Commissions d’enquête parlementaire : La cohérence politique à l’épreuve (Par Fatoumata Niang)

Hier, Ousmane Sonko contestait la démarche d’une commission d’enquête parlementaire dans l’affaire des 94 milliards, estimant notamment qu’il ne revenait pas à une assemblée nationale politique de mener des enquêtes à la place de la justice qui devait être saisie dans cette affaire.
Aujourd’hui, à la tête de l’Assemblée nationale, il change de fusil d’épaule comme à son habitude en bénissant le recours aux commissions d’enquêtes parlementaires.
Alors, qu’est-ce qui a changé : les principes ou les circonstances ?
Soyons clairs : les commissions d’enquêtes parlementaires sont des instruments légitimes du contrôle démocratique en amont. Elles doivent permettre d’éclairer les citoyens, d’établir les faits et de contribuer à la transparence dans la gestion des affaires publiques. Mais leur crédibilité dépend de leur impartialité, de leur rigueur et de leur respect des règles en la matière.
Ce qui interpelle, c’est cette impression de deux poids, deux mesures qui peut naître lorsque des positions évoluent selon que l’on se trouve dans l’opposition ou aux responsabilités.
La reddition des comptes ne peut pas être un principe à géométrie variable. Elle ne saurait être défendue uniquement lorsqu’elle concerne les autres, ni contestée lorsqu’elle nous concerne directement.
Curieusement, il a fallu que Ousmane SONKO quitte la Primature et rejoigne l’Assemblée nationale pour que les enquêtes parlementaires soient déclenchées avec des cibles bien précises. Ce qui accrédite fortement la thèse de l’activisme parlementaire pré électoral auquel s’adonnent en ce moment les députés de Pastef.
Le Sénégal n’a pas besoin d’un théâtre politique permanent, mais d’institutions crédibles, de principes constants et d’une véritable exigence de vérité.
On ne peut pas réclamer la transparence hier et refuser le débat aujourd’hui, ni dénoncer les méthodes d’hier pour les reproduire aujourd’hui.
En politique, les paroles passent, les responsabilités changent, mais la cohérence demeure une exigence.
Le véritable changement ne se mesure pas aux discours, mais à la constance des principes dans l’exercice du pouvoir.
Le peuple sénégalais mérite mieux que des contradictions politiques : il mérite des actes, de la justice et de la transparence pour tous.
Par MADAME FATOUMATA NIANG
CADRE KIIRAY NATIONAL
MEMBRE TASK FORCE COMMUNICATION
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About this article
- Length
- 348 words · 2 min read
- Published
- October 11, 2026
- Byline
- Diéry DIALLO
- Source
- Senego