Agadir : L’hôtellerie entre montée en gamme et nouvelles capacités
**Si Agadir et Taghazout Bay disposent aujourd’hui de la demande, l’enjeu est désormais de faire évoluer l’outil hôtelier au même rythme. **
Tourisme : Montée en qualité, rénovation, nouvelles normes, efficacité énergétique et digitalisation : l’hôtellerie régionale est face à plusieurs chantiers. Réunis à Agadir, professionnels et institutionnels ont posé les enjeux d’une transformation devenue nécessaire. D’autant que la destination affiche une fréquentation soutenue et commence à se heurter aux limites de sa capacité d’hébergement.
L’hôtellerie du Souss-Massa prépare sa prochaine étape. C’est tout le sens du forum organisé la semaine dernière par l’Association régionale de l’industrie hôtelière d’Agadir-Souss Massa (ARIH-ASM) et le Conseil régional du tourisme (CRT), en partenariat avec InterWorld. Autour de la table : hôteliers, institutionnels, experts et fournisseurs de solutions venus confronter leurs expériences et, surtout, identifier les leviers capables d’améliorer la compétitivité des établissements. Le timing n’est pas anodin. L’activité touristique tourne bien à Agadir et Taghazout Bay, mais les attentes de la clientèle évoluent tout aussi rapidement. À cela s’ajoutent de nouvelles exigences en matière de qualité, de consommation énergétique et de digitalisation. Autant de transformations qui obligent les établissements à revoir leurs standards, mais aussi leurs modes de fonctionnement.
Les nouvelles normes de classement ont d’ailleurs occupé une bonne partie des échanges. Au-delà de l’obligation réglementaire, les professionnels y voient un moyen de faire évoluer l’offre et de la rapprocher davantage des standards internationaux.
Investir dans la performance
Mais la montée en qualité ne se résume pas au classement. Efficacité énergétique, maîtrise des charges, rénovation des espaces, décoration, modernisation des équipements, digitalisation des opérations ou encore intelligence artificielle : le forum a balayé une large palette de solutions.
L’équation est à la fois commerciale et économique. Il s’agit d’améliorer l’expérience du client tout en maîtrisant les coûts d’exploitation et l’empreinte environnementale des établissements. Cette réflexion prend tout son sens au regard des performances actuelles de la destination. En août, les arrivées ont progressé de 2,4% sur un an et les nuitées de 2,64%. Le taux d’occupation moyen des hôtels classés a atteint 80,34%.
Sur les huit premiers mois de 2026, les arrivées affichent une hausse de 4,59% et les nuitées de 6,71%. Le taux d’occupation atteint 68,67%, contre 65,93% un an plus tôt. Le 5 étoiles affiche une dynamique encore plus soutenue : +23,93% d’arrivées et +26,82% de nuitées sur huit mois. Une évolution qui confirme le repositionnement progressif de la destination sur le haut de gamme, particulièrement visible à Taghazout Bay.
Une capacité qui atteint ses limites
La clientèle se diversifie également. La Pologne progresse de 43,3% depuis le début de l’année, les Pays-Bas de 53,27%, le Canada de 23,4% et le Portugal de 14,33%. Le Royaume-Uni demeure le premier marché étranger avec 246.431 arrivées, tandis que le marché national reste un pilier de la saison estivale. La France, en revanche, recule de 3,77% sur huit mois. Ces performances font émerger un autre enjeu : celui de la capacité. Pour les professionnels, Agadir arrive à saturation. Avec 31.827 lits et des taux d’occupation frôlant les 80% en haute saison, les possibilités d’absorber une demande supplémentaire se réduisent. La question est d’autant plus stratégique que la connectivité aérienne d’Agadir continue de se renforcer. Encore faut-il que l’offre d’hébergement puisse suivre cette montée en puissance. Deux chantiers se dessinent alors. Le premier concerne la création d’une nouvelle offre hôtelière. Le second, tout aussi important, porte sur les quelque 4.500 lits vétustes que compte encore la destination et qui nécessitent rénovation, reconversion ou remise à niveau. Pour Abdelhak Chahili, président de l’ARIH-ASM, la transformation du secteur passe précisément par une mobilisation collective. « Notre responsabilité est d’accompagner les établissements dans leur montée en qualité, de faciliter leur adaptation aux nouvelles normes et d’encourager les investissements qui améliorent durablement leur performance », souligne-t-il.
Le forum aura ainsi permis de mettre les sujets sur la table à un moment charnière pour la destination. Car si Agadir et Taghazout Bay disposent aujourd’hui de la demande, l’enjeu est désormais de faire évoluer l’outil hôtelier au même rythme. Entre nouveaux investissements, rénovation de l’existant et montée en qualité, c’est une nouvelle phase de développement qui se dessine pour l’hôtellerie régionale.
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About this article
- Length
- 699 words · 3 min read
- Published
- October 6, 2026
- Byline
- Malika ALAMI
- Source
- Aujourd'hui