ONU : Macky Sall se retire, Donald Trump repasse à l’offensive

Le premier vote indicatif à bulletins colorés du Conseil de sécurité des Nations unies, organisé vendredi 16 octobre, a mis en évidence le poids du droit de veto dans la désignation du prochain secrétaire général. Aucun des sept candidats n’a échappé aux découragements d’au moins deux membres permanents. À l’issue du scrutin, les États-Unis, seuls parmi les cinq grandes puissances à s’exprimer publiquement de manière détaillée, ont réaffirmé leurs exigences sur le profil du futur dirigeant, sans exclure l’arrivée de nouvelles candidatures. Le droit de veto, régulièrement contesté pour le pouvoir qu’il confère à cinq États sur les décisions du Conseil de sécurité, vient une nouvelle fois de montrer son poids dans le fonctionnement des Nations unies. Cette fois, il ne s’agit pas d’une résolution sur un conflit international, mais du choix de celui ou celle qui dirigera l’organisation à partir du 1er janvier 2027. Les bulletins colorés utilisés vendredi ont permis de distinguer les votes des cinq membres permanents (les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni) de ceux des dix membres élus. Le résultat est sans appel : les sept candidats ont tous été découragés par au moins deux grandes puissances détentrices du droit de veto. Ce qui s’est passé vendredi au Conseil de sécurité ressemble à une course sans premier ni dernier. En effet, même la Costaricienne Rebeca Grynspan, toujours considérée en tête avec neuf encouragements, a enregistré deux découragements de ces puissances. L’ancien président sénégalais Macky Sall en a reçu trois, malgré le soutien de deux autres permanents. Ces découragements ne constituent pas encore des vetos formels. Ils montrent néanmoins qu’aucun candidat ne bénéficie actuellement de l’absence d’opposition des cinq puissances, condition indispensable à une recommandation officielle du Conseil de sécurité.
Washington veut un partenaire pour Donald Trump
À l’issue du scrutin, l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a été le seul représentant des cinq membres permanents à développer publiquement la position de son pays. Pour Washington, la priorité n’est ni le genre ni l’origine géographique du prochain secrétaire général, mais sa capacité à accompagner les réformes souhaitées par l’administration Trump. « Le Président Trump a besoin d’un partenaire sur la scène mondiale pour faire avancer la paix », a déclaré Mike Waltz, insistant sur la nécessité de choisir une personnalité capable de conduire de profondes transformations au sein de l’organisation. L’ambassadeur américain estime que l’ONU, après 80 années d’existence, a cherché à intervenir dans trop de domaines. Il défend une réduction de ses activités et un recentrage sur la paix, la sécurité et une diplomatie efficace. Interrogé sur les critères de rotation régionale et de représentation féminine, Mike Waltz a reconnu leur importance pour certains États, tout en précisant que Washington recherchait avant tout « le meilleur candidat ». Cette position marque une différence avec les préférences exprimées au cours du processus, notamment en faveur d’une première femme secrétaire générale et d’un candidat issu d’Amérique latine et des Caraïbes. L’absence de consensus autour des sept prétendants relance désormais la possibilité de nouvelles candidatures. Interrogé sur cette éventualité, Mike Waltz n’a pas fermé la porte. « Si des pays souhaitent présenter davantage de candidats, cela relève de leurs droits souverains », a-t-il déclaré, ajoutant que le Conseil de sécurité déciderait de la suite du processus. Plusieurs noms circulent déjà dans les milieux diplomatiques. Beaucoup de sources proches citent notamment Lana Nusseibeh, ancienne représentante permanente des Émirats arabes unis auprès de
l’ONU
, le Jamaïcain Courtenay Rattray, ancien haut responsable des Nations unies, le Turc Feridun Sinirlioğlu, secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ainsi que la Mexicaine Alicia Bárcena, ancienne secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Toutefois, la fin du mandat d’António Guterres approche à grands pas, faisant de la question du temps un paramètre à prendre sérieusement en compte.
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- Length
- 641 words · 3 min read
- Published
- October 19, 2026
- Byline
- Thierno Gueye
- Source
- Senenews