Sûreté Urbaine : Ces nouvelles précisions autour de la plainte confirmée contre Ousmane Sonko

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Une enquête est officiellement ouverte contre le président de l'Assemblée nationale après une plainte de descendants de Serigne Touba. Mais son statut de député, protégé par l'immunité parlementaire, complique sérieusement la suite de la procédure. L'affaire remonte au 12 juillet dernier. Lors de l'inauguration du nouveau siège de PASTEF à Mbacké, en marge d'une déclaration où il critiquait ouvertement la gestion de l'État par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko aurait affirmé que « de l'argent sale » était entré dans la ville sainte de Touba — une allusion, selon plusieurs relais de presse, à des fonds publics détournés qui y auraient été distribués. Des propos qui ont provoqué une indignation immédiate chez une partie des descendants de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la cité religieuse. Deux jours plus tard, le 14 juillet, une plainte est déposée devant le procureur de la République près du tribunal de grande instance hors classe de Dakar par Serigne Modou Maroun Niang et Serigne Mourtalla Bousso, se présentant comme petits-fils de Serigne Touba. Ils estiment que les propos du président de l'Assemblée nationale sont susceptibles de porter atteinte à l'honneur, à la réputation et à l'image de la ville sainte ainsi qu'à la dignité de ses habitants. La plainte porte un cachet d'arrivée du parquet daté du 15 juillet. Une enquête ouverte, mais confiée à la Sûreté urbaine Le dossier a depuis connu un développement concret : le procureur a instruit l'ouverture d'une enquête,, confiée à la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar. C'est dans ce cadre que Serigne Makhtar Bousso, porte-parole des plaignants, a été entendu début septembre par les enquêteurs. Il a confirmé le maintien de la plainte et réitéré sa demande : que le président de l'Assemblée nationale s'explique publiquement sur ses déclarations, afin que « la lumière » soit faite sur cette affaire. Mais un point capital distingue ce dossier d'une enquête ordinaire : à ce stade, aucune procédure de perquisition, ni d'audition directe d'Ousmane Sonko n'a été ouverte, contrairement à des rumeurs ayant circulé sur les réseaux sociaux évoquant une possible surveillance ou des actes d'instruction plus musclés à son encontre. L'enquête de la Sûreté urbaine porte pour l'instant sur le recueil des éléments matériels et des témoignages autour des propos tenus le 12 juillet. C'est là que se noue le véritable enjeu judiciaire de l'affaire. Depuis le 26 mai 2026, Ousmane Sonko occupe la présidence de l'Assemblée nationale, un mandat qui, comme celui de tout député sénégalais, est protégé par l'immunité parlementaire. Ce statut ne rend pas un élu intouchable, mais il conditionne strictement la suite d'une procédure pénale à son encontre : aucune poursuite, arrestation ou détention ne peut en principe être engagée contre lui sans que l'Assemblée nationale n'autorise formellement la levée de cette immunité — sauf cas de flagrant délit. Le Sénégal a connu plusieurs précédents récents qui donnent une idée assez précise du parcours procédural qui attendrait, le cas échéant, une telle demande. Elle devrait émaner du ministre de la Justice, garde des Sceaux, sur requête d'un juge d'instruction ou du procureur compétent, et être adressée officiellement au président de l'Assemblée nationale — une configuration qui, dans le cas présent, poserait la question inédite de voir le chef de l'institution devenir lui-même l'objet de la demande qu'il devrait, en temps normal, réceptionner. Le dossier serait renvoyé devant la commission des lois, chargée de mettre en place une commission ad hoc composée de députés désignés par les différents groupes parlementaires, laquelle entendrait le député concerné ainsi que son défenseur avant d'établir un rapport motivé — favorable ou défavorable à la levée de l'immunité — adopté à la majorité simple de ses membres. Ce rapport serait soumis à un vote en séance plénière, où l'ensemble des députés se prononceraient sur ses conclusions. C'est ce mécanisme qui a permis, ces derniers mois, la levée de l'immunité de plusieurs parlementaires dans le cadre de dossiers financiers instruits par le Pool judiciaire financier, à l'image du député-maire de Louga Moustapha Diop, dont la levée d'immunité avait été votée par 115 voix pour, 3 contre et 10 abstentions. Un scénario politiquement improbable à court terme Reste que, dans la configuration actuelle, un tel scénario paraît hautement improbable à brève échéance. Ousmane Sonko n'est pas un simple député : il préside l'institution même qui serait chargée d'examiner la demande de levée de son immunité, et son parti, PASTEF, y dispose d'un poids politique considérable. Les précédents sénégalais montrent que ces procédures, y compris pour des faits autrement plus graves que des propos publics, ont toujours nécessité une volonté politique claire de la majorité parlementaire — une configuration difficilement transposable ici, où l'intéressé occupe le sommet de l'institution concernée. Concrètement, plusieurs issues restent envisageables pour la suite du dossier. L'enquête préliminaire pourrait se poursuivre sans déboucher sur une mise en cause formelle, le parquet pouvant classer l'affaire sans suite si les éléments réunis ne caractérisent pas une infraction pénale, ou si un règlement à l'amiable intervient entre les parties. Une qualification juridique pourrait aussi être retenue — les plaignants évoquant une atteinte à l'honneur et à la réputation, ce qui pourrait s'apparenter à une diffamation ou à une infraction assimilée —, auquel cas le dossier resterait bloqué tant que la question de l'immunité n'est pas tranchée. Une médiation ou un geste d'apaisement politique et religieux pourrait enfin intervenir en amont, une hypothèse plausible compte tenu des liens que le leader de PASTEF entretient publiquement avec la confrérie mouride, qu'il a visitée à plusieurs reprises ces derniers mois, y compris lors de la traditionnelle visite de courtoisie précédant le Grand Magal. Le contexte dans lequel s'inscrit ce dossier n'est pas neutre. Les relations entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye se sont nettement dégradées ces derniers mois, PASTEF ayant annoncé ne pas vouloir participer au nouveau gouvernement à la suite de désaccords avec le chef de l'État. C'est précisément lors d'une sortie critique envers l'exécutif, dénonçant une gestion « fébrile » de l'État, que les propos litigieux sur Touba auraient été tenus. Une circonstance qui alimente, chez une partie de l'opinion, une lecture politique de l'affaire, au-delà de sa seule dimension judiciaire.
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- Length
- 1,023 words · 5 min read
- Published
- September 13, 2026
- Byline
- diack sall
- Source
- Senenews