THIÈS - CNRIA 2026 : Faire de l’IA et de la cybersécurité des leviers de souveraineté numérique
THIÈS - CNRIA 2026 Faire de l’IA et de la cybersécurité des leviers de souveraineté numérique L’École polytechnique de Thiès (EPT) accueille la sixième édition des Conférences nationales sur la recherche en informatique et ses applications (CNRIA). Réunissant enseignants-chercheurs, doctorants et acteurs institutionnels autour des enjeux de l’intelligence artificielle (IA) et de la cybersécurité, cette rencontre met en lumière le potentiel scientifique du Sénégal et la nécessité de rapprocher da

THIÈS - CNRIA 2026
Faire de l’IA et de la cybersécurité des leviers de souveraineté numérique
L’École polytechnique de Thiès (EPT) accueille la sixième édition des Conférences nationales sur la recherche en informatique et ses applications (CNRIA). Réunissant enseignants-chercheurs, doctorants et acteurs institutionnels autour des enjeux de l’intelligence artificielle (IA) et de la cybersécurité, cette rencontre met en lumière le potentiel scientifique du Sénégal et la nécessité de rapprocher davantage la recherche des besoins de l’État et de la société.
Les enseignants-chercheurs, venus notamment de Thiès, de Dakar et de Saint-Louis, sont réunis à l’École polytechnique de Thiès dans le cadre de la sixième édition des Conférences nationales sur la recherche en informatique et ses applications (CNRIA). Cette rencontre scientifique constitue un cadre d’échanges et de valorisation des travaux de recherche consacrés aux technologies numériques, avec une attention particulière portée à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et à la digitalisation des services publics.
À l’heure où l’administration publique accélère sa digitalisation, la maîtrise des technologies, la protection des systèmes d’information et la formation de compétences nationales de haut niveau apparaissent comme des enjeux majeurs de souveraineté. Pour le directeur de l’École polytechnique de Thiès, l’organisation de cette conférence au sein d’une école d’ingénieurs revêt une importance particulière. Elle permet de renforcer les passerelles entre la formation, la recherche scientifique et les applications concrètes des nouvelles technologies.
Selon lui, l'établissement s’inscrit également dans la dynamique du Réseau des établissements publics de formation d’ingénieurs du Sénégal (REFIS), qui œuvre à la mutualisation des moyens pédagogiques, des plateformes de recherche et des infrastructures techniques, ainsi qu’à l’harmonisation des programmes de formation. Dans cette perspective, l’intelligence artificielle et la cybersécurité occupent une place croissante dans les stratégies de développement des écoles d’ingénieurs.
À l’EPT, cette orientation se traduit notamment par le lancement d’un master interuniversitaire en génie logiciel et intelligence artificielle, présenté comme une réponse aux besoins émergents du marché et aux nouvelles exigences de la recherche. L’école envisage également de développer d’autres formations spécialisées dans les domaines connexes à l’IA et à la cybersécurité, aussi bien au niveau master que dans les filières d’ingénierie. L’objectif est de diversifier les parcours, de renforcer l’attractivité des établissements et de favoriser une meilleure harmonisation des offres de formation, a-t-il révélé.
Le directeur de l’EPT souligne que ces collaborations contribuent au renforcement des activités scientifiques et à la mise en place d’initiatives complémentaires, notamment une école d’été destinée aux étudiants des établissements membres du réseau. Cette démarche vise à renforcer les compétences, à favoriser les échanges entre établissements et à préparer une nouvelle génération de chercheurs et d’ingénieurs aux défis du numérique.
Le directeur de l’EPT insiste par ailleurs sur la nécessité d’accompagner la digitalisation des établissements par des dispositifs de sécurisation adaptés et une formation continue des personnels. Pour lui, la transformation numérique ne saurait se limiter à l’adoption de nouvelles plateformes : elle suppose également la maîtrise des risques et une utilisation responsable des technologies.
Intelligence artificielle : produire des solutions adaptées aux réalités nationales
Le choix de placer l’intelligence artificielle au cœur des échanges répond à une préoccupation stratégique. Pour le professeur Maïssa Mbaye, le Sénégal doit aller au-delà de la simple utilisation des technologies conçues ailleurs et développer ses propres capacités de conception, d’adaptation et d’innovation. Il souligne que les travaux présentés dans le cadre de la CNRIA témoignent de la montée en puissance de la recherche nationale dans ce domaine.
Selon lui, près de 98 % des publications de cette édition seraient directement ou indirectement liées à l’intelligence artificielle, un chiffre qui reste à corroborer auprès des organisateurs. Cette dynamique traduit, à ses yeux, l’existence d’un vivier de doctorants, de docteurs et d’enseignants-chercheurs capables de contribuer au développement de solutions technologiques avancées. L’ambition est notamment de mettre ces compétences au service de secteurs essentiels comme la santé, l’agriculture et l’environnement, mais aussi de renforcer les capacités de l’administration publique.
La recherche pourrait ainsi contribuer à concevoir des outils mieux adaptés aux réalités sénégalaises, tout en éclairant les décisions des pouvoirs publics. Toutefois, le président de l’ASCI relève une difficulté persistante : l’accès aux données et aux informations relatives aux problématiques de l’État. En cas d’incident ou de dysfonctionnement, les chercheurs ne disposent pas toujours des éléments nécessaires pour mener des investigations approfondies.
Cette situation limite leur capacité à produire des analyses directement exploitables dans le contexte national. Il plaide, dès lors, pour une collaboration plus étroite entre les institutions publiques et la communauté scientifique, afin que les préoccupations de l’État puissent être traduites en sujets de recherche doctorale et déboucher sur des solutions concrètes.
Cybersécurité
La cybersécurité constitue l’autre grand axe de cette sixième édition. Pour les participants, l’accélération de la digitalisation des services publics expose davantage les infrastructures numériques aux cyberattaques, aux intrusions et aux risques de compromission des données. Le professeur Maïssa Mbaye estime que le Sénégal doit anticiper ces menaces en renforçant son expertise nationale. La transformation numérique, rappelle-t-il, ne peut être durable sans des mécanismes de protection adaptés et sans une capacité locale à comprendre les attaques, à les prévenir et à y répondre.
Dans cette perspective, les chercheurs sont appelés à jouer un rôle déterminant. Leurs travaux peuvent contribuer à améliorer la sécurité des systèmes d’information, à renforcer la protection des données et à développer des méthodes de détection et de prévention des cybermenaces.
Cette ambition suppose néanmoins de dépasser les cloisonnements entre les universités, les administrations et les acteurs opérationnels. Un accès mieux organisé aux données, dans le respect des exigences de confidentialité et de sécurité, permettrait notamment de transformer les incidents observés en objets d’étude et en opportunités d’innovation.
Ndeye Diallo (Thiès)
Section:
economie
About this article
- Length
- 939 words · 5 min read
- Published
- October 17, 2026
- Byline
- joe.waly
- Source
- Enqueteplus