçaient le Likoud et Yashar au coude-à-coude. Cette configuration laisse entrevoir une compétition serrée, sans garantir pour autant que le parti arrivé en tête disposera des soutiens nécessaires pour gouverner.
La question palestinienne reste un point de convergence
Malgré leurs divergences sur la gestion du pouvoir et les responsabilités liées au 7 octobre, les deux principaux protagonistes partagent des positions restrictives concernant la création d’un État palestinien. Gadi Eisenkot, comme Benjamin Netanyahu et la majorité des formations politiques juives, s’oppose à cette perspective.
L’ancien responsable militaire s’est cependant montré critique à l’égard des violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie occupée, des incidents dont la fréquence a augmenté depuis 2023.
Cette convergence sur la question palestinienne souligne les limites du débat politique israélien : l’alternance éventuelle au sommet de l’État ne signifie pas nécessairement une évolution fondamentale de la position dominante sur les perspectives d’un règlement politique du conflit.
Parallèlement, la participation des citoyens arabes d’Israël constitue un autre enjeu du scrutin. Le député Ahmed Tibi a fait état d’une mobilisation qu’il présente comme sans précédent au sein de cet électorat. Le poids parlementaire des partis arabes pourrait ainsi compter dans les négociations qui suivront le vote, même si Eisenkot a exclu une alliance gouvernementale avec ces formations, invoquant des divergences politiques et idéologiques.
Un scrutin proportionnel qui rend les alliances décisives
Le système électoral israélien rend l’issue du scrutin particulièrement difficile à anticiper. Les 120 députés sont élus à la proportionnelle, sur la base de listes nationales, et une formation doit recueillir au moins 3,25 % des suffrages pour entrer à la Knesset.
Aucun parti n’ayant jamais obtenu seul la majorité absolue des sièges, la formation du gouvernement dépend généralement d’accords entre plusieurs formations. La majorité nécessaire est fixée à 61 députés.
Dans ce contexte, les petites formations peuvent jouer un rôle déterminant. Benjamin Netanyahu pourrait une nouvelle fois chercher à s’appuyer sur ses alliés de droite et d’extrême droite, notamment Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich. Mais cette stratégie comporte des risques : les exigences de ces partenaires pourraient compliquer les négociations et peser sur la composition du futur gouvernement, ainsi que sur ses orientations politiques.
La capacité de Gadi Eisenkot à rassembler des soutiens au-delà de son propre camp sera tout aussi déterminante. Une éventuelle avance électorale ne suffirait pas, à elle seule, à lui ouvrir les portes du pouvoir.
Les résultats attendus dans les prochains jours
La campagne a également été marquée par des accusations relatives à l’intégrité du processus électoral. Mardi, Benjamin Netanyahu a relayé sur le réseau social X une information concernant l’arrestation de trois personnes soupçonnées d’avoir tenté de corrompre des électeurs. Il a appelé les sympathisants du Likoud à se mobiliser massivement.
Ses adversaires redoutent que de telles déclarations contribuent à alimenter les soupçons autour du scrutin, une interprétation rejetée par son entourage. Les accusations évoquées devront être appréciées au regard des éléments établis par les autorités compétentes.
Selon le calendrier annoncé, les résultats définitifs sont attendus d’ici au 30 octobre, avant leur proclamation officielle le 4 novembre. Le président Isaac Herzog mènera ensuite les consultations avec les représentants des partis afin de désigner la personnalité la mieux placée pour former une coalition. Le candidat chargé de cette mission disposera de 42 jours pour constituer son gouvernement.
Si aucun des deux principaux prétendants ne parvient à réunir une majorité parlementaire, Israël pourrait entrer dans une nouvelle période d’incertitude, avec le maintien temporaire du gouvernement sortant et la possibilité de nouvelles élections.
La rédaction/Le7tv
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- October 27, 2026
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