Kiiraay : tensions internes autour des déclarations de Serigne Guèye Diop

Une sortie lors de la première Université d'hivernage du parti a suffi à ouvrir un front interne. En appelant à faire table rase des structures locales, le ministre de l'Industrie et du Commerce s'est heurté à une vive réaction de la coordination départementale de Kaolack, qui revendique sa fidélité à la hiérarchie conduite par Aminata Touré. Tout est parti de la première Université d'hivernage de Kiiraay, organisée le samedi 3 octobre au King Fahd Palace de Dakar. Prenant la parole en sa qualité de superviseur adjoint chargé de la massification, Serigne Guèye Diop a plaidé pour une remise en ordre complète à la base du parti. Le ministre a invité les militants à oublier les structures existantes, en soutenant qu'à ce stade, seules étaient reconnues les cinq structures placées sous l'autorité des superviseurs désignés par Bassirou Diomaye Faye. Le propos est allé plus loin. Serigne Guèye Diop a rejeté les désignations individuelles de coordinateurs, qu'ils soient régionaux, départementaux ou locaux. Il a demandé aux responsables de retourner dans les villes et les villages pour reconstruire l'ancrage du parti, estimant que la légitimité d'un responsable devait désormais se mesurer à sa capacité à mobiliser et à gagner des bureaux de vote.
Kaolack dit non et le fait savoir
La réponse n'a pas tardé. Dans un communiqué, la coordination départementale de Kiiraay à Kaolack a exprimé sa « profonde désolation » et sa « ferme désapprobation » face à ces déclarations. Loin de se plier à l'appel du ministre, elle affirme se référer aux orientations de la hiérarchie du parti, conduite par la superviseuse générale Aminata Touré, et inscrire son action dans la ligne politique fixée par Bassirou Diomaye Faye, président de Kiiraay. Le ton reste mesuré, mais le message est clair. La coordination appelle ses militants à poursuivre leur travail avec responsabilité, sérénité et discipline, une manière de signifier qu'elle ne compte ni se dissoudre ni attendre une nouvelle organisation pour continuer à exister sur le terrain. Au cœur de la polémique se trouve une question que tout jeune parti finit par affronter : qui tient les structures locales ? En déclarant caduques les coordinations existantes, Serigne Guèye Diop remet en cause des responsables qui se sont déjà installés dans les départements et qui estiment avoir posé les premières pierres du parti. Pour eux, l'appel à repartir de zéro sonne comme une mise à l'écart pure et simple. La position du ministre repose sur une autre logique. En faisant de la conquête des bureaux de vote le seul véritable critère de légitimité, il entend substituer la preuve du terrain aux nominations. C'est précisément ce basculement qui dérange, car il ouvre la voie à une redistribution des cartes au profit de ceux qui pourront démontrer leur poids électoral, au détriment de ceux qui doivent leur position à une désignation. La polémique révèle aussi une ambiguïté sur la chaîne de commandement. D'un côté, Serigne Guèye Diop s'exprime au nom de la mission de massification qui lui a été confiée et invoque les superviseurs désignés par le président du parti. De l'autre, la coordination de Kaolack place sa loyauté du côté de la superviseuse générale Aminata Touré. Les deux camps se réclament de Bassirou Diomaye Faye, ce qui rend l'arbitrage d'autant plus délicat. En se référant explicitement à Aminata Touré, les responsables de Kaolack rappellent qu'au-dessus du superviseur adjoint existe une autorité qu'ils considèrent comme la seule habilitée à donner le cap. Le désaccord prend ainsi une dimension qui dépasse le simple cadre départemental et pose la question de savoir qui, au sein de la direction, a le dernier mot sur l'organisation de la base.
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- Length
- 601 words · 3 min read
- Published
- October 4, 2026
- Byline
- Diack Sall
- Source
- Senenews